La Secte Maçonnique de 1717 à 2017 par l’abbé Ricossa

Conférences en trois partie de l’Institut Mater Boni Consilii du 26 novembre 2017, à Paris, par M. l’abbé Francesco Ricossa (directeur de la revue Sodalitium). La Secte Maçonnique, 1717-2017 : 300 ans de maçonnerie moderne.

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1ère Conférence – Les origines et la fondation de la secte :

Plan indicatif : – Connaître les ennemis – Qu’est-ce que la franc-maçonnerie – Qui étaient ces francs-maçons du début : pasteur James Anderson, Pasteur Desaguliers, William Stockley, Chevallier de Ramsey, William Stukeley – La franc-maçonnerie existait-elle avant 1717 ? – Questions de la salle.

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2ème Conférence – La doctrine de la franc-maçonnerie 3ème Conférence – Francs-maçons, modernistes, traditionalistes :

Plan indicatif : – Le magistère de l’Église et spécialement l’encyclique Humanum Genus de Léon XIII – Le naturalisme – L’ésotérisme – question de l’athéisme ou déisme maçonnique est un faux problème – maçonnerie et kabbale – Questions de la salle.

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3ème Conférence – Francs-maçons, modernistes, traditionalistes.

Plan indicatif : – Maçonnerie et modernisme : œcuménisme, réunions d’Assise, rabbin Benamozegh, Benson, légende des trois anneaux, Jules Marx Isaac… “modernistes et maçons même combat” – Maçonnerie et traditionalisme : Guénon, Evola, Coomaraswamy, Introvigne, Radio Spada, – Questions de la salle (notamment sur Les Brigandes).

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«A notre époque, les fauteurs du mal paraissent s’être coalisés dans un immense effort, sous l’impulsion et avec l’aide d’une Société répandue en un grand nombre de lieux et fortement organisée, la Société des francs-maçons. Ceux-ci, en effet, ne prennent plus la peine de dissimuler leurs intentions et ils rivalisent d’audace entre eux contre l’auguste majesté de Dieu. C’est publiquement, à ciel ouvert, qu’ils entreprennent de ruiner la sainte Église, afin d’arriver, si c’était possible, à dépouiller complètement les nations chrétiennes des bienfaits dont elles sont redevables au Sauveur Jésus Christ. (…) Il en résulte que, dans l’espace d’un siècle et demi, la secte des francs-maçons a fait d’incroyables progrès. Employant à la fois l’audace et la ruse, elle a envahi tous les rangs de la hiérarchie sociale et commence à prendre, au sein des États modernes, une puissance qui équivaut presque à la souveraineté. De cette rapide et formidable extension sont précisément résultés pour l’Eglise, pour l’autorité des princes, pour le salut public, les maux que Nos prédécesseurs avaient depuis longtemps prévus. (…) Il s’agit pour les francs-maçons, et tous leurs efforts tendent à ce but, il s’agit de détruire de fond en comble toute la discipline religieuse et sociale qui est née des institutions chrétiennes et de lui en substituer une nouvelle façonnée à leurs idées et dont les principes fondamentaux et les lois sont empruntées au naturalisme».

Extraits de l’encyclique Humanum Genus de S.S. Léon XIII (20 avril 1884).

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« La franc-maçonnerie et le modernisme ont les mêmes méthodes et le même but ».

Entretien donné par l’Abbé Ricossa au journal Rivarol du 15 novembre 2017.

Le directeur de la revue Sodalitium, l’abbé italien Francesco Ricossa, donne chaque année à Paris depuis une décennie une série de conférences de haut niveau sur une question importante de l’actualité religieuse ou de la doctrine catholique. A l’occasion du troisième centenaire de la naissance de la franc-maçonnerie moderne, il va ainsi donner le 26 novembre une série d’instructions, chacune suivie de questions de la salle, sur ce phénomène, son origine, sa doctrine, ses ramifications, son infiltration et son influence dans les milieux “catholiques” tant modernistes que traditionalistes. Nous lui posons donc des questions sur ce sujet essentiel mais aussi sur des thèmes d’actualité.


RIVAROL : Que pensez-vous de la « correction filiale » adressée à Bergoglio à la suite de « l’exhortation apostolique » Amoris Laetitia ? Ce document, signé par des conciliaires conservateurs et le supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, qui recense sept hérésies dans Amoris Laetitia, n’a jusqu’à ce jour provoqué aucune réaction officielle du Vatican.

Abbé Francesco RICOSSA : Amoris Laetitia, d’un point de vue technique, n’est pas une encyclique mais une exhortation post-synodale. Comme souvent je partage la critique contre cette exhortation, mais je ne peux pas être d’accord avec l’initiative. Je ne peux pas partager le fait que l’on prétend défendre la doctrine de l’Église en s’appuyant explicitement sur l’enseignement de Paul VI et de Jean-Paul II, sur Vatican II, ni approuver le fait que ce document se présente comme une correction filiale et reconnaît la légitimité de Bergoglio. Car c’est se placer dans une position insoutenable, celle de ceux qui refusent le magistère de l’Église, puisqu’ils considèrent que Bergoglio en est le chef, et qui, par conséquent, se refusent d’obéir à ce qu’ils considèrent être l’autorité légitime. Ils se placent même au-delà des “cardinaux” qui ont exprimé des dubia, des doutes ; ces derniers demandaient au “magistère” un éclaircissement sur un document “magistériel” tandis que les signataires de la « correction filiale » se permettent de refuser un document qu’ils considèrent être du magistère.

R. : Cependant les signataires affirment que leur « correction filiale » ne remet pas en cause l’infaillibilité pontificale.

Abbé F. R. : Qu’il s’agisse d’un document infaillible ou non, le catholique filialement doit embrasser le magistère. Il ne peut pas faire le tri entre ce qui est infaillible et ce qui ne l’est pas. Tout au plus peut-on demander un éclaircissement, comme les “cardinaux” l’ont fait. Mais on ne peut pas accuser d’hérésie un document officiel du magistère. Même les anciens théologiens ayant posé l’hypothèse d’un pape hérétique supposaient toujours que le pape était hérétique en tant que docteur privé. Ils ne pouvaient même pas imaginer, parce que c’est inimaginable, qu’il soit hérétique dans un magistère authentique et officiel.

R. : Beaucoup de traditionalistes n’ont-ils pas une vision très minimaliste de l’infaillibilité pontificale ?

Abbé F. R. : Oui, non seulement du dogme de l’infaillibilité, mais de la papauté dans son ensemble. De ce que sont les prérogatives du pape, et même de la sainteté de l’Église. En cela, paradoxalement, ils se rallient à toute la politique menée par Bergoglio qui consiste à détruire l’autorité du pape et de l’Église. Car que fait-il sinon condamner le magistère de l’Église et le rôle du pape, par exemple en exaltant Martin Luther ? L’un des signataires de la « correction filiale », le professeur De Mattei, que je connais bien, a écrit un livre traduit en français, dans lequel il dresse une liste de soi-disant erreurs des papes, depuis Saint Pierre jusqu’à aujourd’hui. C’est étonnant car les traditionalistes, finalement, s’accordent avec les modernistes pour prétendre que l’Église s’est toujours trompée. Ils ne sont simplement pas d’accord sur les points sur lesquels l’Église se serait trompée !

