Lancement du site Trad’Histoire

MPI : Cyrille de Pranal bonjour, vous êtes connu sur MPI en tant que rédacteur occasionnel de sujets culturels et en tant que photographe. Vous avez travaillé ces dernières années à concevoir un site dédié à l’histoire visant les plus jeunes que vous avez appelé Trad’Histoire. Pourquoi un site et que peut-il proposer de plus que ceux existant déjà ?

CdP : Bonjour. Il existe en effet beaucoup de sites dédiés à l’histoire dont certains sont de grande qualité avec des articles fort intéressants. Malheureusement concernant l’apprentissage, il n’existe pas grand chose, et sur ceux qui ont le mérite d’exister, je ne vois rien qui peut donner à un enfant le désir d’apprendre. De plus, ce qui est disponible est bien souvent lié au programme scolaire. Je ne m’étendrai pas ici sur l’évolution des programmes d’histoire, le tour du sujet ayant été largement fait depuis des années.

C’est sur ce constat que je me suis mis à rechercher des méthodes dignes d’apprentissage avec de véritables manuels tels que nous avions pu avoir étant enfant. Puis je me suis rappelé de la petite histoire de France de Jacques Bainville et j’ai décidé de concevoir une série animée en vidéos en reprenant le texte de l’historien.

MPI : Il s’agit donc d’une simple lecture avec des images ?

CdP : Non, pour cela il existe déjà une version commerciale, fort bien faite, en audio, aux éditions Diffusia. La partie vidéo du site reprend effectivement le texte, mais les images choisies ne le sont pas au hasard. Les légendes qui apparaissent mettent également l’accent sur des évènements importants avec les dates correspondantes.  A la suite, un résumé est à apprendre par l’enfant. Cela lui permettra de répondre à un quiz de 5 questions une fois qu’il saura la leçon.

MPI : Les cours durent combien de temps ?

CdP : Ce sont des modules qui vont de 3 minutes pour les plus courts à 10 minutes pour les cours les plus longs. Cela permet de retenir l’attention de l’enfant sur un laps de temps réduit sans que cela soit rébarbatif pour lui. Il ne s’agit surtout pas de lui « bourrer le crâne » mais au contraire de lui faire prendre plaisir à regarder la vidéo et à connaître l’histoire de son pays. Ainsi, les parents peuvent lui passer plusieurs fois la vidéo dans la semaine afin que par répétition il puisse assimiler plus facilement le cours.

MPI : De quelle façon les parents peuvent-ils s’impliquer s’ils n’ont pas les connaissances nécessaires ?

CdP : Ils apprendront en même temps que leur enfant. Ou alors, ils pourront réviser.  Il ne s’agit pas pour les parents de se contenter de mettre les enfants devant une vidéo et de les laisser se débrouiller : ils ont leur part à faire. Qu’il se rassurent, il ne leur est pas demandé de se transformer en professeur, mais seulement de continuer à jouer leur rôle de parent. A la fin de chaque cours, une fois que leur enfant sera à l’aise avec le sujet traité, il leur est proposé des sorties pédagogiques en fonction de ce qui a été étudié. Les monuments nationaux, les musées municipaux ou des organismes privés mettent toute leur énergie pour proposer des activités pédagogiques avec des ateliers et des visites guidées adaptés à tous les âges. Sur le côté droit du site, en dessous des cours qui apparaîtront au fur et à mesure de l’année, il est proposé une section sortie pédagogique classée par région. Chaque fiche sortie est composée de la même manière : un texte d’introduction qui résume l’endroit à visiter avec les activités proposées, une vidéo d’un reportage, quelques photos et un plan localisant immédiatement l’endroit et permettant de calculer le trajet. Tout est fait pour qu’en moins de 10 minutes, la décision d’une sortie soit prise et organisée.

MPI : Cela a un coût pour les familles tant en terme financier qu’en temps…

CdP : Prenons-nous le temps en fonction de nos priorités ? Combien de temps passons nous quotidiennement sur les « réseaux sociaux » ? A regarder une émission qui n’en vaut pas la peine ? Un match ? et nous n’aurions pas quelques minutes à consacrer à nos enfants ?

