Le fascisme mussolinien face à 1789

«Le libéralisme n’eut que quinze ans de faveur. Il naquit en 1830, par réaction contre la Sainte Alliance qui voulait ramener l’Europe au régime antérieur à 1789, et il eut son année de splendeur en 1848, quand Pie IX lui-même fut libéral. Aussitôt après, commença la décadence.»

«Les négations fascistes du socialisme, de la démocratie, du libéralisme, ne doivent cependant pas faire croire que le fascisme entend ramener le monde à ce qu’il était avant 1789, date qui est considérée comme l’année d’inauguration du siècle démo-libéral. On ne revient pas en arrière. La doctrine fasciste n’a pas choisi de Maistre pour prophète. L’absolutisme monarchique a fait son temps, au même titre que ecciésiolâtrie, que les privilèges féodaux ou les castes fermées à cloisons étanches. L’idée fasciste d’autorité n’a rien à voir avec l’État policier. Un parti qui gouverne une nation « totalitairement » est un fait nouveau dans l’histoire. Les rapprochements et les  comparaisons sont impossibles. Des décombres des doctrines libérales, socialistes, démocratiques, le fascisme extrait les éléments qui ont encore une valeur vitale. Il conserve ce que l’on pourrait appeler les faits acquis de l’histoire, et il rejette tout le reste, c’est-à-dire la conception d’une doctrine bonne pour tous les temps et pour tous les peuples.»

«Un État qui s’appuie sur des millions d’individus qui le reconnaissent, le sentent et sont prêts à le servir, n’est pas l’État tyrannique du seigneur du Moyen-Âge. Il n’a rien de commun avec les États absolutistes d’avant ou d’après 1789. L’individu dans l’État fasciste n’est pas annulé, mais bien plutôt multiplié, de même que dans un régiment un soldat n’est pas diminué, mais multiplié par le nombre de ses compagnons d’armes.»

«Aujourd’hui, j’affirme que le fascisme considéré comme idée, doctrine, réalisation, est universel: italien dans ses institutions particulières, il est universel dans son esprit et il ne saurait en être autrement. L’esprit, par sa nature même, est universel. On peut donc prévoir une Europe fasciste, une Europe qui s’inspire, dans ses institutions, des doctrines, de la pratique du fascisme, c est-à-dire une Europe qui résolve dans un sens fasciste le problème de l’État moderne, de l’État du XX e
siècle, bien différent des États qui existaient avant 1789 ou qui se formèrent ensuite.
Le fascisme répond aujourd’hui à des exigences de caractère universel. Il résout en effet le triple problème des rapports entre l’État et l’individu, entre État et les groupements, entre des groupements quelconques et des groupements organisés ».

«Nous représentons un principe nouveau dans le monde, nous représentons l’antithèse nette, catégorique, définitive de la démocratie, de la ploutocratie, de la maçonnerie, en un mot, de tout le monde des immortels principes de 1789 ».

Benito Mussolini – La doctrine du fascisme.

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«Hitler et la France» de Friedrich Grimm en citations

Document indispensable pour mieux saisir la tête froide, via le contexte géopolitique, les discours sincères du Führer et de ses collaborateurs auquel s’ajoute des partisans Français du rapprochement franco-allemand. Pour une Europe des nations accompagnée de la nécessité d’un organe impérial commun pour la défense consciente de notre civilisation unique et porteuse de l’universel. Des questions qui malgré l’évolution de la situation demeure encore d’actualité tant c’est inscrit dans l’ordre naturel des choses.

Les citations du docteur Grimm sont tirées de l’introduction du livre et touchent au  national-socialisme, à la patrie et son identité, à la question internationale alliée au droit politique légal et à la philosophie naturelle de manière générale ; tels sont en tout cas les maîtres-mots du sujet.

Source PDF : Dr. Friedrich Grimm – Hitler et la France (Paris-Berlin, septembre 1938).

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Hitler et la France :

«Parmi tous les problèmes politiques qui intéressent l’opinion publique en France, il en est un qui paraît particulièrement important, c’est le problème «Hitler et la France». C’est tout naturel. D’abord, parce que c’est l’éternel problème franco-allemand sous son aspect actuel.»

Manifestation de paix :

«Le Führer a réalisé certains buts que le peuple allemand considère comme buts légitimes de sa politique nationale. Mais le Führer, qui connut lui-même les horreurs de la guerre, a toujours repoussé l’idée de guerre et on n’a entendu, de sa part, notamment en ce qui concerne la France, que des manifestations de paix et de rapprochement

Voyageurs Français :

«Ces Français venus en Allemagne ont pu constater un changement profond et général dans la mentalité allemande. Ce changement, que les hommes de Weimar n’avaient pas réussi à réaliser, est dû précisément à l’homme qu’on avait montré au peuple français comme le pire de ses ennemis.»