R. : Considérer qu’un vrai pape, le vicaire du Christ, le successeur de Pierre, puisse, tout en restant pape, canoniser des saints qui n’en sont pas, promulguer un concile œcuménique, un catéchisme, un code de droit canon qui contiennent des erreurs et des hérésies, promulguer un rite de la messe et un rituel des sacrements qui soient nocifs pour la foi, publier des encycliques et autres documents pontificaux qui enseignent des erreurs graves en matière de foi et de morale, poser des actes publics scandaleux comme la réunion d’Assise ou le baiser du Coran n’est-il pas étrange ? Saint Thomas d’Aquin enseigne dans La Somme théologique qu’un catholique qui vénérerait le tombeau de Mahomet commettrait un acte d’apostasie. Or quelle différence y a-t-il entre vénérer le tombeau de Mahomet et baiser le Coran comme le fit Jean Paul II en 1999 au Vatican ? La conception d’un pape faillible pouvant publiquement enseigner et encourager l’erreur et l’hérésie ne va-t-elle pas à angle droit contre Vatican I qui enseigne explicitement et infailliblement que le siège de Pierre est toujours resté pur de toute erreur…

Abbé F. R. : Oui, cela va contre Vatican I et contre tout ce que l’Église a toujours dit et affirmé.

R. : Si je puis me permettre, cette « correction filiale » a été également signée par un ancien sédévacantiste aujourd’hui septuagénaire, l’abbé Claude Barthe. C’est une pierre dans votre jardin, non ?

Abbé F. R. : Il est vrai que l’abbé Claude Barthe était un sédévacantiste complet. Il a cependant depuis rallié Ratzinger, en est devenu l’interprète plus ou moins autorisé. Il avait une certaine proximité avec lui. Je ne peux dire ce qu’il pense, mais l’ayant connu un petit peu, je crois qu’il a une conception gramscienne. Il voudrait arriver à gagner l’ambiance moderniste de façon intellectuelle, c’est l’idée selon laquelle il est possible de faire progresser l’idée traditionaliste pour réformer de l’intérieur. C’est un procédé qui ne me convainc pas, car nous sommes dans le domaine de la foi, et pas de la politique. D’ailleurs, ce procédé ne fonctionne pas.

R. : C’est une forme d’entrisme ?

Abbé F. R. : Oui, mais ce sont là les arts des hommes du monde, pas des hommes de Dieu, me semble-t-il.

R. : Vous évoquiez Luther. Déjà l’année dernière, au Vatican à Saint-Pierre de Rome, Bergoglio avait fait un discours sous le regard bienveillant d’une statue de Luther pour commémorer le 500e anniversaire jour pour jour de la promulgation des 95 thèses luthériennes. Il ne s’est pas contenté de cela, il est depuis allé en Suède participer activement à des offices œcuméniques avec des pasteurs femmes, il continue de faire des déclarations très favorables à Luther. Que penser de tout cela ?

Abbé F. R. : En réalité dans pratiquement tous les diocèses il semble qu’un ordre vienne d’en haut pour que l’on commémore et fête la “Réforme”. La Cité du Vatican a même produit le 31 octobre un timbre sur lequel on peut voir Luther et Melanchthon, théologien et ami de Luther. Tout cela se fonde sur l’équivoque de ce document dans lequel luthériens et “catholiques” ont trouvé un accord au sujet de la justification. J’avais rédigé un article dans Sodalitium à cette occasion. Il est vrai que la doctrine de la miséricorde de Bergoglio ressemble fortement à la théorie de la justification de Martin Luther. Bergoglio a notamment essayé de faire comprendre aux confesseurs que l’homme est nécessairement pécheur, et par conséquent même si le pénitent n’avoue pas ses fautes, ne se repent pas, ne se corrige pas, la miséricorde de Dieu le couvre comme d’un manteau et pardonne toujours. C’est la même doctrine que Martin Luther, sous un autre nom.
Bergoglio est luthérien, et ce n’est pas l’offenser que de le dire, puisqu’il ne cache pas sa dévotion envers ce personnage qui a été un ennemi déclaré de la papauté, des sacrements, du sacrifice de la messe, de toutes les vertus chrétiennes, de la foi. Ce qui est étonnant, c’est que la plupart des baptisés ne s’en rendent pas compte. Il faut dire que cet éloge de Luther est ancien, c’est presque une sorte de tradition. Cela avait commencé avec Jean Paul II.

R. : En 1999, il y avait déjà eu en effet un accord sur la justification…

Abbé F. R. : Oui, Jean Paul II s’était rendu en Allemagne, tel un pèlerin, avait-il déclaré, sur les traces de Martin Luther. Il s’était rendu au temple luthérien de Rome. Ratzinger a fait de même. De ce point de vue, Bergoglio n’est pas un novateur. Il est dans une tradition, hélas ce n’est pas la tradition catholique.

R. : Mais Bergoglio ne va-t-il pas plus loin que ses prédécesseurs, au moins sur le plan du démantèlement public et radical de la morale chrétienne : sur le divorce, l’homosexualité, l’abandon dans les faits de l’indissolubilité du mariage, la caution publique donnée à des mouvements du lobby LGBT, à des clercs militant ouvertement pour l’ordination de prêtres homosexuels et favorables au “mariage” des invertis ?

Abbé F. R. : Bergoglio développe ce qui avait déjà été posé, même à partir de Paul VI. Certes on trouve des contradictions matérielles entre ce que dit Bergoglio et ce que disaient par exemple Wojtyla ou Montini. Mais cela est une contradiction, je dirais, dans la lettre. Mais au fond, dans l’esprit, à partir de Montini déjà, encore plus sous Wojtyla, il y a ce personnalisme, même d’un point de vue moral, qui posait les bases, le fondement philosophique, d’un retournement même dans le domaine de la morale, surtout de la morale sexuelle, et que Bergolio n’a fait qu’amener aux dernières conséquences. Même Ratzinger avait déjà commencé à entrevoir des solutions “mondaines” à la question des divorces, des pécheurs publics. Bergoglio n’est pas né d’une façon imprévue dans un terrain vierge. Il est l’héritier de toute une mentalité qui est la mentalité moderniste et conciliaire. La différence est qu’il est grossier, parle plus ouvertement, ne cherche pas à cacher ce qu’il dit sous une terminologie théologique, alors évidemment pour les gens du monde c’est plus voyant.

