Cycle de conférence sur la philosophie politique par l’abbé Billecocq

Le cycle de conférence sur le Christ-Roi donné par M. l’abbé Gabriel Billecocq pour l’année universitaire 2014-2015 au groupe Civitas Île-de-France et filmé par Médias-Presse-Infos.

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«Les transformations opérées par la révolution de 1789» premier cours de philosophie politique donné par l’abbé Gabriel Billecocq le 18 novembre 2014 :

«La commune action» la deuxième conférence de philosophie politique donnée par l’abbé Billecocq pour l’Institut Civitas, le 15 décembre 2014 :

«Qu’est-ce que la politique ?» troisième cours de philosophie politique donné par l’abbé Billecocq pour Civitas :

«Le bien commun» l’abbé Gabriel Billecocq a donné le lundi 9 mars 2015, son quatrième cours de philosophie politique pour l’Institut Civitas :

«L’autorité» cinquième conférence de philosophie politique donnée par l’abbé Gabriel Billecocq pour Civitas :

L’augustinisme ou l’absence de distinction entre philosophie et théologie

1) De la nécessité de distinguer les Ordres naturel et surnaturel.
«Le père Pierre Mandonnet (1858-1936) est un dominicain, auteur de référence de la théologie thomiste et historiographe de la philosophie médiévale. (…) L’Augustinisme y est défini comme l’absence d’une distinction formelle entre le domaine de la philosophie et de la théologie, c’est-à-dire entre l’ordre des vérités rationnelles et celui des vérités révélées.»
Stageiritès – Évoquant le livre du père «Siger de Brabant et l’Averroïsme latin au XIIIe siècle, chapitre «De l’action d’Aristote sur le mouvement intellectuel médiéval» (1ère éd. 1899 ; 2e éd 1908 et 1911).
Saint Thomas quand à lui, était sans doute plus théologien que philosophe, mais il distinguait cependant parfaitement les deux. La philosophie doit d’ailleurs rester complémentaire avec la théologie, et inversement, les deux se complètent sans jamais s’opposer, mais leurs vérités sont simplement  d’une autre nature.
«Voici d’ailleurs, à titre de renseignement provisoire, la physionomie générale de l’Augustinisme philosophique médiéval : absence d’une distinction formelle entre le domaine de la philosophie et de la théologie, c’est-à-dire entre l’ordre des vérités rationnelles et celui des vérités révélées.
Quelquefois, les deux ordres sont fusionnés pour constituer une sagesse totale, en partant de ce principe que les vérités possédées par les anciens philosophes sont le résultat d’une illumination divine, et qu’à ce titre elles font partie de la révélation totale.
D’autres fois, les domaines de la philosophie et de la théologie sont affirmés comme distincts de droit, mais on n’arrive pas de fait à assigner un principe capable de sauvegarder cette distinction.
Même tendance d’ailleurs à effacer la séparation formelle de la nature et de la grâce.»
Père Pierre Mandonnet.
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 2) La doctrine augustienne ou augustiniste ?
Ce qui vaut le qualificatif d’augustinien est de s’intéresser à la pensée de saint Augustin elle-même. L’augustinisme est ce qui comprend également les disciples qui ont voulu reprendre, perpétrer et parfois développer la pensée de ce Père de l’Église kabyle remontant à l’antiquité. Certains théologiens ont estimés que les seconds étaient des «pseudo augunistiens», mais le saint lui-même était influencé fortement par l’école platonique (Platon, philosophe antique de la Grèce classique). Ainsi, cette absence formelle de distinction entre temporel et spirituel n’est pas forcément totalement étrangère à la scolastique (dogmes catholiques issues de la période médiévale), mais constitut un manquement.
«C’est Platon qui mêle les mythes religieux à sa philosophie, et plus encore le néo-platoniste Alexandrin, qui n’est qu’un syncrétisme philosophico-religieux, qu’il faudrait faire disparaître de l’histoire de la philosophie.»
Stageiritès.
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3) La réponse du thomisme.
Il est bon de rappeler au passage que saint Thomas d’Aquin en son temps, «militait» contre les disciples de saint Augustin justement à propos de ces thèses. Comme quoi «l’opinion» des théologien peut parfois faire l’objet de débat, bien que le «docteur commun de l’Église» aide à y voir plus clair dans cette affaire.
 