Ré-armement :

«Oui l’Allemagne a repris ses armements. (…) Toutefois ce réarmement ne devait pas inquiéter l’opinion française. L’Allemagne aspire à l’égalité des forces qui est la seule base raisonnable et solide pour une conversation de peuple à peuple

Terres germaniques :

«Sans doute la plus grande partie des Français avaient compris que la Sarre était une terre allemande, mais la politique officielle, encore trop obsédé par les idées de la politique classique, traditionnelle ou historique, héritage éternel de Richelieu, ne voulait pas admettre que les habitants de la Sarre était des Allemands, animé d’un seul désir : rejoindre la patrie allemande.»

Rapport entre peuples :

«Le problème franco-allemand est devenu un problème de peuple à peuple. Les peuples veulent qu’il soit résolu. Les peuples doivent se décider. Ils cherchent de nouvelles méthodes pour se libérer du passé et gagner l’avenir.»

Contributions à l’apaisement :

«Des hommes courageux ont écrit des ouvrages objectifs sur Hitler et la nouvelle Allemagne ; ils ont réclamé que l’on causât, avec l’Allemagne. Il y a progrès et nous nous en félicitons. Nous avons suivi avec sympathie les manifestations des anciens combattants et du Comité France-Allemagne. Nous avons vu paraître en France des livres compréhensifs comme ceux de Louis Bertrand, de Brinon, de Jules Romains, de Chateaubriant et de bien d’autres. Tout cela sert à une meilleure compréhension. La tâche est si grande, l’œuvre si précieuse.»

Droit européen et non-germanisation des terres :

«Nous avons vu, en effet, réalisé en Allemagne quelque chose de nouveau, une nouvelle forme du nationalisme ou plutôt du patriotisme ; et cette nouvelle forme de nationalisme n’est pas incompatible avec l’idée de la paix et de la coopération européenne. Au contraire, nous croyons que la nouvelle conception que le national-socialisme se fait du peuple et de l’État constitue une garantie pour la paix, parce qu’elle s’incline devant la volonté de faire populations qui n’ont pas le désir de faire partie de la patrie allemande. Le national-socialisme refuse donc par principe de germaniser qui que ce soit. Il ne veut pas faire de prosélytes ou incorporer dans la nation allemande des éléments qui ne sont pas allemands, et qui n’ont pas à eux-mêmes la volonté de vivre dans la communauté du peuple allemand.»

Légalité et universel :

«C’est en maintenant la légalité que Hitler a mené sa lutte ; c’est par la voie de la légalité qu’il est arrivé au pouvoir, c’est légalement aussi qu’il veut obtenir pour le peuple allemand la situation internationale à laquelle il croit avoir droit. Grâce à cette idée de la légalité internationale, nous reconnaissons le droit aux peuples à disposer d’eux-mêmes, nous le reconnaissons pour tous les peuples, sans aucune restriction ni arrière-pensée. Le national-socialisme refuse de s’immiscer dans la vie intérieure des autres peuples. Telle une forme nouvelle du nationalisme, consciente de sa responsabilité devant la famille européenne, n’est-elle pas une solution du problème international conciliant l’idéal du patriotisme national avec l’idée de la «patrie européenne» et même de la «patrie humaine» dont on en tant parlé ? Nous en avons la conviction. Le Führer l’a affirmé devant le Reichstag.»

Respect de la patrie de chacun :

«Le national-socialisme, arrivé au pouvoir en Allemagne en triomphant du marxisme international, n’admet pas l’idée d’un pacifisme international qui nie les nations et s’oppose à l’idée de patrie. Nous avons retrouvé l’idée de patrie. Nous aimons notre pays. Mais nous sommes d’avis que l’amour de notre patrie ne nous empêche pas de respecter ceux qui, ailleurs, sont animés par les mêmes sentiments envers leur propre pays, sentiments d’amour, de dévouement et de fidélité. Nous croyons que, pour être patriote allemand, il n’est point nécessaire de haïr les autres patries. Nous croyons que le bon patriote allemand doit estimer le bon patriote français.  C’est là, à notre avis, le meilleur moyen, pour ne pas dire le seul, de triompher des erreurs d’un passé douloureux qui a si longtemps opposé nos deux peuples. Il faut briser la théorie du « Erbfeind », la théorie de l’ennemi héréditaire. Il ne faut pas que le passé reste toujours comme un mur infranchissable, un abîme qui nous sépare. Il ne faut pas qu’il y ait une « idée fixe », une « politique historique » ou « traditionnelle » restant comme une « loi éternelle », « un dogme intangible », qui se dresse toujours entre nos deux nations. Nous ne croyons pas que les guerres entre nos peuples soient inévitables. Nous sommes convaincus en même temps qu’il est de notre propre  intérêt que les peuples voisins, et notamment le peuple français, soient heureux, prospères, forts et satisfaits. C’est la seule manière d’assurer l’équilibre des États européens, sans lequel il n’est de collaboration et de paix possibles sur notre vieux continent. Mais la réconciliation et le rapprochement de nos deux peuples, condition sine qua non de toute coopération pacifique de l’Europe, ne sont pas l’affaire de partis ou de « Weltanschauung », de mystiques ou de conceptions de politique intérieure. Il s’agit d’un problème à résoudre de peuple à peuple, de nation à nation. Peu importe que les hommes qui entreprennent le rapprochement soient de gauche ou de droite. Ce qui est bon pour un pays ne l’est pas pour l’autre. Nous autres Allemands, nous commettons souvent l’erreur de croire que, dans les autres pays de l’Europe et notamment en France, tout doit se passer comme chez nous. C’est là erreur commune à beaucoup de peuples.»