R. : Mais cela ne suscite pas tellement plus de réactions dans le monde officiellement catholique.

Abbé F. R. : Un petit peu plus. Pas autant qu’il le faudrait. C’est que, après plus de 50 ans de modernisme, les gens sont déjà complètement dans le coma : ils ont une foi faible ou complètement pervertie. Ils ne savent plus ce qu’est une vérité de foi. Cette façon si claire de procéder, si on l’avait mise en place en 1965, aurait alors choqué, suscité des réactions violentes. Mais il ne faut pas oublier plus d’un demi-siècle de prédication moderniste ininterrompue. Lorsque le premier rassemblement œcuménique et syncrétique d’Assise avait été réuni par Jean Paul II en octobre 1986, cela avait suscité une grande stupéfaction et certaines incompréhensions. Aujourd’hui hélas ce genre de rassemblements qui a lieu tous les ans passe comme une lettre à la poste et, trente ans après, ne suscite d’indignation qu’auprès d’une infime minorité de baptisés.

R. : Un mot sur ce que dit à répétition Bergoglio sur l’accueil sans réserve, sans limite, de migrants mahométans en Europe…

Abbé F. R. : Les modernistes n’ont plus un horizon doctrinal, qui place la foi et les choses spirituelles au premier plan, mais ont seulement un point de vue horizontal et humanitariste. Evidemment les conséquences sont moins graves d’un point de vue strictement doctrinal puisque l’accueil, la miséricorde, la charité à l’égard du pauvre, du malheureux ont toujours existé, c’est dans le message de Notre-Seigneur. Mais ce qui est grave c’est qu’une immigration incontrôlée et massive, a fortiori de personnes professant une religion hostile à la religion catholique, est un phénomène très difficile à corriger et à changer. C’est un problème quasiment impossible à éliminer et qui va causer un bouleversement considérable dont les conséquences pour le bien commun sont infinies. C’est l’autorité temporelle qui devrait — et aurait dû — intervenir pour sauvegarder le bien commun mais là aussi on observe le silence le plus absolu.
Le fait que l’Europe n’a plus aucune foi, ni aucune morale conduit évidemment à la dissolution des identités. Mais je pense que le phénomène des flux migratoires a été voulu. L’Europe était déjà dans ce malheureux état d’apostasie avant que le phénomène de l’immigration massive ne commence. Par ailleurs, les problèmes de pauvreté et de guerre existaient déjà il y a un demi-siècle dans les continents les moins favorisés et pourtant il n’y avait presque pas d’immigration. Ce phénomène a donc été organisé au plus haut niveau, et dans un but bien précis.
Mais le problème le plus grand, plus important encore que l’invasion qui vient du dehors, c’est la corruption qu’il y a chez nous. Si notre civilisation était à la hauteur de son passé, de son héritage, la plupart de nos problèmes auraient été résolus. Mais malheureusement c’est nous qui sommes les premiers coupables. Et il est évident que nous avons été trahis, ceux devant œuvrer au bien travaillant en réalité pour l’ennemi.

R. : Cette année ce n’est pas seulement le cinq-centième anniversaire de la Réforme luthérienne, c’est également le trois-centième anniversaire de la création de la franc-maçonnerie moderne. A cette occasion, et pour commémorer ce triste événement, vous donnez à Paris le 26 novembre une série de conférences sur ce sujet. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Abbé F. R. : Ces trois cents ans de la fondation de la franc-maçonnerie moderne sont l’occasion de réfléchir sur ce phénomène, sur cet ennemi farouche du christianisme et de la foi d’autant plus dangereux qu’il agit, en grande partie, en secret. Dans ce but, je vais donner trois instructions. La première, c’est l’histoire de la maçonnerie à l’envers. Au lieu de commencer en 1717 et d’aller jusqu’à maintenant, ce que beaucoup de personnes souhaiteraient et qui serait intéressant, c’est plutôt l’histoire à l’envers. Nous étudierons les origines de la maçonnerie, ou la maçonnerie avant la naissance officielle de la maçonnerie moderne. D’où viennent ces hommes qui ont fondé la franc-maçonnerie à Londres le 24 juin 1717 ? Quelles étaient leurs idées ? Et quelle a été l’origine de la maçonnerie, ce qui est une question bien disputée ?
La deuxième conférence se penchera sur la doctrine de la maçonnerie. Et le point de départ sera l’encyclique de Léon XIII Humanum genus. Elle sera complétée par l’essai d’Arthur Preuss sur la franc-maçonnerie américaine qui est un des meilleurs ouvrages sur la question mais qui, en France curieusement, n’a eu aucun écho.
La troisième conférence est une question d’actualité, l’influence que l’ennemi peut avoir sur les modernistes, ce qui est évident, mais aussi dans “nos” milieux pour s’en garder. C’est la partie la plus polémique et la plus croustillante si j’ose dire !

R. : Que répondre à ceux qui prétendent que la franc-maçonnerie n’a plus aujourd’hui l’influence qu’elle avait par le passé ?

Abbé F. R. : Permettez-moi de sourire devant de telles affirmations. Un ancien grand maître du Grand Orient d’Italie dans les années soixante disait que la maçonnerie aurait gagné la partie le jour où tout le monde penserait comme la franc-maçonnerie, c’est-à-dire quand les valeurs de la franc-maçonnerie deviendraient la façon de penser du monde entier. Nous y sommes. Autrefois il est vrai que la franc-maçonnerie était au gouvernement dans les principaux pays, et c’est d’ailleurs encore le cas aujourd’hui, sous une forme ou sous une autre, mais alors il y avait une réaction. Il y avait ceux qui défendaient les principes de la franc-maçonnerie et ceux qui s’y opposaient, les autorités de l’Église catholique et une partie du peuple. Aujourd’hui même ceux qui s’opposent en parole à la franc-maçonnerie, ce qui fait bien peu de monde, très souvent, sans le savoir, partagent les mêmes principes que la secte. Ils ne se rendent même pas compte qu’ils approuvent et diffusent dans les faits les idées de la franc-maçonnerie. C’est le meilleur signe de la victoire des frères trois points.
Certains ne s’aperçoivent même plus de la présence néfaste de la franc-maçonnerie car elle est vraiment partout, y compris chez ceux qui prétendent être l’autorité de l’Église catholique. Les réunions d’Assise sont ainsi une manifestation impressionnante de ce qui est fait dans les loges. C’est la même méthode qui est utilisée et dans le même but. Le fondateur de la communauté de Sant’Egidio, Andrea Riccardi, qui organise ces réunions d’Assise, a déclaré il y a quelques années que son inspirateur, c’est le rabbin de Livourne, Elie Benamozegh, un homme très proche de la franc-maçonnerie et désireux de réaliser les principes du noachisme, lequel est cité dans les Constitutions d’Anderson, c’est-à-dire les constitutions qui règlent la maçonnerie moderne.

R. : Les mouvements de droite radicale en Europe ne sont-ils pas eux-mêmes infiltrés par la franc-maçonnerie ?

Abbé F. R. : Oui, et cette infiltration existe de deux points de vue : du point de vue des hommes et du point de vue des idées. Il y a des mouvements où des francs-maçons sont acceptés voire promus. De manière ouverte ou cachée. Et puis il y a un problème d’idées : des personnes qui ne sont pas initiées partagent les principes les plus importants de la maçonnerie. Je ne parle pas là seulement de ces principes qui sont devenus hélas la pensée commune de tout le monde, qui sont enseignés à l’école, proclamés à la “paroisse”, liberté, égalité, fraternité, etc, mais je parle de l’ésotérisme. Dans “nos” milieux, ceux qui s’opposent souvent sincèrement à la triade révolutionnaire et au monde moderne le font fréquemment au nom d’une doctrine ésotérique qui est l’essence même de la maçonnerie. On sort d’une erreur pour tomber dans une autre erreur non moins grave.