Pour le coût financier, il existe des réductions. Bien souvent, les musées proposent des entrées gratuites pour les enfants ou alors ils bénéficient d’un tarif réduit. Les ateliers proposés peuvent avoir un coût, mais supportable. Je n’en ai pas vu qui étaient plus chers que l’équivalent d’un paquet de cigarette. Dans la plupart des musées, les entrées sont gratuites les premiers dimanches des mois d’hiver.

Les grands-parents, qui ont reçu à leur époque une solide instruction et accumulé des connaissances au cours de leur vie, peuvent se faire un plaisir de préparer et accompagner leurs petits enfants dans une activité pédagogique. Leur expérience et leur disponibilité peut s’avérer précieuse et cela pourrait leur faire plaisir de s’impliquer.

MPI : Quelle pédagogie appliquer ? Juste se laisser guider par le site ?

CdP : Le site n’est qu’une aide et un fil conducteur. Il ne remplace pas les parents. Néanmoins je donnerai une piste pour intéresser l’enfant : il faut qu’il perçoive la motivation de ses parents à adhérer eux-mêmes aux principes du site afin de lui apprendre l’Histoire.

Ensuite, il est possible de décider d’opter pour la gratuité et de n’utiliser que le site. Dans ce cas, il suffit de regarder sous la vidéo et de cliquer sur le lien qui affiche le texte. Les parents peuvent le lire eux même plusieurs soirs de suite à leur enfant avant qu’il aille se coucher. Le fait de lui lire et de lui porter attention le motivera.

Ils peuvent également acheter le livre et les CD audio chez les éditions Diffusia. Cela permet d’alterner le même texte dans des endroits différents (par exemple en voiture) avec des changements de narrateurs.

MPI: A partir de quel âge peut-on commencer ?

CdP: Dès l’entrée au CP. Ce qui va compter, c’est la régularité. Si les parents s’impliquent un peu, d’ici 2 ans leurs enfants auront une bonne base sur laquelle ils pourront construire leur identité.

MPI : Pensons aux parents qui désireraient aller plus loin que les cours pour enfants ?

CdP : Si c’est pour eux, je conseille le manuel d’histoire de l’œuvre scolaire Saint Nicolas. Dans l’onglet ouvrages recommandés, vous trouverez des liens menant vers des sites les proposant à la vente. Pour ceux résidant à Paris ou en région Parisienne, ces ouvrages se trouvent en bonne place à la librairie Notre Dame de France, rue Galande à Paris.

MPI : De quelle façon allez-vous procéder pour diffuser les cours ? Sont-ils tous disponibles ?

CdP : Non, ils seront diffusés à raison d’un tous les 15 jours sur deux années scolaires. Cette année nous irons de Vercingétorix jusqu’aux portes de la Renaissance avec Louis XII. L’année prochaine, nous verrons l’avènement de François Ier et nous terminerons par la première guerre mondiale. Bien sûr, une fois mis en ligne, les cours resteront disponibles. Les vidéos seront également diffusées sur Médias-Presse-Info dès leur sortie. Pour s’assurer un bon suivi des cours, il y a la possibilité de s’abonner à la chaîne Youtube. Cela permet de recevoir une notification dès la mise en ligne du cours suivant.

MPI : Pourquoi s’arrêter à la première guerre mondiale ? Pourquoi pas la deuxième ?

CdP : Jacques Bainville étant mort en 1936, il n’a pas pu écrire la suite. De plus, je ne reprocherai pas à l’éducation nationale de ne pas couvrir le sujet de la seconde guerre mondiale.

MPI : Cela fera en tout combien de cours et de sorties pédagogiques disponibles ? Couvrent-elles toutes les périodes ?