L’estime de la philosophie grecque est plus tournée vers Aristote que vers Platon dans le corpus thomiste tandis que la scolastique à tendance platonicienne et augustinienne a déclaré un mépris souverain de tout ce qui peut relever de la science profane (non directement divine).
«Cette accusation (confusion du temporel et du spirituel), qui a un fondement réel chez les théologiens augustiniens, n’a plus de raison d’être à l’égard de l’école thomiste, chez laquelle l’objet de la science et celui de la foi sont strictement définis et déclarés irréductibles l’un à l’autre, et les traités de science pure exécutés sans toucher jamais à une question théologique.»
Père Pierre Mandonnet.
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4) Action directe de Dieu en tout, ou comment corrompre la Nature et gratuité de la Grâce.
«Dans le domaine même des doctrines, l’augustinisme médiéval professe la prééminence de la notion du bien sur celle du vrai, et tend à définir la seconde par la première ; il maintient une primauté analogue de la volonté sur l’intelligence, dans Dieu et dans l’homme. Dieu est, en conséquence, conçu comme le souverain bien de préférence à l’être premier et nécessaire ; son attribut radical est la bonté ou l’amour. C’est par l’acte de la volonté que l’homme atteint Dieu et, par suite, sa fin et sa béatitude dernière. De son côté, l’intelligence humaine n’accomplit son opération que sous l’action illuminatrice et immédiate de Dieu ; et c’est dans les règles éternelles et la lumière immuable de la science divine, qu’elle trouve le fondement de la certitude de sa connaissance. Cette prééminence accordée à la vie affective sur la vie intellectuelle d’une part, et la tendance, de l’autre, sinon à voir tout en Dieu du moins à faire appel à son action illuminatrice directe, constituent la base générale du mysticisme historique.»
Père Pierre Mandonnet.
Les auteurs surnaturalistes (tombant dans le prophétisme, le fatalisme ou encore le cléricalisme…) sont là prient biais en tête, tel Joseph de Maistre ou encore le Marquerie de la Franquerie. La source de cette erreur surnaturaliste vient une fois de plus d’un manque de distinction entre l’âme et le corps, bien que les deux soient également lié, non totalement séparé.

Saint Thomas d’Aquin et le néothomisme

1) Petite vie de saint Thomas d’Aquin :

Thomas d’Aquin est la plus haute figure de la pensée occidentale au XIIIe siècle et un extraordinaire exemple de la sainteté de l’intelligence. Né près de Naples vers 1224, dans une noble et riche famille, il choisit la pauvreté de l’Ordre des Frères Prêcheurs, récemment fondé par saint Dominique. On l’envoie étudier à l’université de Paris, où l’un de ses maîtres est un autre dominicain, saint Albert le Grand. Très vite, il devient maître à son tour. Avec audace, et liberté d’esprit, il intègre la pensée de l’un des plus grands philosophes de l’Antiquité païenne, Aristote, à une vaste synthèse de théologie chrétienne. A Paris surtout, mais aussi à Cologne, à Naples, à Rome, il enseigne la science de Dieu et celle de l’homme à des centaines d’étudiants subjugués par l’ampleur et l’équilibre de son génie. Cela ne va pas sans susciter controverses, jalousies et critiques, mais le pape le protège. Il l’invite à participer au concile de Lyon de 1274. Epuisé par trop de labeurs, Thomas meurt en route. Ses écrits forment une œuvre immense.

Dans les représentations iconographiques extrêmement nombreuses depuis sa mort en 1274 trois pôles se dégagent :

Le philosophe : l’on ‘voit’, en effet, celui que saint Pie V a proclamé (Constitution Mirabilis Deus de 1567) Docteur Commun, en compagnie d’Aristote dont il a été le disciple et le génial commentateur (Principalement en Philosophie de la Nature, en Éthique et politique et en Métaphysique).

Le théologien : peintures et vitraux le campent avec la Somme de Théologie dont Jean XXII qui le canonisa en 1323, a dit : “tot articula quot miracula” (autant de miracles que d’articles) et le Concile de Trente (1547-1563) n’hésita pas à mettre sur l’Autel, à côté de l’Évangile, cette œuvre qui résume la pensée théologique du Docteur Angélique et à propos de laquelle saint PIE X affirmait (Pie X, motu proprio Doctoris Angelici 29 juin 1914) qu’elle constitue un patrimoine de sagesse “que lui-même, après l’avoir reçu des anciens, a perfectionné et augmenté par la puissance de son génie presque digne des anges”.

