L’abbé Belmont sur deux sujets-clefs distincts : mystère lumineux de «Jean-Paul II» et le Ralliement de Léon XIII

Le rosaire qui contient la récitation de 150 Ave Maria, fait référence aux 150 psaumes du Roi David dans l’Ancien Testament. Ainsi, l’ajout des «mystère lumineux» vient aussi perturber la référence et le rythme du rosaire.

« Profanation de la dévotion mariale » (Abbé Belmont) :

On fait valoir, au crédit de Jean-Paul II et de son autorité pontificale, la dévotion mariale qu’il a manifestée pendant sa présence sur le siège romain.

Certes, la dévotion mariale est une pièce essentielle de la vie chrétienne. Mais la mesure la dévotion à la sainte Vierge Marie n’a pas de portée réelle quant à la question du Siège apostolique, ni dans un sens ni dans l’autre.

Il peut toutefois être instructif d’aller rendre visite l’acte marial le plus net de Jean-Paul II – sa Lettre apostolique du 16 octobre 2002 Rosarium Virginis Mariæ – et de se pencher rapidement sur ce document dont on a surtout retenu qu’il introduit une nouvelle série de mystères du rosaire, les mystères « lumineux ».

Cette introduction des mystères lumineux provient d’un dessein bien précis : « donner une consistance nettement plus christologique au rosaire » [§ 19]. Tout au long de l’encyclique, sonne comme une sorte de basse continue cette constante préoccupation : il faut recentrer le Rosaire sur Jésus-Christ [§§ 1, 4, passim]. Par le fait même, est partout présente, sans être explicitement énoncée, la crainte que la contemplation de la sainte Vierge Marie ne détourne de Notre-Seigneur. Cette crainte donne une saveur très froide et très amère à toute l’encyclique, et met vraiment mal à l’aise.

C’est ainsi que Jean-Paul II diffuse un refus que la très sainte Vierge Marie soit aimée pour elle-même, priée pour elle-même, contemplée en elle-même. À la lecture, même bienveillante, c’est vraiment ce qui apparaît comme le plus caractéristique, comme le plus présent, le plus constant : il n’est pas question que la sainte Vierge Marie soit un objet de prière et de contemplation, elle n’en est qu’un moyen.

Cette froideur empoisonne tout le texte. Son résultat est de conduire à un point précis : le culte de l’homme. Il faut recentrer le Rosaire sur le Christ, parce que le Christ conduit à l’homme : voilà le mouvement profond de l’encyclique, voilà le Rosaire embarqué dans la religion de Vatican II.

Pour s’en convaincre, il suffit de lire le § 25 :

« À la lumière des réflexions faites jusqu’ici sur les mystères du Christ, il n’est pas difficile d’approfondir l’implication anthropologique du Rosaire, une implication plus radicale qu’il n’y paraît à première vue. Celui qui se met à contempler le Christ en faisant mémoire des étapes de sa vie ne peut pas ne pas découvrir aussi en lui la vérité sur l’homme. C’est la grande affirmation du concile Vatican II, dont j’ai si souvent fait l’objet de mon magistère depuis l’encyclique Redemptor hominis : “En réalité, le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné.” Le Rosaire aide à s’ouvrir à cette lumière. En suivant le chemin du Christ, en qui le chemin de l’homme est “récapitulé”, dévoilé et racheté, le croyant se place face à l’image de l’homme véritable. »

On comprend facilement qu’ainsi centré sur l’homme, le Rosaire devienne un auxiliaire de l’œcuménisme [§ 4] ; on comprend que si Jean-Paul II affirme que le Rosaire est au service de la paix [§§ 6, 40] jamais il n’évoque la victoire des forces et des armées chrétiennes (ce qui est pourtant la plus glorieuse histoire du Rosaire, de la lutte contre les Albigeois à celle contre l’Islam). Comment la paix ainsi désirée serait-elle dès lors la vraie paix, celle que le monde ne peut donner, celle qui est le règne de Jésus-Christ ?

Au bout du compte, ce n’est pas la très sainte Vierge Marie qui est glorifiée ; ce n’est pas elle que le peuple chrétien est exhorté à aimer, à imiter, à contempler, à prier. Tout conduit à l’homme, objet ultime de la religion conciliaire. Anathema sit.

Il appert, si on en suit attentivement le mouvement, que l’encyclique revient à déposséder la très sainte Vierge Marie de la prière du Rosaire ; et au bout du compte, cette dépossession n’est pas au profit de Notre-Seigneur Jésus-Christ (comme si Notre-Seigneur pouvait être glorifié qu’on dépouille sa Mère !) mais au profit de l’homme (au « profit » de sa révolte et de sa perte).

La dévotion mariale de Jean-Paul II, quelque sincère et profonde qu’on la suppose, est donc fortement marquée par cette pseudo-religion qui colonise les structures de notre bien-aimée Église catholique. C’est un fait indéniable.