Grande Europe :

«Le Führer s’est toujours déclaré prêt à toute collaboration européenne. L’Allemagne et l’Europe, ce n’est pas une antithèse. Par la nature même de son nationalisme et par le principe de la légalité, la nouvelle Allemagne donne une double garantie de collaboration internationale. Une troisième garantie est de nature à calmer toutes les craintes : c’est le côté social et même socialiste du mouvement hitlérien. Ce mouvement est composé de deux éléments qui se complètent. National, il est aussi socialiste. Il ne faut pas sous-estimer l’importance du caractère socialiste du mouvement. Hitler est un véritable socialiste. Socialiste, non pas au sens que le marxisme a donné à ce mot, mais dans son véritable sens de représentant du peuple qui travaille. Le peuple qui travaille veut la paix.»

Et la France devant l’entente :

«Nous avons vu avec regret que chaque manifestation de paix du Führer a eu, dans une partie de l’opinion française, un écho qui devait amener une déception en Allemagne. C’était la réaction des apôtres de la méfiance éternelle. Mais il y a eu aussi des voix encourageantes, celles d’anciens combattants français et allemands. Ces hommes qui s’étaient battus les uns contre les autres, il y a vingt ans, avaient cependant appris à s’estimer et à s’apprécier. Bons juges en courage, les uns et les autres honoraient leurs adversaires, rendaient justice, malgré le tumulte affreux des combats, à leur bravoure, à leur esprit de sacrifice, à leur amour de la patrie. Aujourd’hui, ils pensent que deux peuples qui ont tant saigné, tant souffert, qui ont montré tant de vaillance et d’esprit chevaleresque ne doivent plus, ne peuvent plus reprendre les armes pour se ruer les uns sur les autres dans un assaut dément où sombrerait la civilisation occidentale, dans une lutte fratricide de deux peuples proches par le sang et faits mieux que tout autres pour s’aimer et se comprendre. Et ce sont eux qui, de toute leur volonté lucide, crient aujourd’hui : « Luttons pour la paix ! ».»

Pour une paix internationale sans la SDN :

«Nous nous méfions de la Société des Nations; nous nous méfions de ce qu’on appelle la « sécurité collective » et la « paix indivisible ». Nous croyons que la Société des Nations a failli à son rôle, qu’elle est devenue infidèle à la mission pour laquelle Wilson l’avait prévue, c’est-à-dire, constituer un instrument de la paix future. Nous croyons au contraire que la Société des Nations est devenue un instrument destiné à maintenir et à garantir le statu quo de Versailles. Or, Versailles signifie pour nous l’idée de l’humiliation, de la défaite, de l’infériorité et de la discrimination. Il est regrettable que la  Société des Nations soit liée au Traité de Versailles. Il est regrettable que la Société des Nations, en exécution du Traité de Versailles, ait été chargée de fonctions qui nous étaient pénibles et nous rappelaient la défaite. Croyez-vous qu’une discussion à Genève, comme par exemple celle qui se rapporte à Dantzig, nous rende sympathique l’institution de la Société des Nations? C’est pourquoi nous n’en voulons plus. Nous ne refusons pas la collaboration avec tous les peuples dans l’intérêt de la paix, mais nous préférons collaborer directement, en tant que nation souveraine et libre, avec les autres nations libres, sur le pied de l’égalité, sans passer par l’intermédiaire de Genève. Cela correspond à un sentiment général répandu dans toute l’Allemagne. Aussi a-t-on vu Hitler, quand il a abandonné la Société des Nations, recueillir l’approbation unanime de son peuple.»

Droit français ou droit germanique :

«Lors du Congrès international des avocats, à La Haye, en 1932, un grand juriste français, M. Appleton, nous a fait une excellente conférence sur « Gœthe et le droit ». Il nous a montré la différence entre la conception allemande de la fidélité au contrat et la conception plus cartésienne des Français qui respectent plutôt la signature, la lettre, le droit écrit. Il a développé ce thème que Gœthe, représentant la conception germanique du droit, avait été partisan de l’idée du « droit qui est né avec nous >>, du droit véritable, de la justice en opposition au droit des paragraphes qui sont souvent summum jus summa injuria. Mais, a-t-il ajouté, Gœthe a reconnu aussi qu’il faut respecter l’ordre. L’ordre d’abord. Un ordre mauvais vaut mieux que le désordre. (…) Essayons donc de faire mieux, d’organiser une meilleure paix. De la crise de la paix mal faite a surgi le désordre du bolchevisme. Ce désordre menace aujourd’hui l’Europe entière. Mais en Allemagne est né un bloc d’ordre, qui constitue une garantie contre le chaos qui nous menace de l’Est.»