CdP : 20 cours cette année, 20 l’année prochaine. De septembre à juin. Concernant les sorties pédagogiques, toutes les périodes sont couvertes. Il y a actuellement 70 sorties disponibles que ce soit en France, en Belgique et en Allemagne. Cela devrait monter à une centaine en cours d’année. Il y a des endroits forts connus (Chambord, Blois, le pont du Gard…), d’autres qui font beaucoup de visites et ateliers pour enfants (le musée d’archéologie nationale de St Germain en Laye, Cluny) et d’autres que vous découvrirez et qui malgré leur manque de notoriété méritent le détour (le musée des temps barbares de Marle qui organise chaque été des reconstitutions de batailles entre Barbares et Romains avec le soucis du réalisme, le musée de la guerre de 1870 et de l’annexion de Gravelotte vers Metz, guerre qui est aujourd’hui complètement occultée,  Vaison la Romaine qui mérite d’être connue autrement que pour son inondation, Bavay qui possède encore son forum…).

MPI : L’histoire de France se situe aussi en Belgique et en Allemagne ?

CdP : Clovis était originaire de Tournai et Charlemagne s’est établi à Aix La Chapelle.

MPI : N’y a t-il pas autre chose que des sorties pédagogiques ? Vous parliez d’animations et de reconstitutions de batailles à Marle. N’y a t-il pas ailleurs des animations ou des marchés médiévaux ?

CdP : Il y en a dans toute la France et tout au long de l’année. Un site s’est fait la spécialité de les recenser. L’agenda est accessible directement à partir du site en cliquant sur « sorties festives ».

MPI : A vous entendre, tout à l’air simple et facile.

CdP : Pour être franc, aujourd’hui avec toutes les possibilités que nous avons en terme de déplacement, avec internet et avec le nombre de musées et les activités proposées qui nous sont offertes, celui qui ne se cultive pas, c’est qu’il le veut.

MPI : Un dernier conseil ?

CdP : Respectez la chronologie.

Retrouvez le premier cours sur Vercingétorix sur Trad’histoire.com

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Approfondir la question française et européenne

La nation, les nationalismes et l’universalité :

La France est un sol, un sang et un destin :

Les Europes et la civilisation occidentale :

Vichy/Pétain ou l’alliance de l’État et de l’Église :

De la décadence populaire à la réaction salvatrice

De la décadence populaire à la réaction salvatrice :

Hier le «peuple» (ou plutôt les nationaux français) a choisi via la loi du nombre leur nouveau président, ce qui lui donne la représentativité que se fait une nation entière à travers son chef officiel de l’État.

Il faut bien comprendre que pour un gouvernement rien ne peut se faire durablement sans le consentement nécessaire de la population ; et que quand bien même le chef élu se trouverait être un salopard, il est à l’image de ses votants. Dans leur majorité quasi-écrasante, les concernés ont sélectionné celui qui leur ressemble le plus, à savoir : un être standardisé, hors-sol et a-religieux.

Quels que soient les défauts de notre milieu au sens large, le manque d’unicité doctrinal ainsi que ce qui est imputable à notre nature humaine «diviseuse», nous savons que nous sommes ceux qui avons, au moins, le plus raison.

Nous nous efforcerons dans les temps à venir : de continuer d’aider au rassemblement des forces, à la formation de ceux qui nous suivent ; et nous ferons l’effort de nous adresser à ceux qui peuvent encore être récupérés.

Quant à ceux qui ne comprennent pas et qui ne comprendront jamais rien, les éternels cocus du mondialisme (qui les détruit pourtant eux aussi), nous les laisserons le nez dans leurs excréments libéraux et marxistes, où ils semblent si bien se complaire, préférant visiblement au nationalisme même, les attentats djihadistes et les taxations.

Florian Rouanet.

«Darnand, qui suis-je ?» de Francis Bergeron par l’A.D.M.P.

«Darnand, qui suis-je ?» de Francis Bergeron

D’abors il est bon de remettre en mémoire ce que fut l’héroïsme de Joseph Darnand au cours des deux guerres : des exploits accomplis au service de la France et au détriment de l’ennemi. Cette tâche, audacieuse aujourd’hui, Francis Bergeron l’assume avec son aisance habituelle en signant dans la précieuse collection «Qui suis-je ?» des Éditions Pardès, un nouvel ouvrage dont l’intérêt dépasse en bien des chapitres celui d’un simple récit biographique.