Retenons-en la leçon inverse : une vraie dévotion à Notre-Dame – dévotion filiale, tendre, aimante, emplie du désir de l’imiter en tout – préserve de la fausse religion qui prévaut partout, et de la fausse autorité qui prétend l’imposer.

SOURCE

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Un pape bénéficie de l’infaillibilité en matière de foi et de mœurs (soutenir le contraire c’est se faire  gallican ou protestant sur le sujet) et non en terme purement pratique et politique. Cependant dans son gouvernement en matière de morale ceci permet des directives en ce sens, celles-ci n’ont d’ailleurs pas été intrinsèquement mauvaises en soi ; avec le recul et en tenant compte du contexte nous pouvons estimer qu’il y a eut un échec politique et sociologique dû aux conseillers du pape et surtout à l’inactivité des catholiques français.

L’autorité pontificale, à propos du Ralliement (Abbé Belmont) :

L’autorité pontificale est d’essence surnaturelle : elle est directement communiquée par Jésus-Christ à l’élu du Conclave, elle est constituée par l’assistance divine, par l’« être avec » Jésus-Christ annoncé par Notre-Seigneur à ses Apôtres (Matth. XXVIII, 21) : « Voici que je suisavec vous tous les jours jusqu’à la consommation du siècle. »

Cette assistance divine s’exerce d’une double façon :
1°/ Absolument dans l’exercice plénier du pouvoir pontifical, dont l’infaillibilité est alors strictement garantie en chaque cas :

– Magistère soit solennel ou locutionex cathedra, soit ordinaire et universel, enseignant une vérité comme révélée par Dieu directement ou indirectement, ou enseignant une vérité d’ordre naturel nécessaire à la garde du dépôt de la foi, ou condamnant une erreur, ou affirmant un fait dogmatique, ou certifiant la loi morale ;
– constitution des rites sacramentels (infaillibilité quant à la conformité à la foi catholique et quant à l’efficacité de grâce) ;
– promulgation des lois générales de l’Église (infaillibilité pratique qui garantit que la loi n’est ni mauvaise, ni nocive, ni insupportable ; autrement dit, qui garantit que celui qui s’y conforme est [en cela] dans la voie du salut éternel) ;
– approbation définitive des ordres religieux.

2°/ Habituellement, dans la conduite quotidienne de l’Église, de telle sorte qu’est vraie l’assertion de Pie XII dans Mystici Corporis : « Le divin Rédempteur gouverne son Corps mystique visiblement et ordinairement par son Vicaire sur la terre. »

Il n’est donc pas impossible qu’en dehors des cas où l’assistance divine s’exerce de façon absolue il y ait défaillance du souverain Pontife (bien évidemment, s’il arrivait une défaillance de ce genre, celle-ci n’est pas imputable à l’assistance du Saint-Esprit).
Selon les notions, une défaillance ponctuelle du Pape ne s’oppose pas formellement à l’assistance habituelle du Saint-Esprit, et ne la remet pas en cause (il en serait tout autrement d’une défaillance durable).
Cela n’est pas impossible. Mais cela est-il arrivé ? et de quelle manière ? Sujet bien difficile.

Le problème du « Ralliement » que d’aucuns soulèvent pourrait être un de ces cas. S’il en était ainsi, il ne faudrait pas affirmer trop vite que cette défaillance dispenserait de l’obéissance : il n’y a pas de lien nécessaire entre infaillibilité et obéissance, sinon c’en serait fait de toute autorité.

Pour ma part cependant, je ne crois pas que le « Ralliement » soit une défaillance de ce genre. En effet, l’enseignement de Léon XIII dans ses encycliques Au milieu des sollicitudes et Notre consolation est irréprochable. Je trouve les écrits de Robert Havard de La Montagne (Étude sur le ralliement, librairie de l’Action Française, 1926) et de Jean Madiran (On ne se moque pas de Dieu, NEL 1957, pp. 91-119) fort éclairants.
L’objet de l’intervention de Léon XIII est un appel au combat et le rappel des priorités à observer parmi les catholiques : il faut donner la première place à la lutte contre la législation perverse, avant les querelles politiques sur le régime.
S’il y a eu erreur de Léon XIII, c’est une erreur de fait : illusion sur l’esprit de foi des catholiques français d’une part, méconnaissance de la raison profonde de leur division d’autre part – et peut-être aussi méprise sur la malice de la politique de la république et la méchanceté des républicains.

L’opposition entre les catholiques de différentes tendances tenait beaucoup plus fondamentalement à la question du libéralisme qu’à la question du régime politique. Le résultat de l’intervention de Léon XIII fut le triomphe du libéralisme ; en effet, c’est l’interprétation libérale du « Ralliement » qui prévalut partout : chez les libéraux qui ont escamoté l’appel au combat ; chez leurs adversaires qui ont rejeté d’un même geste l’interprétation libérale (à raison) et l’enseignement de Léon XIII (à tort). Le bilan est catastrophique, mais je ne crois pas qu’on puisse l’attribuer à Léon XIII – certainement pas à sa doctrine en tous les cas.