L’entente franco-allemande par les régimes :

Dans un intéressant article paru dans l’Ère nouvelle du 3 mars 1936, M. Paul Bastid déclare: « Les rapports franco-allemands sont plus que jamais à l’ordre du jour. (…) nous avons balancé entre deux systèmes : maintenir éternellement l’Allemagne hors d’état de nuire, ce qui était la conception de Versailles, ou faire confiance à l’esprit pacifique du Reich et l’aider à retrouver sa place dans le concert européen.»

De peuple à peuple :

«Combien en est-il qui aient songé à un rapprochement du peuple français et du peuple allemand, toute question de régime mise à part? » C’est là, en effet, le point principal. Le rapprochement franco-allemand n’est pas une question de régimes : c’est une question qui doit être résolue de peuple à peuple.  Hitler l’a reconnu. Il a compris sa mission européenne. Ses manifestations de paix en sont la preuve. Que le public français les entende et que le terrain soit ainsi préparé pour la paix qui est si nécessaire aux peuples d’Europe !»

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À propos de Mein Kampf :

«Vous voulez que je fasse des rectifications dans mon livre comme un écrivain qui prépare une nouvelle édition de ses œuvres ? Mais je ne suis pas écrivain, je suis un homme politique ! Ma rectification ? Je l’apporte tous les jours dans ma politique extérieure, toute tendue vers l’amitié avec la France ! Si je réussis le rapprochement franco-allemand comme je le veux, ce sera une rectification digne de moi ! Ma rectification je l’écrirai dans le grand Livre de l’Histoire.»

Adolf Hitler dans son entretien à Bertrand de Jouvenel pour Paris-Midi du 21 février 1936.

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Le salut à la romaine ou olympique par Pierre Sidos

Rédigé par Pierre Sidos le 29 mars 2011 :

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La civilisation c’est d’abord la politesse. Tout le monde s’accorde pour dire qu’être poli est la marque d’un civilisé. Être civilisé correspond donc, en premier lieu, à observer les usages du savoir-vivre, d’éducation et de courtoisie. Le salut et les salutations, soit par la parole, l’écrit ou le geste, constituent ainsi les premiers indices de la bienséance, du respect, de la déférence.

Saluer quelqu’un ou quelque chose, c’est rendre hommage à un être, une œuvre, un principe. Parmi les saluts ceux de la tête ou de la main sont les plus courants. Depuis des millénaires, chaque fois qu’un homme s’engage à servir, jure de dire la vérité, promet de tenir parole, affirme son honnêteté, rencontre un ami ou exprime sa gratitude, il lève naturellement le bras droit plus ou moins haut avec la main bien ouverte. Ce signe d’engagement, de bienvenue, d’amitié, est incontestablement le symbole le plus répandu de l’humanité civilisée.

Du légionnaire de Rome au barde celtique, de l’athlète olympique au chevalier médiéval, du fédéré du Champ de Mars au soldat vers le drapeau, du témoin devant le tribunal au sportif sur le stade, le bras droit levé paume de la main visible fut et demeure le geste rituel de l’humanité authentique, de celle qui croit, travaille, lutte et joue franc-jeu.

Quant à l’emploi systématisé de ce geste dans le monde politique contemporain, du début de l’Italie mussolinienne à l’achèvement de l’Espagne franquiste, en France même, il faut savoir que la main ouverte brandie répondait à la main fermée, au poing haineusement tendu, des marxistes de toutes obédiences ; et aussi s’opposait à l’image de la main cachée, qui désigne l’alliance des forces occultes dirigeantes et des puissances du gros argent corrupteur.

La main droite ouverte dressée vers le ciel, reflétant spirituellement l’image du soleil vers la terre, n’est pas un monopole national ou partisan, mais une part du patrimoine indivis de la civilisation. Vouloir réduire son usage à un pays en particulier ou à une seule catégorie idéologique, en prétendant mettre dans le même sac indistinctement tous ceux qui l’on utilisé ou qui le font encore, c’est le but commun intéressé des tenants de la main fermée et de la main cachée, alors que présentée ou tendue la main ouverte a toujours été un signe universel de paix et d’amitié. Pour les Français, le fait est que sous des formes variées, le salut à la romaine ou olympique a été utilisé de la monarchie du roi Saint-Louis à l’État national du maréchal Pétain, y compris dans l’entre-deux grandes guerres du siècle dernier lors de la 8ème olympiade, en 1924 à Paris, et de la 11ème en 1936 à Berlin où toute l’équipe nationale française participante salua unanimement de la sorte la tribune officielle.

Le salut militaire français, par sa présentation de l’intérieur de la main droite, est le témoin persistant de ce geste de sincérité et de droiture.

09 - Le salut à la romaine ou olympique (mars 2011)Amis de Pierre Sidos

Charlemagne – Pierre Sidos

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La statue de Charlemagne accompagné de ses preux, Roland et Olivier, sur le parvis de la cathédrale de Paris; celle qui décore une des places de Liège; celle encore qui se trouve Aix-la-Chapelle; la couronne dite « de Charlemagne » conservée à Vienne, certifient, pour les Français et les Belges, les Allemands et les Autrichiens, aussi les Hollandais et les Danois par d’autres souvenirs, la reconnaissance de leurs racines carolingiennes.