R. : Vous pensez à l’influence dans les milieux de droite radicale que peuvent avoir des penseurs comme René Guénon ou Julius Evola ?

Abbé F. R. : Ces deux penseurs, Guénon et Evola, ont pu avoir dit quelque chose de vrai, notamment sur le rejet et la dénonciation du monde moderne, au milieu de beaucoup de choses fausses, de sorte que nombreux sont ceux qui, pensant s’opposer au monde actuel, adhèrent à tous les principes de la maçonnerie. C’est évident dans le cas de René Guénon puisqu’il a été lui-même initié. Dans le cas d’Evola, son appartenance à la maçonnerie est loin d’être démontrée mais c’était un intellectuel dont les fréquentations maçonniques sont évidentes et sa doctrine ésotérique qu’il n’a jamais cachée en fait objectivement un compagnon de route de la maçonnerie.

R. : Quels ont été les rapports du fascisme italien et de la maçonnerie ?

Abbé F. R. : Le fascisme italien était tout d’abord un pragmatisme mené par l’instinct politique de Mussolini qui a changé de nombreuses fois, s’adaptant à la pratique. Il est certain qu’au début du fascisme la plupart des hiérarques étaient initiés, quasiment tous ceux qui ont voté contre le Duce en 1943 dans le grand conseil fasciste étaient également francs-maçons, mais aussi quelques-uns qui sont restés à ses côtés dans la République sociale italienne. Mais il est vrai aussi que le fascisme a déclaré illégales toutes les sociétés secrètes de sorte que la maçonnerie sous Mussolini a pratiquement disparu du pays et n’a eu à nouveau droit de cité que quand les Alliés américains et anglais ont débarqué en Italie. Il est vrai aussi que ceux qui ont essayé avant-guerre d’assassiner Mussolini venaient de la théosophie et étaient donc liés à la maçonnerie. Les choses sont donc compliquées. J’en ai parlé dans Sodalitium dans un article sur un personnage très aimé dans les milieux fascistes, le grand poète Ezra Pound, lequel venait d’un milieu anglais très porté vers la théosophie.
Nul doute par ailleurs que le fascisme était proche à son origine des principes ayant présidé au Risorgimento. Il est vrai aussi que, durant le régime, certains ont pensé que le gouvernement de Mussolini aurait conduit à un triomphe de l’ésotérisme, par exemple le groupe d’Evola et Reghini, mais pas seulement eux, celui de D’Annunzio également. Ce courant-là voulait que le fascisme marquât une continuation du mouvement du Risorgimento dans un sens clairement ésotérique. Mais il a été déçu au moment du Concordat. D’autres courants ont en revanche pensé que le fascisme, malgré tous ses défauts doctrinaux, aurait pu, peu à peu, apporter, d’un point de vue plus pratique que spéculatif, un remède à la révolution italienne et ont travaillé dans ce but, par exemple Mgr Benigni, le fondateur de la Sapinière qui s’opposait aux principes du mouvement fasciste, mais qui a collaboré activement avec le régime, cela dans le but de l’amener à des positions catholiques. Tout le monde a donc essayé d’amener ce gouvernement de son propre côté.

R : Que répondez-vous à ceux qui distinguent entre une bonne et une mauvaise maçonnerie, une maçonnerie blanche, monarchiste, royaliste et traditionaliste qui serait honorable et une maçonnerie rouge, athée, révolutionnaire qui serait à rejeter ?

Abbé F. : Je réponds que la franc-maçonnerie a travaillé à couper la tête du Roi ! Il est certes vrai qu’il y a eu des monarchistes qui étaient des francs-maçons et même des ennemis de la Révolution française. Ils avaient raison d’être contre la Révolution mais ils avaient tort d’être influencés par l’ésotérisme maçonnique, je pense notamment à un Joseph de Maistre.
L’Église ne fait pas de distinction entre la maçonnerie anglaise et la maçonnerie française, entre une maçonnerie de droite et une maçonnerie de gauche. Toutes les maçonneries se proclament pour une tradition, évidemment c’est leur tradition qui n’est pas la nôtre !
Il y a des principes communs à toute maçonnerie. Nous avons réédité le livre d’Arthur Preuss Essai sur la franc-maçonnerie américaine. Le but de l’auteur était de montrer que la maçonnerie anglo-saxonne partage les mêmes principes que la maçonnerie latine, la même farouche opposition à l’Église. C’est une illusion de croire à une franc-maçonnerie respectueuse de la religion. Il faut donc lutter contre toute maçonnerie, et contre tout ésotérisme, même s’il est partagé par des gens qui ne sont pas initiés en Loge.

R. : Comment peut-on brièvement définir les principes de la maçonnerie ?

Abbé F. R. : Il est difficile en peu de mots de donner une vue d’ensemble de la maçonnerie. Il y a tout d’abord une doctrine officielle, que la maçonnerie proclame pour les autres, celle que nous connaissons et qui préside au gouvernement de nos pays : la liberté, l’égalité, la fraternité, la liberté religieuse, la laïcité, la tolérance, la non-discrimination. C’est ce que tout le monde partage. Tout le monde le boit avec le lait de sa mère, c’est l’air que nous respirons. Mais il y a aussi et surtout une doctrine ésotérique qui est la véritable pensée maçonnique. Le pape Léon XIII dans l’encyclique Humanum genus explique que le point essentiel de la maçonnerie c’est le naturalisme, l’adogmatisme. Il n’y a rien qui soit supérieur à la nature, pas même Dieu qui se confond avec la nature, si toutefois Il existe (ce à quoi ne croient pas toutes les loges). Tout ce qui est révélé, le monde de la grâce, la Révélation, la transcendance divine, les dogmes de foi, est inacceptable en franc-maçonnerie.
Il faut bien comprendre que dans la maçonnerie deux aspects existent et doivent être distingués. Un aspect rationaliste et un aspect magique, lequel n’est pas contraire mais complémentaire au premier. On observe la négation de la véritable religion mais celle-ci étant niée d’une manière rationaliste est comme remplacée par les mystères maçonniques qui sont une réédition des anciennes hérésies de la gnose païenne et de la kabbale juive qui ont plus ou moins les mêmes principes. Les mystères du paganisme unis au courant de l’alchimie Rose-Croix, de l’hermétisme, du néoplatonisme, ce sont là la philosophie et la religion maçonniques qui aboutissent au culte du Serpent. Il n’est pas étonnant que parmi les personnages de la tradition maçonnique on exalte Caïn, une lignée certes traditionnelle mais démoniaque. Quand le poète italien Carducci écrit son Hymne à Satan, il montre ces deux aspects de la maçonnerie : un naturalisme rationaliste, Satan est le symbole de la négation de Dieu dans le progrès humain, et en même temps une tendance démoniaque, magique et satanique.