En particulier, son analyse de l’évolution de la Légion Française des Combattants (ceux de 14-18 et/ou de 39-40) présidé par le Maréchal en personne et à la direction de laquelle Darnand joua un rôle majeur, atteint une rare perspicacité.

Les attentats terroristes.

Il faut lire dans quelles circonstances fut instauré le Service d’Ordre Légionnaire (S.O.L.) chargé de protéger les manifestations de soutien au chef de l’État français. Il convient de prendre en compte les attentats terroristes qui justifièrent la transformation du SOL en Milice non armée jusqu’à ce que treize de ses membres soient assassinés sans la protection d’une arme de défense.

Sous la botte allemande, la France se trouvait en plus menacée d’une guerre civile fomentée de l’étranger (…en attendant l’épuration !). Darnand, devenu secrétaire général au Maintien de l’ordre, et ses miliciens sont entrainés par les événements au-delà (souvent) de leurs convictions, (parfois) de leurs consignes. On parla d’un «grand déraillement». Le Maréchal lança un rappel à l’ordre sans ambiguïté : «suivez-moi ne me précédez pas!».

«Comme beaucoup, Darnand s’interrogeait sur son devoir de Français» fait remarquer notre auteur. Mais il ajoute : «Quand on a sur les épaules la responsabilité de milliers d’hommes, sur leur vie même, la réponse n’est pas simple».

Devant le corps de Joseph Darnand fusillé le 10 octobre 1945, au Fort de Châtillon, le Père Bruckberger, un Résistant, prononcera des mots qui pèsent : «S’il y a eu (en 1940) dix mille homes comme lui, jamais les Allemands ne nous auraient vaincus».

Notes

«Darnand – Qui suis-je ?» par Francis bergeron. 128 pages, 12 euros. Édition Pardès, 44 rue Wilson, 77880 Grez-sur-Loing. Tél. 01 64 28 53 3.

Y.C. pour la la revue «Le maréchal» organe de l’ADMP – N°260 1er trimestre 2017.

Les entretiens actus 2016 de Militant (partie 1)

La question juive :

L’éducation nationale :

L’identité française :

Réponse nationaliste au gauchisme :

Solution face au mondialisme financier :

En exclusivité sur le Parti national-socialiste français

L’article qui suit traite de ce mouvement au nom, quelque peu provocateur dira-t-on, et le présente du point de vue de deux journalistes et historiens, régimistes, mais qui retracent la vie d’un mouvement oublié, au milieu de tous les autres, qualifiés parfois à tort ou à raison de «collabos». Il porte malheureusement la marque du «gallicanisme», travers très français qui trouve des points d’accroches avec le jacobinisme, dans sa nationalisation étatiste des églises. En dehors de cela, le programme officiel est classique par rapport aux mouvements nationalistes de stricte obédience : regret de la défaite, soucieux de l’héritage, veut l’industrialisation et le retour à la terre, défenseur des familles et du système social, volonté de juger des traîtres, antijudaïque et anti-maçonnique…etc. Son fondateur, connu uniquement pour l’activité de ce parti, sera condamné au travail forcé par le retour des tribunaux gaullistes et maçonniques. L’organisation, radicale dans ses mesures, a été en revanche, assez éphémère et pas très influente comparée à d’autres structures plus fortes comme le Parti populaire français de Jacques Doriot qui comptait Jacques Ploncard d’Assac et Henry Coston dans ses rangs.

Des mouvements ont osés de la même manière en ce domaine : le Parti franciste, la Croisade française du national-socialisme, les Hitlériens français, le Comité d’action antibolchevique, ainsi que des groupes régionaux tels que le Mouvement social ouvrier social-national breton en Bretagne ou l’Opferring en Alsace.