Les Français n’ont jamais cessé de se réclamer de Charlemagne. Leurs rois ont proclamé qu’ils étaient incontestablement dans son lignage; Jeanne d’Arc demandait ensemble de prier Charlemagne pour le salut de la patrie; Napoléon 1er affirmait ressusciter l’empire carolingien; il n’y a pas si longtemps, Charlemagne était le patron des écoliers et lycéens de France, l’Université de Paris célébrait sa fête en grande pompe tous les 28 janvier.

Quant à l’Europe, dont Charlemagne demeure le symbole, il est essentiel de savoir que ses valeurs intellectuelles et spirituelles traditionnelles constituent une façon commune d’être, de croire et de penser, qui est en contradiction totale avec les menées anti-nationales, les théories anti-sociales, les pratiques anti-naturelles de la soi-disant Europe de Maëstricht. Il ne faut pas opposer les deux termes de nation et d’Europe, ni nier l’un par l’autre. Défendre la nation, contre la dissolution du dedans et l’invasion du dehors, c’est le préliminaire indispensable pour préparer une renaissance européenne gardant l’esprit de ce que fut la « renaissance carolingienne » en son temps.

Pierre Sidos, le 28 janvier 1985.

José Antonio Primo de Rivera, chantre de la jeunesse – Pierre Sidos

Nous sommes en janvier 1936, à Paris, rue de Bucarest, dans le Ville arrondissement, où se trouve alors le siège central du Parti Franciste, la «Maison bleue ». Son chef, Marcel Bucard, reçoit José Antonio Primo de Rivera, qui tient à lui remettre son propre insigne de chef de la Phalange espagnole, les cinq flèches et le joug marqué des initiales JONS.

En échange le fondateur du francisme lui offrira son emblème personnel de boutonnière, à l’image de celui qu’arboraient les militants à chemise bleu-ciel, c’est-à-dire la réunion d’un épi de blé, d’une roue dentée, surmonté d’une francisque symbolisant l’union du paysan, de l’ouvrier et du soldat. Rencontre inconnue ou mal connue attestée par un écho signé par la direction de l’hebdomadaire Le Franciste, en septembre 1936, intitulé « hommage émouvant », qui est illustré par la reproduction l’insigne de de la Phalange remis quelques mois auparavant par José Antonio, et dont le texte dit notamment : «Nous sommes, hélas sans nouvelles sur le sort qui lui est réservé (..). À nouveau, sous lui adressons à lui, à ses compagnons, à ses amis (..) l’hommage ému de notre affection et de notre admiration. Nous saluons leurs grands morts, tombés en martyrs au service de leur foi ».

Il convient d’indiquer que la création du francisme est du 29 septembre 1933, que celle de la Phalange est du 29 octobre 1933, soit exactement un mois d’écart, alors que l’année de leur rencontre, en son début, sera suivie de la mise hors la loi de la Phalange en Espagne, au mois de mars, et de celle du Parti Franciste en France, au mois de juin. Ce mois de juin verra le transfert de José Antonio de la prison de Madrid à celle d’Alicante.

L’inspiration fasciste de ces deux mouvements est incontestable et même revendiquée par eux particulièrement, hormis parfois pour des problèmes d’opportunité psychologique ou juridique.

Ce fascisme-là associant le social et le national, conciliant l’État et la religion, alliant la politique et l’esthétique, rassemblera une jeunesse ardente, d’accord pour répudier la loi du nombre, le règne de l’argent, l’idéologie du progrès.

C’était une conception sociale hiérarchique, favorable à l’enracinement et à l’unanimité, hostile à la subversion et à l’inversion. Elle visait à établir dans les différents pays d’Europe une forme de gouvernement sans précédent, bien qu’étant au fond l’expression renouvelée d’un pouvoir temporel chrétien non clérical.

A priori, le style de vie préconisé requérait de la part de ses adeptes, francistes en France et phalangistes en Espagne, un grand dévouement, une parfaite probité, une indiscutable compétence, en plus d’un ardent patriotisme national et un souci constant d’équité sociale.

La profonde originalité de José Antonio, vis-à-vis des différents mouvements européens de même inspiration et de leurs dirigeants de l’entre-deux guerres, c’est le mélange d’extrême rigueur doctrinal et de poésie, qui caractérise sa pensée et son action, lui assurant une survivance, car la poésie est peut-être plus accessible que le raisonnement systématique, lequel ne peut se suffire à lui-même, provoquant l’apostrophe de Maurice Barrès dans une correspondance à Charles Maurras : «Je crains que vous ne formiez de durs petits esprits ».

Il faut de la splendeur à la vérité, des hauts lieux symboliques, des points de ferveur, un certain lyrisme, même parfois un «pessimisme enthousiaste» selon la formule phalangiste, qui déroge certes de la mise en équation des programmes et autres catalogues des partis de droite comme de gauche, ou autres cercles « intellos ».