R. : Que penser des distinctions entre maçonnerie matérialiste et maçonnerie spiritualiste ?

Abbé F. R. : C’est la même maçonnerie, ce sont les deux faces de la même médaille. Le maçon matérialiste est toujours ésotérique. Sans l’ésotérisme, sans le symbolisme, sans le secret, il n’y a pas de maçonnerie. Et dans le même temps le maçon ésotériste avec sa prétention de se lier aux anciennes traditions de toutes les religions est en fin de compte un matérialiste. Car quelle est cette tradition, quels sont ces mystères, quel est ce divin dont ils parlent ? Ce n’est rien. Le matérialisme et le spiritualisme ne sont donc pas deux choses qui s’opposent en maçonnerie. Chez certains c’est l’aspect matérialiste grossier qui prévaut, chez d’autres c’est l’aspect symbolique religieux. Mais en réalité les deux se rejoignent dans une même doctrine.

R. : Votre troisième conférence sur maçonnerie, modernisme et traditionalisme semble polémique. Qu’entendez-vous démontrer dans cette instruction ?

Abbé F. R. : C’est en effet la partie de la conférence la moins intellectuelle, celle qui se prête le plus à des polémiques. Je vais essayer de montrer les liens entre le modernisme et l’occultisme, le modernisme et la pensée maçonnique. Dans le modernisme comme dans la maçonnerie il y a ces deux visages, un aspect naturaliste et un aspect (faussement) mystique : le moderniste philosophe, historien, politicien, est un rationaliste et un agnostique. Et dans le même temps il prétend être un croyant, ce qu’il n’est pas. La doctrine moderniste et la doctrine maçonnique se rejoignent.
Plus étonnante est la question du traditionalisme. On entend par ce mot non pas le traditionalisme du XIXe siècle qui, tout en ayant été la philosophie de la Restauration et avec Lamennais hélas celle aussi du libéralisme, est l’ancêtre soit du modernisme, soit du guénonisme, mais le traditionalisme moderne, celui qui s’oppose à Vatican II et auquel nous nous rattachons. Même dans “nos” milieux il y a des infiltrations soit des idées, soit de certaines personnes développant une ambiance ésotérique. Il y a plusieurs cas concrets à examiner. C’est ce que je ferai dans cette conférence. Et même chez ceux qui n’ont pas des fréquentations ou des idées ésotériques, d’aucuns, dans des groupements traditionalistes, utilisent les méthodes maçonniques pour arriver à leurs fins. Il faut mettre tout cela en lumière. C’est donc un sujet de discussion pour se garder de certains problèmes.
Tout cela bien sûr, il faut l’affirmer sans tomber dans un travers assez fréquent hélas chez ceux qui combattent à juste titre la franc-maçonnerie, c’est-à-dire de le faire sans esprit critique suffisant, sans documents à l’appui, sans preuve avérée, sans formation approfondie. Il y a dans l’antimaçonnisme un côté sérieux et même indispensable mais il y a aussi des ouvrages, des auteurs, des sites moins sérieux et moins fiables. De même il y a ceux qui se gardent des infiltrations maçonniques, j’en suis, et ceux qui prétendent que tous ceux qui ne pensent pas comme eux sont des francs-maçons. Ce qui est ridicule et peut jeter à tort le discrédit sur toute l’école anti-maçonnique.

R. : Aborderez-vous au cours de vos conférences la question de la judéo-maçonnerie ?

Abbé F. R. : C’est une question vraiment importante. Nous en parlerons dans la première conférence car, à l’origine de la maçonnerie, la pensée de la kabbale est incontestablement présente. Non seulement d’ailleurs dans la maçonnerie mais dans toutes sortes d’ésotérisme. Nous évoquerons aussi cette question dans la deuxième instruction car une partie importante de la doctrine maçonnique n’est au fond rien d’autre que du kabbalisme. Mais il n’y aura pas une instruction explicitement et exclusivement consacrée à la judéo-maçonnerie. Ce sujet mériterait à lui seul un nouveau congrès. Peut-être une autre année !

Propos recueillis par Jérôme Bourbon
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«Hitler et la France» de Friedrich Grimm en citations

Document indispensable pour mieux saisir la tête froide, via le contexte géopolitique, les discours sincères du Führer et de ses collaborateurs auquel s’ajoute des partisans Français du rapprochement franco-allemand. Pour une Europe des nations accompagnée de la nécessité d’un organe impérial commun pour la défense consciente de notre civilisation unique et porteuse de l’universel. Des questions qui malgré l’évolution de la situation demeure encore d’actualité tant c’est inscrit dans l’ordre naturel des choses.

Les citations du docteur Grimm sont tirées de l’introduction du livre et touchent au  national-socialisme, à la patrie et son identité, à la question internationale alliée au droit politique légal et à la philosophie naturelle de manière générale ; tels sont en tout cas les maîtres-mots du sujet.

Source PDF : Dr. Friedrich Grimm – Hitler et la France (Paris-Berlin, septembre 1938).

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Hitler et la France :

«Parmi tous les problèmes politiques qui intéressent l’opinion publique en France, il en est un qui paraît particulièrement important, c’est le problème «Hitler et la France». C’est tout naturel. D’abord, parce que c’est l’éternel problème franco-allemand sous son aspect actuel.»

Manifestation de paix :

«Le Führer a réalisé certains buts que le peuple allemand considère comme buts légitimes de sa politique nationale. Mais le Führer, qui connut lui-même les horreurs de la guerre, a toujours repoussé l’idée de guerre et on n’a entendu, de sa part, notamment en ce qui concerne la France, que des manifestations de paix et de rapprochement

Voyageurs Français :

«Ces Français venus en Allemagne ont pu constater un changement profond et général dans la mentalité allemande. Ce changement, que les hommes de Weimar n’avaient pas réussi à réaliser, est dû précisément à l’homme qu’on avait montré au peuple français comme le pire de ses ennemis.»

Ré-armement :

«Oui l’Allemagne a repris ses armements. (…) Toutefois ce réarmement ne devait pas inquiéter l’opinion française. L’Allemagne aspire à l’égalité des forces qui est la seule base raisonnable et solide pour une conversation de peuple à peuple

Terres germaniques :

«Sans doute la plus grande partie des Français avaient compris que la Sarre était une terre allemande, mais la politique officielle, encore trop obsédé par les idées de la politique classique, traditionnelle ou historique, héritage éternel de Richelieu, ne voulait pas admettre que les habitants de la Sarre était des Allemands, animé d’un seul désir : rejoindre la patrie allemande.»

Rapport entre peuples :

«Le problème franco-allemand est devenu un problème de peuple à peuple. Les peuples veulent qu’il soit résolu. Les peuples doivent se décider. Ils cherchent de nouvelles méthodes pour se libérer du passé et gagner l’avenir.»