Le saint : sa canonisation en Avignon (1323), outre qu’elle a mis l’Église en possession des documents historiques essentiels relatifs à la connaissance de sa vie, indique une lumière. La lumière même du Saint-Esprit (souvent figurée dans les représentations picturales du temps) est confirmée par sept siècles d’autorité de l’Église de Jean XXII à Jean-Paul II (qui est un des Papes avec Pie V, Léon XIII, Pie X, Pie XII, Paul VI, à qui l’on doit le plus grand nombre d’encouragements pressants à travailler en philosophie comme en théologie dans la lettre et la méthode du Docteur Universel de l’Église.) Sans cette lumière, en un laps de temps si court (1225-1274), une si magnifique fécondité est impensable – voire impossible.

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2) Quelques citations clefs de saint Thomas :

« Le meilleur gouvernement est celui d’un seul chef »

« Or chaque homme, par sa nature même, possède innée en lui la lumière de la raison qui dirige ses actes vers sa fin. Et s’il convenait à l’homme de vivre solitaire, comme il en va pour beaucoup d’animaux, cette lumière lui suffirait pour l’orienter vers sa fin ; chacun serait à soi-même son roi, sous le règne suprême de Dieu, en tant que, par le don divin de la raison, il se dirigerait soi-même dans ses actes. Mais la nature de l’homme veut qu’il soit un animal social et politique, vivant en collectivité »

« On n’est tenu d’obéir aux princes séculiers que dans la mesure requise par un ordre fondé en justice. Et c’est pourquoi, si les chefs ont une autorité usurpée, donc injuste, ou si leurs préceptes sont injustes, leurs sujets ne sont pas tenus de leur obéir, sinon peut-être par accident, pour éviter un scandale ou un danger »

« L’homme possède le libre arbitre, ou alors les conseils, les exhortations, les préceptes, les interdictions, les récompenses et les châtiments seraient vains »

« L’usage du vin est affaire de modération. Le vin réchauffe et réjouit, on en donne aux faibles pour les conforter mais aux malades enfiévrés. La sobriété n’est pas abstinence, c’est la mesure de cette boisson délicieuse »

« Le but de la philosophie n’est pas de savoir ce que les hommes ont pensé, mais bien quelle est la vérité des choses »
« La philosophie, servante de la religion »
« La grâce ne fait pas disparaître la nature mais l’achève »
« La vérité est l’accord entre l’intelligence et les choses »
« Au milieu est la vertu »
« L’acte n’est pas limité et multiplié que s’il est reçu dans une puissance »

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3) Grands textes pontificaux sur saint Thomas d’Aquin :

Jean XXII, dans la bulle de Canonisation de Saint Thomas: « On apprend plus avec saint Thomas en une année, qu’avec tous les autres saints ensemble pendant toute la vie. (…) Autant ce Docteur a composé d’articles, autant il a opéré de miracles (…)  Lui qui  a plus éclairé l’Église que tous les autres docteurs ensemble (…) Sa doctrine n’a pu provenir que d’une action miraculeuse de Dieu (…) Il a fait autant de miracles qu’il a écrit d’articles.»

Léon XIII, Aeterni Patris : « Entre tous les docteurs scolastiques, brille, d’un éclat sans pareil leur prince et maître à tous, Thomas d’Aquin, lequel, ainsi que le remarque Cajetan, pour avoir profondément vénéré les Saints Docteurs qui l’ont précédé, a hérité en quelque sorte de l’intelligence de tous. Thomas recueillit leurs doctrines, comme les membres dispersés d’un même corps; il les réunit, les classa dans un ordre admirable, et les enrichit tellement, qu’on le considère lui-même, à juste titre, comme le défenseur spécial et l’honneur de l’Église. D’un esprit ouvert et pénétrant, d’une mémoire facile et sûre, d’une intégrité parfaite de mœurs, n’ayant d’autre amour que celui de la vérité, très riche de science tant divine qu’humaine, justement
comparé au soleil, il réchauffa la terre par le rayonnement de ses vertus, et la remplit de la splendeur de sa doctrine. Il n’est aucune partie de la philosophie qu’il n’ait traitée avec autant de pénétration que de solidité: les lois du raisonnement, Dieu et les substances incorporelles, l’homme et les autres créatures sensibles, les actes humains et leurs principes, font tour à tour l’objet des thèses qu’il soutient, dans lesquelles rien ne manque, ni l’abondante moisson des recherches, ni l’harmonieuse ordonnance des parties, ni une excellente manière de procéder, ni la solidité des principes ou la force des arguments, ni la clarté du style ou la propriété de l’expression, ni la profondeur et la souplesse avec lesquelles il résout les points les plus obscurs. »