Lorsque José Antonio parlait au Théâtre de la Comédie, à Madrid, pour la fondation de la Phalange, d’un «mouvement poétique », ce n’était pas un effet de style oratoire. Il tenait à ce que le mouvement répondît à certains critères esthétiques, répudiant tout penchant pour l’abstraction. José Antonio avait une profonde antipathie pour ceux des hommes politiques qui, ne comprenant que les chiffres, jamais ne comprennent un poème.

Par ses écrits, ses discours, par les exemples qu’il a donnés dans sa vie privée et publique, il a réussi à magnifier la politique en mystique. Et cette mystique, qui est de la poésie en action, a auréolé ses disciples et pérennisé ses idées.

José Antonio est le chantre de la jeunesse de l’Europe, de l’Europe qui, pour lui et pour nous, n’est pas seulement un continent, mais une civilisation commune, constituée et portée par des nations historiques, chacune étant une unité de destin particulier dans l’universel.

Chantre par extension signifie poète, ainsi le chantre d’Achille, c’est Homère.

Il n’est question aujourd’hui que du réchauffement de la planète alors que par la domination des chiffres sur les lettres c’est plutôt de la glacification de l’humanité qu’on a tout à craindre.

José Antonio, fusillé le 20 novembre 1936, n’est pas mort. La preuve, c’est qu’à l’évocation de son nom, il est répondu « Présent ! ». Certes, enterré sommairement après sa mise à mort, il fut inhumé dans un mausolée à Alicante, puis, après la translation solennelle de ses cendres de la côte méditerranéenne au monastère-nécropole des souverains d’Espagne, à l’Escurial, aux environs de Madrid. Il trouva enfin sa sépulture définitive au pied du maître-autel de la basilique de la Vallée de los Caïdos, en 1959, lors de l’inauguration de cette œuvre souterraine grandiose qui exigea l’extraction de quatre cents millions de mètres cubes de rocher et dont la partie extérieure est dominée par une croix gigantesque de cent-cinquante mètres de hauteur.

L’hymne de la phalange : Cara al sol (Face au soleil)

« La Baleine qui rie» était un café littéraire situé dans le sous-sol du café de Lyon, rue d’Alcala, en face de la porte monumentale, à Madrid.

À partir du moment où José Antonio fréquente le lieu, il devient le conservatoire académique de la Phalange, s’activant très tard dans la nuit.

« Et l’hymne ? » s’écriait José Antonio toutes les nuits qu’il se rendait à « La Baleine qui rie ».

Quand avons-nous un hymne ? Il en rêvait chaque heure du jour. Et il expliquait à ses camarades réunis le soir : « Ce doit être une chanson d’amour et de guerre. Le phalangiste dit adieu en pleine clarté, à la femme qu’il aime, il s’en va avec la chemise bleue quelle lui a brodée pour le combat. Il pense à la mort gaiement, car le phalangiste ne meurt jamais ; car le phalangiste tombé reparaît à la place d’honneur, qui est au ciel pour les braves. Là-haut il montera sa garde, auprès de ceux qui sont tombés comme lui, ou qui tomberont encore, et il assistera, extatique, au glorieux labeur des siens. Il part pour la guerre et porte dans son âme la plus sûre des prophéties : le retour des couleurs victorieuses dans le printemps splendide qu’attend notre terre espagnole, qu’attendent le vent et la mer (…). S’il revient, les cinq flèches rouges de sa poitrine auront fleuri en cinq roses pour son aimée : la rose de la Foi, la rose du Sacrifice, la rose de la Vaillance, la ose de la Paix et la rose de l’Espagne. Il faut que ce soit une chanson de guerre et d’amour, notre chanson. Mais aussi une ballade le l’adieu, après lequel les uns reviendront et les autres présenteront les armes au mystère ».

C’est exactement l’hymne qui fut réalisé. Sans connaître précisément l’auteur.

La musique est attribuée à Juan Telleria, les paroles entre autres Augustin de Foxa, José Maria Alfaro, Jacinto Miquelarena, mais l’âme de la chanson, la mélodie et la poésie sont de José Antonio, avec pour titre Cara al Sol: « Face au soleil ».

Le soleil, symbole de la vie, de la chaleur, du jour, de la lumière, de l’autorité et de tout ce qui rayonne.

Phébus était pour les Latins le surnom d’Apollon, dieu soleil. Dans les textes celtiques, le soleil sert à caractériser tout ce qui est beau, aimable, splendide.

Pour l’Écriture sainte : « le soleil de justice », c’est Dieu et plus particulièrement Jésus-Christ.

Lors de la période contemporaine, son adaptation stylisée, appliquée au domaine politique porte le nom de croix celtique.

Les paroles du Cara al sol évoquent et mettent en mémoire celles du chant de l’amour et de la mort du cornette Christophe Rilke, qui combattit les Turcs envahisseurs de l’Europe au XVIIe siècle, et pour qui son descendant Rainer Maria Rilke écrivit, au début du XXe siècle, un récit où il lui fait dire : «Ma bonne mère, soyez fière, je porte le drapeau. Aimez-moi bien, je porte le drapeau… ».