Contributions à l’apaisement :

«Des hommes courageux ont écrit des ouvrages objectifs sur Hitler et la nouvelle Allemagne ; ils ont réclamé que l’on causât, avec l’Allemagne. Il y a progrès et nous nous en félicitons. Nous avons suivi avec sympathie les manifestations des anciens combattants et du Comité France-Allemagne. Nous avons vu paraître en France des livres compréhensifs comme ceux de Louis Bertrand, de Brinon, de Jules Romains, de Chateaubriant et de bien d’autres. Tout cela sert à une meilleure compréhension. La tâche est si grande, l’œuvre si précieuse.»

Droit européen et non-germanisation des terres :

«Nous avons vu, en effet, réalisé en Allemagne quelque chose de nouveau, une nouvelle forme du nationalisme ou plutôt du patriotisme ; et cette nouvelle forme de nationalisme n’est pas incompatible avec l’idée de la paix et de la coopération européenne. Au contraire, nous croyons que la nouvelle conception que le national-socialisme se fait du peuple et de l’État constitue une garantie pour la paix, parce qu’elle s’incline devant la volonté de faire populations qui n’ont pas le désir de faire partie de la patrie allemande. Le national-socialisme refuse donc par principe de germaniser qui que ce soit. Il ne veut pas faire de prosélytes ou incorporer dans la nation allemande des éléments qui ne sont pas allemands, et qui n’ont pas à eux-mêmes la volonté de vivre dans la communauté du peuple allemand.»

Légalité et universel :

«C’est en maintenant la légalité que Hitler a mené sa lutte ; c’est par la voie de la légalité qu’il est arrivé au pouvoir, c’est légalement aussi qu’il veut obtenir pour le peuple allemand la situation internationale à laquelle il croit avoir droit. Grâce à cette idée de la légalité internationale, nous reconnaissons le droit aux peuples à disposer d’eux-mêmes, nous le reconnaissons pour tous les peuples, sans aucune restriction ni arrière-pensée. Le national-socialisme refuse de s’immiscer dans la vie intérieure des autres peuples. Telle une forme nouvelle du nationalisme, consciente de sa responsabilité devant la famille européenne, n’est-elle pas une solution du problème international conciliant l’idéal du patriotisme national avec l’idée de la «patrie européenne» et même de la «patrie humaine» dont on en tant parlé ? Nous en avons la conviction. Le Führer l’a affirmé devant le Reichstag.»

Respect de la patrie de chacun :

«Le national-socialisme, arrivé au pouvoir en Allemagne en triomphant du marxisme international, n’admet pas l’idée d’un pacifisme international qui nie les nations et s’oppose à l’idée de patrie. Nous avons retrouvé l’idée de patrie. Nous aimons notre pays. Mais nous sommes d’avis que l’amour de notre patrie ne nous empêche pas de respecter ceux qui, ailleurs, sont animés par les mêmes sentiments envers leur propre pays, sentiments d’amour, de dévouement et de fidélité. Nous croyons que, pour être patriote allemand, il n’est point nécessaire de haïr les autres patries. Nous croyons que le bon patriote allemand doit estimer le bon patriote français.  C’est là, à notre avis, le meilleur moyen, pour ne pas dire le seul, de triompher des erreurs d’un passé douloureux qui a si longtemps opposé nos deux peuples. Il faut briser la théorie du « Erbfeind », la théorie de l’ennemi héréditaire. Il ne faut pas que le passé reste toujours comme un mur infranchissable, un abîme qui nous sépare. Il ne faut pas qu’il y ait une « idée fixe », une « politique historique » ou « traditionnelle » restant comme une « loi éternelle », « un dogme intangible », qui se dresse toujours entre nos deux nations. Nous ne croyons pas que les guerres entre nos peuples soient inévitables. Nous sommes convaincus en même temps qu’il est de notre propre  intérêt que les peuples voisins, et notamment le peuple français, soient heureux, prospères, forts et satisfaits. C’est la seule manière d’assurer l’équilibre des États européens, sans lequel il n’est de collaboration et de paix possibles sur notre vieux continent. Mais la réconciliation et le rapprochement de nos deux peuples, condition sine qua non de toute coopération pacifique de l’Europe, ne sont pas l’affaire de partis ou de « Weltanschauung », de mystiques ou de conceptions de politique intérieure. Il s’agit d’un problème à résoudre de peuple à peuple, de nation à nation. Peu importe que les hommes qui entreprennent le rapprochement soient de gauche ou de droite. Ce qui est bon pour un pays ne l’est pas pour l’autre. Nous autres Allemands, nous commettons souvent l’erreur de croire que, dans les autres pays de l’Europe et notamment en France, tout doit se passer comme chez nous. C’est là erreur commune à beaucoup de peuples.»

Grande Europe :

«Le Führer s’est toujours déclaré prêt à toute collaboration européenne. L’Allemagne et l’Europe, ce n’est pas une antithèse. Par la nature même de son nationalisme et par le principe de la légalité, la nouvelle Allemagne donne une double garantie de collaboration internationale. Une troisième garantie est de nature à calmer toutes les craintes : c’est le côté social et même socialiste du mouvement hitlérien. Ce mouvement est composé de deux éléments qui se complètent. National, il est aussi socialiste. Il ne faut pas sous-estimer l’importance du caractère socialiste du mouvement. Hitler est un véritable socialiste. Socialiste, non pas au sens que le marxisme a donné à ce mot, mais dans son véritable sens de représentant du peuple qui travaille. Le peuple qui travaille veut la paix.»

Et la France devant l’entente :

«Nous avons vu avec regret que chaque manifestation de paix du Führer a eu, dans une partie de l’opinion française, un écho qui devait amener une déception en Allemagne. C’était la réaction des apôtres de la méfiance éternelle. Mais il y a eu aussi des voix encourageantes, celles d’anciens combattants français et allemands. Ces hommes qui s’étaient battus les uns contre les autres, il y a vingt ans, avaient cependant appris à s’estimer et à s’apprécier. Bons juges en courage, les uns et les autres honoraient leurs adversaires, rendaient justice, malgré le tumulte affreux des combats, à leur bravoure, à leur esprit de sacrifice, à leur amour de la patrie. Aujourd’hui, ils pensent que deux peuples qui ont tant saigné, tant souffert, qui ont montré tant de vaillance et d’esprit chevaleresque ne doivent plus, ne peuvent plus reprendre les armes pour se ruer les uns sur les autres dans un assaut dément où sombrerait la civilisation occidentale, dans une lutte fratricide de deux peuples proches par le sang et faits mieux que tout autres pour s’aimer et se comprendre. Et ce sont eux qui, de toute leur volonté lucide, crient aujourd’hui : « Luttons pour la paix ! ».»