Citations complètes extraites

Saint Pie X : « S’écarter de St. Thomas ne va jamais sans grave danger » (Motu proprio Sacrorum antistitum, instituant le Serment antimoderniste 1er septembre 1910). « Ceux qui s’éloignent de saint Thomas sont par là même conduits à cette extrémité qu’ils se détachent de l’Église » (Lettre Delata Nobis, 17 novembre 1907, adressée au Père Thomas PÈGUES).

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4) Catéchisme de la Somme Théologique :

« On trouvera dans ce petit livre toute la substance doctrinale de la grande Somme théologique. Pas un point essentiel n’y a été omis de ce qui nous a paru nécessaire pour la mise à la portée de tous de son enseignement lumineux.

Et, afin de rendre sa lecture plus facile, plus attrayante, plus vivante aussi et plus pénétrante, nous avons voulu lui donner la forme catéchistique, qui est bien, sans doute, la forme d’enseignement la plus parfaite pour atteindre toutes les intelligences. N’est-elle pas comme la réalisation idéale de ce qu’on a pu appeler l’enseignement socratique, procédant par voie d’interrogation graduée et ordonnée, qui éveille l’esprit et conduit insensiblement jusqu’aux plus hautes sphères de la doctrine ? »

Le document complet

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5) Initiation à la théologie thomasienne du R.P. Sineux :

«Initiation à la théologie de Saint Thomas, Imprimatur 1952-réimpr. 1994, Relié 14 x 21 cm. chez Téqui, 852 pages. Cet ouvrage du R.P. Sineux est un résumé de la doctrine de saint Thomas d’Aquin sous une forme plus proche du langage courant que de la langue des études universitaires. Sa consultation est rendue aisée grâce à un index alphabétique très détaillé en fin de volume.

Sommaire théologique de saint Thomas d’Aquin, réédition en trois volumes de l’édition princeps avait été réalisée en 1969 par l’auteur lui-même. En son temps, cette édition avait reçu de nombreux hommages enthousiastes et chaleureux de personnalités, tant du Saint-Siège que de l’épiscopat français. Elle fait suite à l’ouvrage « Initiation à la théologie de saint Thomas d’Aquin » qui est réédité régulièrement depuis plus de 25 ans, en offrant à la fois « une traduction et un résumé. Ce n’est pas tout le texte de saint Thomas, mais tout le reste est de saint Thomas. Un sommaire de la Somme. » (l’auteur). Père Sineux dans l’avant-propos de la première édition : « Rien n’est plus conforme à la pensée de l’Église exprimée par ses Chefs suprêmes, que de propager la doctrine de saint Thomas d’Aquin. Et pour cela, de la mettre à la portée de tous…»

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Thomisme – Le culte de la Patrie

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Dans cet ouvrage, le Révérend Père, propose une initiation à Saint-Thomas d’Aquin en synthétisant sa pensée et en la réactualisant quelque peu. Ouvrage à lire absolument, dont voici un extrait sur un sous-chapitre concernant la Patrie, autrement appelé la Terre des Père :

«La Patrie est la famille élargie dans le temps et dans l’espace ; elle rassemble les « Pères », ou encore les aïeux, les ancêtres depuis les âges lointains, et les « frères » chez lesquels, malgré leur nombre et leur dispersion, se retrouvent de profondes affinités et un air de famille dans quelques traits essentiels. (…)

Elle est cet assemblage indéfinissable de choses matérielles et de qualités humaines, de territoire et de culture intellectuelle, de climat et d’institutions, qui marque le génie d’une race, caractérisent ses mœurs, et constituent un patrimoine que chaque génération se sent fier de recueillir, de conserver et de transmettre (…)

Sans proclamer avec hauteur que son pays est le plus grand et le plus beau, le patriote le préfère à tous les autres simplement parce que c’est sa Patrie, le ciel qui l’a vu naître, le sol qui le nourrit, l’héritage de ses pères, la tradition qui l’instruit, la législation qui le guide, le milieu où il s’épanouit.».

Révérend Père Raphaël Sineux – Initiation à la théologie de saint Thomas d’Aquin – Le culte de la Patrie.

Reconquête française