À noter également, dans le même registre, les paroles du poème Le cœur du Hialmar, de Leconte de Lisle, narration de la mort d’un jeune guerrier scandinave des temps anciens, demandant à un oiseau sacré de percer sa poitrine, d’y prendre son cœur pour le porter à sa fiancée :

«Moi, je meurs. Mon esprit coule par vingt blessures.

J’ai fait mon temps. Buvez, ô loups mon sang vermeil.

Jeune, brave, riant, libre et sans flétrissures,

Je vais m’asseoir parmi les dieux, dans le soleil ! »

L’on voit la concordance de la pensée josé-antonienne avec des exemples pris dans la poésie héroïque européenne.

Cara al sol est né en décembre 1935, peu de temps avant les événements décisifs au cours desquels il connut une notoriété fulgurante et bienfaisante dans le camp nationaliste.

Maintenant, je tiens à révéler un fait peu connu du cheminement de la quête de poésie de la mystique josé-antonienne en Europe.

Moins d’une dizaine d’années après l’apparition du Cara al sol, à la suite de la Seconde guerre mondiale, deux mille jeunes nationalistes français étaient concentrés comme prisonniers politiques au camp du Struthof, en Alsace, près de Strasbourg.

J’étais l’un d’entre eux. Affamés et transis, sans nouvelles de l’extérieur, presque sans possibilités de lecture, certains trouvèrent une échappatoire, qu’ils communiquèrent aux autres, dans l’évocation de la guerre d’Espagne, en rappelant que Robert Brasillach avait justement écrit dans les Sept couleurs : « Les hommes de ce temps auront trouvé en Espagne le lieu de toutes les audaces, de toutes les grandeurs et de toutes les espérances ». Sur l’air du Cara al sol, ils avaient imaginé des paroles en langue française, auxquelles ils donnèrent le titre de Chanson de José Antonio, hymne de la jeunesse européenne, dont je vous livre la conclusion à l’occasion de ce centenaire du chantre de la jeunesse européenne : «En avant, compagnons d’infortune, la Patrie par nous restera Une. Le drapeau que nous servons, sortira de son oubli, et quand le printemps refleurira, il flottera épanoui ».

Pierre Sidos

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Tiré du livre « Présence de José-Antonio 1903-2013 », édité par Synthèse Nationale. Avec la participation entre autre de Jérôme Bourbon (Rivarol), d’Olivier Grimaldi (Cercle Franco-Hispanique) et de Jean-Claude Valla (écrivain)…

Via laflamme

Découvrir en résumé l’histoire de l’Espagne

Lors de l’antiquité ce sont des populations celtes et romaines qui se trouvent sur ce sol, pour ensuite laisser place aux wisigoths comme dans le sud-ouest français (en tout cas en jouant le rôle de nouvelle aristocratie). Le moyen âge est marqué par la Reconquista partant du royaume castillan. Le Siècle d’Or de l’Espagne est le moment de la Renaissance où l’Europe était dominée par cette nation notamment par sa diffusion culturelle et économique (XVI et XVII siècle), faisant suite à l’Inquisition et aux Conquistadors. Après la période réactionnaire franquiste, la Movida elle, désigne une période qui nous plaît beaucoup moins de part son influence démocratique, comble du comble, étant exercé par un roi contemporain (Juan Carlos).

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«Celte, romaine, puis wisigothique, musulmane et chrétienne, théâtre de l’Inquisition, première puissance coloniale du monde à la Renaissance, patrie du Cid, de Cervantès, de la corrida et de la movida, l’Espagne est le berceau d’une histoire d’une extraordinaire richesse. Ce pays si voisin du nôtre et apparemment si familier a connu un destin singulier en Europe. La présence prolongée de l’islam en son cœur, la force séculaire des identités régionales, la forme sombre et exclusive que le catholicisme y a prise à la fin du Moyen Âge, l’incapacité de la monarchie à se réformer, la guerre civile qui s’étend du début du XIXe siècle jusqu’à ce que nous appelons la guerre d’Espagne, la transition démocratique imposée de manière quasi autoritaire par le roi Juan Carlos à partir de 1975 : autant de traits qui ont modelé l’Espagne et que ce livre explore en compagnie des meilleurs spécialistes, français et espagnols.»