De toutes les manières, ce qu’on a nommé le Ralliement (le mot ne se trouve pas chez Léon XIII) ne saurait être un prétexte pour diminuer l’Autorité pontificale, pour borner son champ d’application, pour restreindre son infaillibilité, pour se soustraire à l’obéissance.

SOURCE

À voir, sur un sujet apparenté :
– Deux lettres de Léon XIII
– Léon XIII et saint Thomas d’Aquin

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Juste rationalité catholique contre judaïsme, protestantisme et islam – Joseph Merel

La religion catholique appuyée de la civilisation gréco-romaine est la seule qui laisse sa juste place à la nature, réglant seule, le conflit existant entre philosophie et théologie.
«C’est avec le catholicisme seul qu’est conjuré le conflit entre philosophie et religion. (…)
Le judaïsme est un légalisme moral, l’effet d’un contrat synallagmatique passé entre Dieu et l’homme visant un intérêt pratique à toute distance d’une promesse de béatitude spéculative déiformante qui lui est indifférente, ce qui explique qu’il n’y ait pas de philosophie du judaïsme, fors cette gnose satanique empruntée par les Juifs antichrétiens (en cela infidèles jusqu’à l’égard de leur propre héritage, celui de la Thorah) au marcionisme antijuif et adaptée à leur volonté de puissance rancunière, laquelle gnose est irrationnelle (c’est l’homme qui se déifie en sauvant Dieu – par l’acte de réparer ses bévues et son impéritie initiales – de sa pénurie ontologique promitive). Le Dieu de l’Islam est puissance et volonté pures, créature des vérités éternelles par la ravalées au rang de réalités contingentes (là contre, le thomisme enseigne que Dieu crée les existences, mais non point les essences), et de ce fait anti-intellectualiste par excellence : on ne saurait là être surnaturellement déiformé par la connaissance et l’amour, on est rivé pour l’éternité à sa finitude dans la jouissance humaine infra-humaine de biens sensibles (le «paradis» d’Allah). Et le protestantisme revendique le mépris de la raison : «perdre la raison pour gagner Dieu, c’est l’acte même de croire» (Kierkegaard), la raison est prostituée du Diable (Luther). (…)
Le protestantisme, le judaïsme et l’islam sont irrationnels, intentionnellement soustraits aux réquisits de la raison. Par voie de conséquence obligée, le protestantisme développera spontanément les vertus pratiques de la raison au détriment de sa vocation spéculative, ses capacités techniciennes et marchandes, d’où la genèse de l’esprit libéral. Le judaïsme et l’islam ont ne commun de nier la Trinité, par là d’exclure que Dieu puisse s’incarner, se faire le Médiateur entre Lui-même et l’homme. Or le concept de religion exige, comme on l’a vu, que Dieu se fasse religion pour qu’il y ait religion révélée indubitable.»
Pour une contre-révolution révolutionnaire par Joseph Merel (auteur NS) – Pages 39 à 42.
Voilà des passages de son livre dotés d’une réfutation magistrale de ces fausses religions qui détruisent toute raison en la rendant mauvaise par essence.

Les réponses du Sodalitium sur l’infaillibilité, le pape, Vatican I au milieu de «Tradition»

Un condensé résumé renvoyant vers de bons articles du Sodalitium qui répondent essentiellement à des points de la doctrine catholique souvent mal comprise, méconnue, ou laissant indifférent le propre camp de la Tradition. À commencer par les lefebvristes faibillistes (un pape pourrait errer contre l’infaillibilité pontificale) par rapport à l’autorité enseignante  dans l’Église.

L’Importance du Pape dans la foi catholique et pour le salut :

Sur l’importance du Pape dans la foi catholique et pour le salut : contrairement à ce qu’enseigne la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, il est inconcevable pour un catholique de désobéir au Pape. Voici un extrait de l’article de réponse à la Tradizione Cattolica de novembre 2003.

Ci-dessous un passage de l’article “Réponse au numéro spécial de La Tradizione cattolica sur le sédévacantisme”, de l’abbé Francesco Ricossa, extrait de sodalitium n°55 de novembre 2003. Pour mieux comprendre l’articulation des arguments, mais aussi pour une mise en page en facilitant la lecture, nous renvoyons le lecteur intéressé à l’article entier.


Nous présentons aux lecteurs français la réponse à une étude contre le sédévacantisme parue en italien [dans la revue de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X qui s’appelle la Tradizione Cattolica] au début de l’année 2003.
La plupart d’entre eux ne liront probablement jamais l’étude que nous réfutons. Cependant, les arguments que nous présentons étant susceptibles d’intéresser tous les catholiques, il nous a paru intéressant de les publier.

La position prudentielle de la FSSPX :

Sur la prétendue postion “prudentielle” de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X sur la “question du pape” : un prudence qui consiste à changer de position… et à changer de position pour des motifs humains plus que doctrinaux. Voici un extrait de l’article de réponse à la Tradizione Cattolica de novembre 2003.