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Emblème du Parti National-Socialiste Français

Le Parti national-socialiste français :

Au début des années trente, certains pays voient naître des mouvements plus ou moins importants, souvent même des groupuscules qui copient servilement le modèle allemand par le programme, la structure, l’uniforme et la dénomination.
Au Danemark, en novembre 1930, naissent le Danmarks National Socialistiske Arbejder Parti (DNSAP) qui aura 3 sièges en 1939 au Parlement danois et le Danks National Socialistiscke Parti qui devient en 1934 le Danks Socialistike Parti. Aux Pays-Bas, en décembre 1931, naît le Nationaal Socialistische Nederlandsche Arbeiderspartij et, le 14 du même mois, Anton Mussert fonde son Nationaal Socialistische Beweging (NSB). En janvier 1934, soit un an après l’arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler, naît en Norvège le Norges Nasjonal Socialisticke Arbeiderparti. Ce petit mouvement ne vivra que peu de temps et disparaître en octobre de la même année, ayant dû s’effacer devant le Nasjonal Samling de Quisling. Cependant, en octobre 1935, au Danemark à nouveau, est créé un troisième parti national-socialiste : le National Socialistick Arbejder Parti.

La France, plus latine, avait été à l’abri de ces copies d’inspiration allemande. Si certains chefs de ligues observaient avec une sympathie – souvent relative – le renouveau allemand, beaucoup, en raison de leurs origines d’Action Française, conservaient une certaine méfiance et préféraient le modèle italien.

Il fallu attendre la défaite, fulgurante, brutale, pour voir, en décembre 1940, la naissance d’un Parti National Socialiste Français. Ce PNSF fut fondé par Christian Message, «un ancien séminariste partagé entre le désir, fort légitime, de réussir et celui, non moins légitime, de sauver le pays» (Henry Coston, Dictionnaire de la Politique Française).

Christian Message est né à Paris le 17 décembre 1905. C’est en effet un ancien séminariste qui a eu pour condisciples le futur abbé Popot qu’il retrouvera à Fresnes, à la Libération, comme aumônier de la prison, et un futur aumônier de la LVF, mort en 1965 – qui aurait été aussi membre de son parti – l’abbé Verney, plus familièrement appelé «Mickey» par les légionnaires. Mais la vocation de Message est de courte durée puisqu’il se marie en 1927.

Pour réussir, il se lance dans là publication du Journal des Limonadiers, puis, à la veille de la guerre, de La Défense passive auxiliaire (la «titulaire» relevant des pouvoirs publics et possédant ses propres organes d’information) qui cessera de paraître avec la défaite. C’est assez pour être qualifié de journaliste lors de son renvoi devant la cour de Justice.

Mais «le grand geste de ma vie fut la création du Parti National Socialiste Français» déclarera-t-il lors de son procès. Le jour même de l’entrée des Allemands à Paris, il écrit à la Kommandantur provisoire installée à l’Hôtel Crillon, comme il écrira plus tard au maréchal Pétain afin de l’inciter à collaborer avec le «Chef suprême» du PNSF…

Message installe son parti à la brasserie «Tyrol», 144 avenue des Champs-Élysées, dont il est le gérant et qu’il transforme tous les soirs en cabaret et se trouve très vite obligé de trouver un nouveau local. Il choisit alors un ancien immeuble d’Alexandre Stavisky au 19, rue Saint-Georges. Seule activité connue durant son mois d’existence avérée : le collage de papillons et d’une affiche.

Le PNSF publie une petite revue qui se veut hebdomadaire mais qui paraît de manière intermittente: La France nationale-socialiste.

Le mouvement reste un groupuscule ; d’après Pierre Vigouroux dans son livre de souvenirs «Il reste le drapeau noir et les copains», une cinquantaine de membres – une quinzaine selon l’acte d’accusation – dont une dizaine forme la «Garde Noire». La terminologie nationale-socialiste est probablement responsable de cet échec. Les Français, encore sous le coup de la défaite, se défient de ce nouveau parti dont nul ne connaît le chef et qui copie servilement le vainqueur. Le 13 janvier 1941, Christian Message est arrêté par la police française pour tenue de réunion non autorisée et incarcéré pendant deux mois par les Allemands.