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L’idée d’écrire une nouvelle histoire de l’Espagne après les ouvrages encore récents et par bien des côtés indépassables de Joseph Pérez ou Bartolomé Bennassar – pour ne citer que deux grands hispanistes Français – n’a pas obéi à la vaine prétention d’enrichir leurs recherches. Elle a répondu au besoin d’approfondir ma propre curiosité en tentant de démêler ce que cette histoire, encore sujette à nombre d’interrogations, avait de plus singulier et de plus attachant. De même que l’on avance pas à pas, au fil du temps, d’une découverte l’autre, je l’ai conçue comme un récit strictement chronologique ouvert à un large public et allégé des digressions thématiques qui rompent souvent le rythme de son parcours.
Comme toujours, ainsi que le disait Pierre Vilar, il est moins important de connaître tous les détails de l’Histoire que de donner à entendre le pourquoi et le comment de qui s’est vraiment passé. Et au besoin de lui chercher un sens, bien qu’une telle approche, quand elle se veut idéologique, comporte aussi des risques qu’il convient d’éviter…
À lire les ouvrages de mes devanciers, je me suis en effet aperçu que leurs propres travaux les laissaient souvent sur leur faim, qu’ils éprouvaient encore le besoin de faire comprendre d’une manière plus simple et précise ce qu’ils n’avaient pu résumer ou suffisamment clarifier. C’est une des caractéristiques de l’histoire de l’Espagne que de laisser toujours des zones d’ombre à explorer et donc à expliquer.
En témoignent, par exemple, ce brillant essai de Joseph Pérez, Entender la Historia de España, la seconde partie de la biographie de Franco par Bartolomé Bennassar intitulée elle aussi «Comprendre» ou encore le dernier ouvrage de synthèse de l’hispaniste américain Stanley Payne titré La Guerre civile. L’histoire face à la confusion mémorielle. Tous auront cherché, à l’exemple des penseurs espagnols eux-mêmes – de Ganivet à Ortega, de Marañon à Madariaga, sans oublier Unamuno – à approfondir leur réflexion intime sur l’histoire de ce pays pour en transmettre une quintessence, comme s’il s’agissait d’une énigme encore mal résolue : celle que l’historien espagnol Claudio Sanchez Albornoz résumait dans son maître-livre : «España, un enigme historico».
Beaucoup de mythes assortis de préjugés tenaces encombrent encore cette histoire, et c’est bien ce qui la rend «différente», voire moins déchiffrable qu’aucune autre. Les Espagnols, en déclinant de manière récurrente le thème de la décadence, y ont ajouté longtemps, et non sans complaisance, l’aura romantique d’un destin singulier, en marge de l’Europe. Mais ce n’était le plus souvent que le reflet du miroir que l’étranger leur tendait et qui occultait ses propres responsabilités à leur égard.
La singularité espagnole commence certes à se manifester dans la longue durée de la Reconquête de l’Espagne musulmane, prolongée avec la prise de Grenade jusqu’à l’aube des Temps modernes. Mais elle est surtout marquée par une succession d’accidents historiques qui rompent son évolution vers un État-nation d’une manière le plus souvent brutale et durable. La première de ces ruptures est sans nul doute celle qui la prive d’une dynastie nationale à la mort des Rois Catholiques et l’intègre, avec Charles Quint, à un projet impérial qui ne cessera de l’épuiser tout en lui faisant payer son hégémonie en Europe et sa colonisation du monde d’une «légende noire» aussi injuste que persistante. La seconde intervient avec le déclin de la puissance espagnole en 1648. Mais la plus grave sans doute est celle qui, à la fin du XVIIIe siècle, brise l’élan qu’avait imprimé à l’Espagne le règne éclairé de Charles III de Bourbon sous l’effet de la Révolution française puis de l’invasion napoléonienne. Une quatrième rupture coïncide avec la perte de ses dernières colonies en 1898. La dernière, enfin, au terme d’un XIXe siècle chaotique et d’un début du XXe qui n’auront résolu, malgré des moments plus heureux, aucun de ses problèmes sociaux, sera marquée par cette Guerre civile où toutes les maladies idéologies de l’époque allaient trouver un champ propice à leur affrontement.

Présentation de l’éditeur

De la Reconquête à nos jours, l’Espagne offre le visage fascinant mais souvent énigmatique d’un pays au destin singulier où de brusques ruptures alternent avec des réveils d’une surprenante vitalité. Ses passions ne cessent d’interroger les nôtres.

Cette nouvelle histoire de l’Espagne se propose de restituer le rythme clair et soutenu d’un vrai «récit national» – genre trop injustement dédaigné par l’historiographie moderne – et de permettre ainsi de la mieux comprendre. Cette histoire, telle qu’on la perçoit généralement, victime de sa «légende noire» depuis l’Inquisition et la colonisation des Amériques, oscillant entre une fascination pour son Siècle d’or et un injuste mépris pour son siècle des Lumières, reste encombrée de bien d’autres clichés ou vues manichéennes sur sa Seconde République, la Guerre civile et le franquisme. Ils nous cachent une réalité plus complexe : celle d’une nation profondément vivante, mais contrariée par les vicissitudes d’un État trop souvent impuissant à fédérer ses potentialités.
Le but de cet ouvrage, ouvert sur l’avenir de ce grand pays flagellé aujourd’hui par la crise économique et menacé dans son unité, est de montrer, par les plus larges vues, combien passé et présent s’éclairent mutuellement.

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«Philippe Nourry connaît très bien l’Espagne. Il a beaucoup contribué à dissiper des malentendus, à rectifier des erreurs de jugements et à dresser du pays voisin un portait exact et néanmoins sans complaisance… Le résultat est un grand livre.»

Joseph Pérez

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Journaliste et écrivain (lauréat du prix Albert-Londres 1970 et de celui de la Fondation «Diario Madrid» 2010), Philippe NOURRY est notamment l’auteur de Franco, la conquête du pouvoir (1975), du Roman de Madrid (2008) et de Juan Carlos (Tallandier, 2011).

Préface de Joseph Pérez, ancien directeur de la Casa Velasquez.

SOURCE