Ci-dessous un passage de l’article “Réponse au numéro spécial de La Tradizione cattolica sur le sédévacantisme”, de l’abbé Francesco Ricossa, extrait de sodalitium n°55 de novembre 2003. Pour mieux comprendre l’articulation des arguments, mais aussi pour une mise en page en facilitant la lecture, nous renvoyons le lecteur intéressé à l’article entier.

L’Infaillibilité de l’Église :

Nous croyons que Notre-Seigneur Jésus-Christ est le Messie attendu, venu pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, consoler les affligés, annoncer la liberté aux prisonniers, rendre la liberté aux opprimés (Luc IV, 18) : qui croit en Lui connaîtra la vérité qui donne la vraie liberté (Jn VIII, 31-32), mais qui ne croira pas sera condamné (1). Voilà en résumé la mission que Notre-Seigneur avait reçue du Père (2), et à plusieurs reprises, Il exigera la foi en Son enseignement (3). C’est pourquoi Il a accepté d’être appelé Maître (4), et Il a même souligné qu’Il est le seul vrai Maître (5) qui non seulement enseigne la vérité mais est la Vérité (Jn XIV, 6). Les autres enseignants méritent le titre de maître dans la mesure où ils participent à Sa vérité : Notre-Seigneur, au contraire, enseigne comme celui qui a l’autorité (Mc I, 22).

La mission que Notre-Seigneur a exercée, Il l’a communiquée entièrement à ses Apôtres. Il a institué Lui-même le Collège des Apôtres : après avoir passé une nuit en prières, Il choisit les Douze et leur donna le nom d’“Apôtres” (c’est-à-dire envoyés). Pendant toute Sa vie publique, Il les a instruits et préparés à la mission qu’ils devaient recevoir. Enfin Il leur confia la même mission qu’Il avait exercée sur la terre

Déclaration de l’Institut Mater Boni Consilii sur les sacres du 30 juin 1988

Sur les sacres de 1988 et le protocole d’accord que Mgr Lefebvre a signé avec le cardinal Ratzinger. On y voit ce que Mgr Lefebvre a accepté de signer, avant de se rétracter le lendemain, notamment la validité de tous les nouveaux sacrements. Sa rétractation a été justifiée pour des motifs pratiques, mais non pas doctrinaux, ni en mai, ni le 30 juin 1988…

Voici 2 articles extraits de Sod. n°17 version française d’octobre 1988 :

  • Déclaration de l’Institut Mater Boni Consilii sur les sacres accomplis par Mgr Lefebvre le 30 juin 1988,
  • Une histoire à écrire, avec deux documents (deux lettres de Mgr Lefebvre).

(…)

Moi, Marcel Lefebvre, archevêque émérite de Tulle, ainsi que les membres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X par moi fondée :

  1. Nous promettons d’être toujours fidèles à l’Église catholique et au Pontife romain, son pasteur suprême, vicaire du Christ, successeur du bienheureux Pierre dans sa primauté et chef du corps des évêques.
  2. Nous déclarons accepter la doctrine contenue dans le numéro 25 de la Constitution dogmatique Lumen Gentium du Concile Vatican II sur le Magistère ecclésiastique et l’adhésion qui lui est due.
  3. À propos de certains points enseignés par le Concile Vatican II ou concernant les réformes postérieures de la liturgie et du droit, et qui nous paraissent difficilement conciliables avec la Tradition, nous nous engageons à avoir une attitude positive d’étude et de communication avec le Siège apostolique, en évitant toute polémique.
  4. Nous déclarons, en outre, reconnaître la validité du Sacrifice de la Messe et des sacrements célébrés avec l’intention de faire ce que fait l’Église et selon les rites indiqués dans les éditions typiques du Missel et des Rituels des sacrements promulgués par les Papes Paul VI et Jean-Paul II.
  5. Enfin, nous promettons de respecter la discipline commune de l’Église et les lois ecclésiastiques, spécialement celles contenues dans le Code de droit canonique promulgué par le Pape Jean-Paul II, restant sauve la discipline spéciale concédée à la Fraternité par une loi particulière.

La rupture entre Mgr Lefebvre et le Père Guérard des Lauriers après la lettre à Jean-Paul II (Noël 1978)

Vous trouvez successivement:

L’Historique du mouvement “traditionaliste”

Sur l’historique du mouvement “traditionaliste” (1960-1990): ce mouvement d’opposition au concile Vatican II a envisagé dès le début la possibilité de la vacance du Siège, donc cette position doctrinale n’est pas d’apparition tardive. Au contraire, c’est la position de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X qui est plutôt d’apparition tardive, qui a détourné à elle le mouvement “traditionaliste” et qui a marginalisé les défenseurs de la vacance du Siège. Lisez et relisez ces lignes pour faire œuvre d’histoire, œuvre de vérité. Faites-les lire à la jeune génération et à tous ceux qui ont oublié ces premières années de combat pour la foi. L’histoire est maîtresse de vie !

Mgr Williamson contre le Concile Vatican… I!

Majeure: le Pape est infaillible.
Mineure: or ces derniers papes sont libéraux.
Conclusion:

  • (libérale) donc il faut se faire libéral.
  • (sédévacantiste) donc ces “papes” ne sont pas de vrais papes.