Pour une paix internationale sans la SDN :

«Nous nous méfions de la Société des Nations; nous nous méfions de ce qu’on appelle la « sécurité collective » et la « paix indivisible ». Nous croyons que la Société des Nations a failli à son rôle, qu’elle est devenue infidèle à la mission pour laquelle Wilson l’avait prévue, c’est-à-dire, constituer un instrument de la paix future. Nous croyons au contraire que la Société des Nations est devenue un instrument destiné à maintenir et à garantir le statu quo de Versailles. Or, Versailles signifie pour nous l’idée de l’humiliation, de la défaite, de l’infériorité et de la discrimination. Il est regrettable que la  Société des Nations soit liée au Traité de Versailles. Il est regrettable que la Société des Nations, en exécution du Traité de Versailles, ait été chargée de fonctions qui nous étaient pénibles et nous rappelaient la défaite. Croyez-vous qu’une discussion à Genève, comme par exemple celle qui se rapporte à Dantzig, nous rende sympathique l’institution de la Société des Nations? C’est pourquoi nous n’en voulons plus. Nous ne refusons pas la collaboration avec tous les peuples dans l’intérêt de la paix, mais nous préférons collaborer directement, en tant que nation souveraine et libre, avec les autres nations libres, sur le pied de l’égalité, sans passer par l’intermédiaire de Genève. Cela correspond à un sentiment général répandu dans toute l’Allemagne. Aussi a-t-on vu Hitler, quand il a abandonné la Société des Nations, recueillir l’approbation unanime de son peuple.»

Droit français ou droit germanique :

«Lors du Congrès international des avocats, à La Haye, en 1932, un grand juriste français, M. Appleton, nous a fait une excellente conférence sur « Gœthe et le droit ». Il nous a montré la différence entre la conception allemande de la fidélité au contrat et la conception plus cartésienne des Français qui respectent plutôt la signature, la lettre, le droit écrit. Il a développé ce thème que Gœthe, représentant la conception germanique du droit, avait été partisan de l’idée du « droit qui est né avec nous >>, du droit véritable, de la justice en opposition au droit des paragraphes qui sont souvent summum jus summa injuria. Mais, a-t-il ajouté, Gœthe a reconnu aussi qu’il faut respecter l’ordre. L’ordre d’abord. Un ordre mauvais vaut mieux que le désordre. (…) Essayons donc de faire mieux, d’organiser une meilleure paix. De la crise de la paix mal faite a surgi le désordre du bolchevisme. Ce désordre menace aujourd’hui l’Europe entière. Mais en Allemagne est né un bloc d’ordre, qui constitue une garantie contre le chaos qui nous menace de l’Est.»

L’entente franco-allemande par les régimes :

Dans un intéressant article paru dans l’Ère nouvelle du 3 mars 1936, M. Paul Bastid déclare: « Les rapports franco-allemands sont plus que jamais à l’ordre du jour. (…) nous avons balancé entre deux systèmes : maintenir éternellement l’Allemagne hors d’état de nuire, ce qui était la conception de Versailles, ou faire confiance à l’esprit pacifique du Reich et l’aider à retrouver sa place dans le concert européen.»

De peuple à peuple :

«Combien en est-il qui aient songé à un rapprochement du peuple français et du peuple allemand, toute question de régime mise à part? » C’est là, en effet, le point principal. Le rapprochement franco-allemand n’est pas une question de régimes : c’est une question qui doit être résolue de peuple à peuple.  Hitler l’a reconnu. Il a compris sa mission européenne. Ses manifestations de paix en sont la preuve. Que le public français les entende et que le terrain soit ainsi préparé pour la paix qui est si nécessaire aux peuples d’Europe !»

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À propos de Mein Kampf :

«Vous voulez que je fasse des rectifications dans mon livre comme un écrivain qui prépare une nouvelle édition de ses œuvres ? Mais je ne suis pas écrivain, je suis un homme politique ! Ma rectification ? Je l’apporte tous les jours dans ma politique extérieure, toute tendue vers l’amitié avec la France ! Si je réussis le rapprochement franco-allemand comme je le veux, ce sera une rectification digne de moi ! Ma rectification je l’écrirai dans le grand Livre de l’Histoire.»

Adolf Hitler dans son entretien à Bertrand de Jouvenel pour Paris-Midi du 21 février 1936.

Acheter l’ouvrage aux éditions Sans Concession

Merci aux relais du premier entretien de «Rivarol Hebdo» !

Le début d’une série qui nous l’espérons s’annonce prometteuse ! Dans un travail qui a vocation à être exercé mensuellement et sur le long  terme, pour que grandisse l’hebdomadaire d’opposition nationale, en aidant à faire connaître d’avantage la version papier existant depuis plus d’un demi-siècle !

Ci-dessous la balle est renvoyé aux relais autres que mon blogue personnel et que le site de Rivarol :

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Deus Vult

Phalange Saint-Martial

Milites Virginis Mariae

Parti Nationaliste Français

Jeune Nation

Contre-Révolution (site de Johan Livernette)

Pro Fide Catholica

Blogue «Parti de la France» de Thomas Joly

Blogue de Valentin Béziau

Bibliothèque de combat

Le salut à la romaine ou olympique par Pierre Sidos

Rédigé par Pierre Sidos le 29 mars 2011 :

salut-romain

La civilisation c’est d’abord la politesse. Tout le monde s’accorde pour dire qu’être poli est la marque d’un civilisé. Être civilisé correspond donc, en premier lieu, à observer les usages du savoir-vivre, d’éducation et de courtoisie. Le salut et les salutations, soit par la parole, l’écrit ou le geste, constituent ainsi les premiers indices de la bienséance, du respect, de la déférence.

Saluer quelqu’un ou quelque chose, c’est rendre hommage à un être, une œuvre, un principe. Parmi les saluts ceux de la tête ou de la main sont les plus courants. Depuis des millénaires, chaque fois qu’un homme s’engage à servir, jure de dire la vérité, promet de tenir parole, affirme son honnêteté, rencontre un ami ou exprime sa gratitude, il lève naturellement le bras droit plus ou moins haut avec la main bien ouverte. Ce signe d’engagement, de bienvenue, d’amitié, est incontestablement le symbole le plus répandu de l’humanité civilisée.

Du légionnaire de Rome au barde celtique, de l’athlète olympique au chevalier médiéval, du fédéré du Champ de Mars au soldat vers le drapeau, du témoin devant le tribunal au sportif sur le stade, le bras droit levé paume de la main visible fut et demeure le geste rituel de l’humanité authentique, de celle qui croit, travaille, lutte et joue franc-jeu.

Quant à l’emploi systématisé de ce geste dans le monde politique contemporain, du début de l’Italie mussolinienne à l’achèvement de l’Espagne franquiste, en France même, il faut savoir que la main ouverte brandie répondait à la main fermée, au poing haineusement tendu, des marxistes de toutes obédiences ; et aussi s’opposait à l’image de la main cachée, qui désigne l’alliance des forces occultes dirigeantes et des puissances du gros argent corrupteur.