Dans la réalité, Message, qui n’est pas un fanatique d’Hitler – malgré les apparences – a traité le Führer de «saigneur» (sic!) sanguinolent et démoniaque». Il est libéré sur l’intervention de Clémenti, mais son parti est désormais interdit par les autorités allemandes. Elles non plus ne semblent pas apprécier le plagiat.

Le PNSF disparaît.

Le siège de la rue Saint-Georges, devenu vacant, passe alors à la LVF dont il devient un centre de recrutement et le siège administratif.

À la Libération Christian Message est arrêté et condamné à mort le 10 septembre 1946, plus comme dénonciateur qu’en raison de son rôle politique. Mais si modeste qu’ait été son groupuscule, si courte qu’ait été son existence, son nom même avis quelque chose de provocateur et le Chef suprême du Parti National Socialiste Français ne pouvait subir qu’un châtiment exemplaire.

D’ailleurs, si manquent les éléments que nous avons réunis, son nom est celui de son mouvement figurent dans tous les ouvrages consacrés à la Collaboration.

Après 196 jours aux chaînes, sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité. Ses défenseurs avaient plaidé l’irresponsabilité – malgré l’avis des experts- et lui-même à Fresnes, n’avait cessé de jouer la comédie du déséquilibré. Envoyé à Clairveaux plus libéré, il reprendra à sa sortie de prison le «bistrot» que sa femme avait tenu pendant son absence… Il est mort à Paris le 15 mars 1958.

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Organisation :

Le programme de son parti porte la marque de la défaite et de ses causes.

Le parti est antisémite et anti maçon. Il désire la fermeture des synagogues et des loges, et l’interdiction pure et simple de la religion israélite et de la Franc-maçonnerie.

Il est pour la nationalisation de l’Église catholique et protestante et la fonctionnarisation des prêtres et des pasteurs.

Il est pour le jugement des mauvais parlementaires, des mauvais fonctionnaires, des mauvais patrons qui ont abandonné leurs postes, et qui ont été à l’origine de la guerre et, par le fait, responsables de la défaite. Pour ces juridictions d’exception, la plaidoirie même doit être supprimée…

La famille doit être protégée ; la liberté d’enseignement doit subsister, mais sous l’égide de l’État.

Le système corporatif doit être mis en place, la retraite ramenée à 55 ans pour les ouvriers et 60 pour les agriculteurs.

Le protectionnisme doit être mis en vigueur et l’étalon-travail doit remplacer l’étalon-or.

Une politique des transports en commun doit être établie et les tarifs modifiés en ce sens : baisse de la 3e classe et augmentation des 2e et 1re classes.

Le retour à la terre doit être soutenu.

Une alliance doit être signée avec les pays qui pratiquent l’émancipation des travailleurs, comme l’Allemagne et l’Italie. Les nouveaux diplomates appartiendront  obligatoirement au PNSF.

Certaines rancœurs personnelles apparaissent également, à travers le programme : interdiction des huissiers, des saisies, etc…

Les mots d’ordre sont : Honneur, Travail, Paix.

Le PNSF est divisé en deux groupes principaux :
Les Jeunesses Nationales-Socialistes, pour les 16 à 20 ans.
Les Sections Nationales-Socialistes, pour les 20 à 40 ans.
Auxquels vient s’adjointe une Chambre Nationale Socialiste des Corporations.

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Uniformes et insignes :

L’emblème du mouvement est un coq au naturel bleu regardant vers la droite ; il est inscrit dans un cercle blanc posé sur un fond rouge. L’uniforme noir est porté uniquement par le chef et la Garde noire, les autres ont la chemise bleue.

Pierre-Philippe Lambert et Gérard le Marec – Partis et mouvements de la collaboration, Paris 1940-1944. Chapitre 11.

I-Grande-10713-partis-et-mouvements-de-la-collaboration-paris-1940-1944.net