La règle de notre foi :

Le dépôt de la Révélation

Nous savons que Notre-Seigneur a institué l’Eglise en la dotant d’un Magistère infaillible pour conserver fidèlement la doctrine révélée et la déclarer infailliblement (Conc. Vat., DS. 3020). Or la Révélation s’est terminée de manière définitive avec la mort du dernier Apôtre, St Jean. Il est donc juste de se demander : où peut-on trouver aujourd’hui le dépôt de la Révélation, c’est-à-dire
tout ce que Dieu a révélé depuis le début de la Création jusqu’à la mort de St Jean ? En d’autres termes : où sont les sources dans lesquelles la parole de Dieu est gardée ?

Le dépôt de la Révélation se trouve dans la Sainte Écriture et dans la Tradition. La Sainte Écriture est la parole de Dieu mise par écrit, sous l’inspiration de Dieu ; elle est contenue dans les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament. La Tradition est le dépôt de la vérité et des choses révélées, avec l’attestation de Dieu, lesquelles sont conservées au moyen de la prédication orale et de la foi de l’Eglise. Le Magistère de l’Eglise enfin, est muni de l’assistance de Dieu pour garder, interpréter et expliquer la parole de Dieu contenue dans le dépôt de la foi. Ceci est le Magistère confié aux Apôtres comme charge ordinaire et transmis à leurs successeurs formels.

La règle de la foi

Comment un simple fidèle fait-il pour connaître ce qui est révélé par Dieu et ce qui ne l’est pas ? Quelles sont les vérités et quelles sont les erreurs ? Devra-t-il chaque fois recourir à des recherches exégétiques, patristiques, théologiques pour connaître la vérité de la foi ? Et comment fait-il pour discerner la bonne interprétation du dépôt ? Quelle est en somme la règle de la foi ou de la vérité révélée ?

Les Protestants soutiennent que la règle de la foi est la seule Écriture: quiconque la lit, est illuminé par l’Esprit-Saint sur le sens de la parole divine (1). Ceci donne lieu à une interprétation subjective des Écritures ; c’est pourquoi les Protestants sont divisés en tant d’églises et à cause des profondes différences dans la foi ils ne réussissent pas à trouver l’unité. Les Orientaux schismatiques affirment que la règle de la foi est donnée par la Sainte Écriture et par ce qui a été défini dans les sept premiers Conciles Œcuméniques (2). Après le septième, la doctrine a été fixée : il n’y a plus de progrès dogmatique, pas même homogène. En outre ils n’ont pas une règle commune pour l’interprétation de la révélation : de là découle la division qui existe entre les différentes églises “orthodoxes”.

Frédéric Mistral, poète occitan à l’ombre de la Croix

Mistral, poète à l’ombre de la Croix

par Jacques Trémolet de Villers.

En 1904, il y a un siècle, Frédéric Mistral (1830-1914) recevait le Prix Nobel de littérature. Nous n’avons pas voulu laisser passer cette occasion de saluer la figure et l’œuvre éminemment catholiques de Mireille. Maître Trémolet de Villers, fin connaisseur de la poésie, admirateur de Mistral et de son disciple Maurras, a accepté de faire revivre devant nos yeux cette épopée provençale.

 

On raconte que, lors de la publication de Mireille, l’épopée provençale qui allait faire de Mistral, un jeune avocat poète de 28 ans. L’Homère des temps modernes, certains milieux ecclésiastiques d’Aix-en-Provence exprimèrent sèchement leurs réserves : l’œuvre était immorale, voire érotique. L’évocation, dans la description de Mireille, de sa peitrino redounello, «sa poitrine doucement arrondie» qui «ressemblait a deux jolies pêches pas encore tout à fait mûres », le classait dans les auteurs modernes indécents.

Lamartine avait beau le saluer, dans son cours de littérature, comme l’un des plus grands, placé spontanément à la hauteur de Virgile et de Dante, l’éloge du poète romantique n’arrangeait pas les affaires du Provençal vis-à-vis de ses censeurs. Heureusement, le chanoine d’Alzon, à Nîmes, éminent représentant du catholicisme ultramontain et antilibéral, prenait sa défense et, pour manifester son approbation, l’invitait solennellement, en présence des autorités religieuses, politiques et universitaires, à une lecture publique de son poème.

Emmanuel d’Alzon avait raison. Mistral est un poète catholique. J’allais dire que, dans l’histoire littéraire de la France, il est Le poète catholique. Peut être faudra-t-il y ajouter Péguy dont la seule vraie muse fût Jeanne d’Arc. Mais Péguy est un soldat, chevalier, un croisé des temps modernes.

Mistral, lui, est un maître, un Père. Il a l’autorité calme et sereine de celui qui voit et qui sait. D’ailleurs, c’est spontanément qu’il parle comme un maître. Quand il envoie à Maurras son dernier ouvrage, il écrit de sa main cette dédicace en forme de royal jeu de mots : Te mau-ras, manjo et beu, «Tiens, mal rassasié, mange et bois !». Seul un maître peut ainsi, du nom de son disciple, dire l’âme de celui-ci. L’insatiété fut le tourment continuel, comme la forme vitale aussi – la grâce et la croix en même temps – de Maurras.