La main droite ouverte dressée vers le ciel, reflétant spirituellement l’image du soleil vers la terre, n’est pas un monopole national ou partisan, mais une part du patrimoine indivis de la civilisation. Vouloir réduire son usage à un pays en particulier ou à une seule catégorie idéologique, en prétendant mettre dans le même sac indistinctement tous ceux qui l’on utilisé ou qui le font encore, c’est le but commun intéressé des tenants de la main fermée et de la main cachée, alors que présentée ou tendue la main ouverte a toujours été un signe universel de paix et d’amitié. Pour les Français, le fait est que sous des formes variées, le salut à la romaine ou olympique a été utilisé de la monarchie du roi Saint-Louis à l’État national du maréchal Pétain, y compris dans l’entre-deux grandes guerres du siècle dernier lors de la 8ème olympiade, en 1924 à Paris, et de la 11ème en 1936 à Berlin où toute l’équipe nationale française participante salua unanimement de la sorte la tribune officielle.

Le salut militaire français, par sa présentation de l’intérieur de la main droite, est le témoin persistant de ce geste de sincérité et de droiture.

09 - Le salut à la romaine ou olympique (mars 2011)Amis de Pierre Sidos

Autisme radical : maître Plonplon réitère ses accusations fausses

Pour un globe terrestre franco-centré,  parce que j’en suis l’incarnation inaliénable.

Dans son «Actualité et politique du 13 janvier 2018» M. Ploncard a cru bon de me répondre à partir de la 33e minute. La question posée est elle-même foireuse, car je n’ai pas fait un simple «commentaire» mais un article complet. Encore une fois : je n’ai pas été écarté de ses activités de sa part puisque j’ai fait le choix de me couper de lui lorsqu’il était en conflit public avec l’Œuvre française courant 2013-2014 alors que j’y militais. Les propos qu’il me prête sur une peur (inexistante) de recommander ses travaux n’ont jamais été prononcés de ma bouche et ne sont donc que pures inventions : quoi de plus normal d’inventer pour quelqu’un qui a pu calomnier publiquement et mentir sur les mœurs de Johan Livernette ? Pour le reste, tout a déjà été dit dans le second chapitre de ma réponse «Ai-je plagié son livre «La Maçonnerie» comme le raconte M. Ph. Ploncard ?».

Il en vient alors à nos débuts. Je suis en effet tombé plus jeune sur ses interventions alors que je méconnaissais l’école nationaliste classique (dont il fait partie), chose qui m’avait intéressé, en même temps de découvrir le «camp national» au sens large (milieu que dénonce monsieur, mais milieu auquel il appartient malgré tout, ainsi si ce milieu serait pourri en quoi y réchapperait-il à titre personnel ?). Dans ce contexte où  il n’avait plus aucun collaborateur pour l’aider dans son travail, je m’étais proposé à «l’emporte-pièce» de reprendre ce flambeau dans le courant de mai-juin 2012, car je trouvais dès lors dommage que tout s’arrête là, sans imaginer ce que ça allait engendrer par la suite évidemment… Nous avions ensuite fait un long travail en profondeur, pendant 3 bonnes années, car ce n’est pas l’histoire de «quelques vidéos» (sic) qui ont été réalisées, contrairement à ce qu’il dit benoîtement, mais une bonne quarantaine (Chaîne YouTube). C’est si vrai que je demeure celui qui possède la «médaille d’or» de la longévité auprès de lui, malgré son caractère impayable connu de tous (y compris de ses partisans les plus proches).

Le terme de fragilité fait pour «chatouiller» mon orgueil est inadéquat tant physiquement que psychologiquement. Je précisais précédemment que j’ai toujours cité ses ouvrages, et même contre vents et marées parce qu’ils n’avaient pas toujours bon  écho. Cependant, je ne les citer logiquement pas lorsque je ne les utilisais pas, d’où l’accusation fausse et déplacée. Et un «fragile» ne pas fait ceci, par ailleurs personne ne réussit facilement à mettre le grappin sur moi quand bien même il serait influent et caractériel, ni assume quotidiennement sa stature de 90 kilos. Eh oui petit pépère !

Il dit ensuite que j’aurais profité de lui, dans ce cas, en quoi lui n’aurait-il pas «profiter» de moi inversement ? Mon travail d’époque tant niveau des entretiens, des préparations de questionnaire et en informatique de manière générale (diffusion des liens comprise), à préparer sa «renommée» actuelle niveau visibilité. Sans lui je ne serais peut être pas ou j’en suis, mais c’est vrai dans l’autre sens également, que cela nous plaise ou non à l’un et l’autre d’ailleurs.

Aussi, M. Ploncard ne rougit pas lorsqu’il reprend à son compte des informations issues spécifiquement d’un site d’extrême gauche antifasciste (article de La Horde). Une première pour le coup, et qui ne vient rien ajouter par rapport à l’affaire de notre rupture qui est à la fois personnelle et politique.

Mon travail vidéoludique avant la rupture politique.

Je prierais donc monsieur, avec peu d’espérance toutefois, de revenir une bonne fois pour toutes sur ses postures inventées car cette vile technique (ou dialectique) qui consiste à marteler sans cesse la même phrase plus pour faire taire la critique ou la personne, que par souci de véracité, est indéfendable. Ici, le discours de répétition est tel que, chose frappante, mon ancien article suffirait à répondre à l’essentiel de ses «nouvelles» accusations…

Pour finir sur une touche positive, merci au passage à mon chargé de communication Maître Plonplon, seul et unique grand manitou du nationalisme intergalactique, pour avoir mieux popularisé l’affaire, qui demeurait incomprise des  internautes à cause de l’unilatéralité de ses attaques.

Des gnostiques se cachent certainement y compris parmi mes collaborateurs, je dois rester suspicieux.

Charlemagne – Pierre Sidos

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La statue de Charlemagne accompagné de ses preux, Roland et Olivier, sur le parvis de la cathédrale de Paris; celle qui décore une des places de Liège; celle encore qui se trouve Aix-la-Chapelle; la couronne dite « de Charlemagne » conservée à Vienne, certifient, pour les Français et les Belges, les Allemands et les Autrichiens, aussi les Hollandais et les Danois par d’autres souvenirs, la reconnaissance de leurs racines carolingiennes.

Les Français n’ont jamais cessé de se réclamer de Charlemagne. Leurs rois ont proclamé qu’ils étaient incontestablement dans son lignage; Jeanne d’Arc demandait ensemble de prier Charlemagne pour le salut de la patrie; Napoléon 1er affirmait ressusciter l’empire carolingien; il n’y a pas si longtemps, Charlemagne était le patron des écoliers et lycéens de France, l’Université de Paris célébrait sa fête en grande pompe tous les 28 janvier.

Quant à l’Europe, dont Charlemagne demeure le symbole, il est essentiel de savoir que ses valeurs intellectuelles et spirituelles traditionnelles constituent une façon commune d’être, de croire et de penser, qui est en contradiction totale avec les menées anti-nationales, les théories anti-sociales, les pratiques anti-naturelles de la soi-disant Europe de Maëstricht. Il ne faut pas opposer les deux termes de nation et d’Europe, ni nier l’un par l’autre. Défendre la nation, contre la dissolution du dedans et l’invasion du dehors, c’est le préliminaire indispensable pour préparer une renaissance européenne gardant l’esprit de ce que fut la « renaissance carolingienne » en son temps.

Pierre Sidos, le 28 janvier 1985.