«Myrte, ô feuille douce-amère,
Qui ne m’as chanté
Qu’éternelle et qu’éphémère insatiété.»

Et, du même mouvement, seul un maître, à l’image du seul Maître, peut prétendre apaiser ce tourment, en se donnant lui-même, en nourriture et en boisson. Mange bois !

Mistral est un auteur nourrissant. Dans un chapitre célèbre de Poésie et Vérité, Maurras médite sur le parallèle entre Mistral et Baudelaire, deux enchantements de sa jeunesse. Mistral l’a sauvé de Baudelaire, deux enchantements de sa jeunesse. Mistral l’a sauvé de Baudelaire, et il conseille aux jeunes gens de son temps de faire, entre les deux influences, le même choix. Les rayons du soleil ont plus de force et de vertu que les fleurs du mal.

Le parallèle qui s’impose à notre génération est celui de Marx et de Mistral. Ils ont à peine dix ans de différences et, tous les deux, spontanément, prétendent à l’universel, et tous les deux, ont eu des disciples qui voyaient dans l’œuvre du maître cette dimension universelle : la révolution mondiale et permanente chez Marx, l’ordre du Vrai, du Bien et du Beau chez Mistral. Débarquant à Paris à dix-huit ans, le jeune Maurras rêve de «mistraliser le monde», comme Lénine et Trotski voulaient marxiser l’univers.

On ne peut imaginer opposition plus radicale. Marx était laid. Mistral était beau. Marx vivait dans les livres, les traités d’économie. Mistral était un homme de soleil, de campagne, de mer et de lumière.

Marx se passionnait pour le mystère de la marchandise, qui secrète elle-même sa propre valeur, comme le Père engendre le Fils. Mistral, lui, traduit en provençal la Genèse et, du coup, lui rend sa valeur charnelle, terrestre en même temps que divine, annonciatrice, dans le goût même des mots, du mystère de l’Incarnation.

Marx se voulait l’accoucheur du monde moderne. Mistral était, comme naturellement, la synthèse des ordres païen et chrétien, annonciatrice du nouvel ordre catholique.

Marx a gagné, dans un premier temps. Ses fils ont répandu dans le monde sa dialectique, son tour d’esprit, son matérialisme pratique qui fixe le regard et le cœur des hommes sur la fascination de la matière en mouvement et de ce qu’elle peut produire de forces et de richesses.

Mais, arrivé au bout de son ambition, le marxisme a commencé à refluer. L’Église qu’il prétendait, soit anéantir, soit domestiquer, a fait surgir, d’un pays où il avait étendu sa domination, un pape donné à la créature la plus radicalement incompatible avec l’intrinsèquement pervers, Notre Dame.

Rebâtir sous l’égide de Notre Dame :

C’est à Notre Dame qu’est dû le reflux politique et temporel d’une révolution qui devait conquérir le monde. Mistral était dévot de Notre Dame, Reine de la Provence, sainte patrone de Maillane, qu’elle sauva de la peste le 29 août 1869.

Le temps est venu, pour rebâtir sur les décombres laissés par la Révolution (deux siècles de guerres totales, civiles et étrangères, de déportation et d’extermination des peuples, d’esclavage mental, physique et sociologique), de recevoir le soleil de Mistral.

«Je chante une jeune fille de Provence…» : ainsi commence l’épopée de Mireille. À part l’ouverture de la Genèse : «Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre», il n’y a pas de simplicité plus souriante en même temps que majestueuse. Homère dit : «L’homme aux mille tours, chante-le, ô ma Muse», ce qui est sublime. Dante écrit : «Au milieu du chemin de notre vie, je me retrouvai dans une forêt obscure», ce qui est aussi grand. Mais… mais il y manque, chez Dante et chez Homère, «la jeune fille». Il faut attendre quelques chants pour qu’apparaisse Nausicaa aux bras blancs, ou Béatrice. Chez Mistral, elle est au premier vers et sa grâce se répandra sur toute l’œuvre, en douze chants.

«Je change une jeune fille de la Provence,
Dans les amours de sa jeunesse,
À travers la Crau, vers la mer, dans les blés,
Humble écolier du grand Homère je veux vivre».

Et immédiatement, par une de ces échappées qui font de son poème une extraordinaire symphonie ou, si l’on préfère, par un changement de plan qui en font un film étonnant, à l’image de son modèle, le poète se tourne vers la Divinité :

Tu, Seignour Dieù de ma patrio.

Je l’ai mis en provençal parce que, sinon, la majesté rude de ce tutoiement solennel n’est pas vraiment perceptible.

«Toi, Seigneur Dieu de ma patrie,
Qui voulu naître dans l’étable».

Le français ne peut se rendre la force du jeu de mots qui vient du provençal :

Tu, Seignour Dieù de ma patrio.

Que nasqueres dins la pastriho.

Patrie, pasteur, bergerie sont liés comme ils le sont dans l’Évangile.

Seule l’Église pouvait apporter cette dimension vraiment divine en même temps que terrienne. Mistral, qui a eu la grâce de venir, humble écolier du grand Homère, en un temps qu’Homère ne pouvait pas connaitre, au lieu de parler aux Muses, à Athéna, à Zeus ou à Apollon, parla au seul vrai Dieu, en même temps vrai homme, Jésus-Christ.

Totalement catholique :

Son œuvre d’un seul coup, prend une dimension que Virgile, ni Homère n’ont connue. Et la grandeur de Mistral est qu’au long des douze chants, il tient le pari de cette dimension. Il lie l’antique et le chrétien, l’amour humain et l’amour divin, la terre et le Ciel, et c’est pourquoi il est, totalement, catholique.

Catholique, c’est-à-dire universel. Catholique, c’est-à-dire assumant, dans l’héritage pré-chrétien, tout ce qui annonce, dessine, appelle ce que révélera l’instant de l’Incarnation.

Catholique c’est-à-dire réunissant sans cesse l’ancien et le moderne, le païen et le chrétien, l’un et le multiple, dans la seule dialectique qui soit digne de Dieu et de l’homme, qui est la dialectique de l’amour.

Catholique c’est-à-dire épris jusqu’au fond de l’être du désir de l’unité.

Catholique, c’est-à-dire fils soumis de l’Église, du pape et des évêques. Quand, au chant XI de Mireille, commence de le récit de l’évangélisation de la Provence, l’héroïne, qui est toujours la jeune fille se mourant d’amour et de soleil, est aussi, à l’évidence, la figure de la Provence. Les saintes mairies de la Mer, sur le haut de leur chapelle, commencent leur enseignement. Et cet enseignement de la Révélation à la terre grecque, romaine et ligure qui l’attendait, commence comme il faut commencer :

L’autre de la Cros, ô Mireio.

«L’arbre de la Croix, ô Mireille.»

Toute véritable évangélisation commence ainsi par dresser, devant les yeux de celui qui la reçoit, l’arbre de la Croix. Ainsi fit, devant l’Aéropage, saint Paul. Ainsi fit, au clair matin de la Pentecôte, saint Pierre. Ainsi fit, il y a quelque semaine, pour le monde entier, Mel Gibson. Ainsi fit en son temps, Frédéric Mistral.

«L’arbre de la Croix, ô Mireille,
Sur la montagne de Judée
Était encore planté, droit sur Jérusalem,
Et du sang de Dieu encore humide».

Les saintes Maries de la Mer ne font pas une grandiose déclamation. Elles racontent simplement une histoire, leur histoire, celle de leur départ de Judée pour aller elles ne savaient où, et, finalement en Provence. Mais leur histoire commence par cet image saisissante, à laquelle nous ne pensons pas, de l’arbre de la Croix, demeuré, droit sur Jérusalem, après la Crucifixion et la Résurrection.

«Et du sang de Dieu encore humide». On a beaucoup glosé sur l’hémoglobine dans le film de Mel Gibson. Mais le poète, avant le cinéaste, avait vu que le bois de la Croix, qui avait bu le sang du Christ, l’avait reçu en tel quantité que, plusieurs semaines après, il en restait tout imprégné.

«Il criait à la Cité du crime,
Endormie là-bas, dans l’abîme,
Qu’as-tu fais ? Qu’as-tu fais du roi de Bethléem ?»

Cette croix, dressée sur le monde et, par sa seule présence, lui demandant compte de ce qu’il avait fait de l’Enfant de la Crèche, c’est, en un raccourci salissant, comme seul un poète peut le voir et l’exprimer, la condamnation du monde en même temps que le salut des hommes.

«Et le pauvre peuple était triste
Car il voyait bien qu’il était son Christ
Celui qui de la tombe, soulevant le couvercle,
S’était, comme un jeune aigle, élevé dans les cieux.

«Ah ! on le regrettait, dans la Judée,
Le beau charpentier de Galilée,
Le charpentier aux cheveux blancs
Qui attrapait les cœurs avec le miel des paraboles».

Je m’arrête là. Il faut lire l’œuvre, dans le texte, pour la comprendre et la sentir, pour savoir comment un poète peut dire l’histoire sainte de sa patrie.

Le musée Frédéric Mistral en Maillane.

Relève-toi vers l’espérance !

Quand arriva la barque portant Marie-Madeleine, Marthe et Salomé, avec Lazare, qui fut aux jours de ce monde l’ami de Jésus, c’est la terre de Provence toute entière qui frémit, comme frémit le chien qui sent l’arrivée de son maître. Les arbres et les collines, les rivières et les étangs attendaient les envoyés de Celui par qui ils furent créés et sauvés.

Dans l’Ode à la Race latine, que Mistral prononça à Montpellier, dans les jardins du Peyrou, et qui reste, pour les peuples du Midi, un hymne national, ou plutôt qui chante pour eux leur Internationale, le poète termine son tour de Méditerranée – les sept langues issues de la magnifique langue latine :

Te lango d’or, filho roumano d’où Pople-Rei,
Es la cansoun que rediran li bouco lo umano
Tant que lou Verbe aura resoun.

«Ta langue d’or, fille romaine du Peuple-Roi,
Est la chanson que rediront les bouches humaines,
Tant que le Verbe aura raison.»

La conclusion rejoint le commencement du chant de Mireille :

Raco latino, en remembranco
De toun destin sembre courous,
Aubouro-te vers l’espéranço
Afrairo-te souto la Crous !

«Race latine, en souvenance
De ton destin toujours courageux
Relève-toi vers l’espérance
Et fraternise sous La Croix».

O Crux Ave, spes unica !

C’est le cri temporel, autant que sur-naturel, de Frédéric Mistral, c’est le cri catholique.

Et c’est la seule véritable espérance.

Fideliter, n°161, septembre-octobre 2004 de la page 67 à 72.

SOURCE

Réponse charitable à la dialectique merelienne de Deus Vult contre le sédévacantisme

Deus Vult dans sa réponse au dernier livre d’Abauzit titrée «Les quelques incohérences historiques d’Adrien Abauzit» a eut quelques mots faux sur le sédévacantisme et son milieu. L’expression de «dialectique merelienne» fait référence à l’auteur Joseph Merel, par ailleurs très bon en philosophie politique, qui pratique un picpoul lefebvriste laïc accordé au XXIe siècle. Mon commentaire (mis ci-dessous) a été censuré, mais entendu. Ainsi, je remercie leur rédaction d’avoir fait machine arrière.  Je la rends ici publique, uniquement par l’intérêt de fond que le sujet engage doctrinalement.

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– «Là, notre ami Adrien ne comprend plus. Il se morfond. Il se plaint de l’incroyable décadence spirituelle, morale, intellectuelle, culturelle et économique de notre pays. Il accuse de Gaulle ! … en oubliant que le principal artisan de la victoire des Alliés fut Pétain, comme il vient brillamment de le démontrer !»

Très juste, ce positionnement est incohérent à propos de son choix des Alliés (ou d’une troisième voie de type France seule) en même temps que de faire de l’anti-anglosaxonisme primaire ! Cependant, cette incohérence n’est pas directement « historique », puisqu’il dit juste à ce sujet (Les «Frances» gaulliste et pétainiste étaient résistantes), mais concerne bien son positionnement politique qui l’accompagne.

– «ses réserves sur les théories complotistes trop appuyées rendant la judéo-maçonnerie coupable de tous les maux de la France, alors que sa puissance n’est en réalité que la conséquence des reniements et des apostasies successives des Français eux-mêmes au cours de leur Histoire. Il est effectivement plus difficile de se remettre soi-même en cause et de reconnaître ses erreurs que d’accuser les autres de ses échecs… Pierre Hillard et Johann Livernette lui sont tombés dessus à bras raccourcis pour cette prise de position dissonante. C’est fort logique : dans leur grille de lecture sédévacantiste et par trop surnaturaliste, ces derniers en viennent à idéaliser l’Ancien Régime et l’Église d’avant Vatican II, au point de ne pas en supporter la moindre critique et de faire porter la cause de sa chute quasi exclusivement à ses ennemis extérieurs.»

Mes amis de la Phalange Saint-Martial et moi-même (pour ne citer que cela) sommes clairement des exemples contraires, a ce que décrit d’ailleurs la dialectique williamsonienne » de Joseph Merel : nous sommes anticomplotistes et l’on ne décrète pas comme « dogme de foi » des positionnements politiques et pratiques (qui plus est) des papes d’avant Vatican II, qui eux, ne bénéficient même pas de l’infaillibilité pontificale, qui elle concerne avant tout foi et mœurs.
Je recommande donc intensément à la lecture, et pour commencer, la constitution dogmatique « Pastor aeternus » de Vatican I (1870) pour mieux saisir l’enseignement du Magistère de l’Église qui fait autorité sur la question: si après l’on ne conclut pas sédévacantiste c’est que l’on souffre d’un strabisme sévère.

Le surnaturalisme frappe sociologiquement tout le milieu de traditionaliste. Et les lefebvristes conscients en politique savent, qu’à la FSSPX, clercs comme ses fidèles ne sont pas indemnes de tout cela (cléricalisme, exagération du rôle de la foi contre la nature, fidéisme…). Idem pour l’idéalisation médiévale chez certains. Ça ne prouve rien de plus et fuit encore le débat de fond (à propos du Magistère de  l’Église, de l’autorité, du rôle du pape et de son infaillibilité…). De plus, évoquer l’Ancien Régime est un thème politique et non religieux, chose que le sédévacantisme ne traite donc pas immédiatement, en tant que distinction thomiste des sujets relevants de la nature et de la grâce, de la politique et de la foi, de l’Église et de l’État… Sede Vacante signifie tout au plus «Vacance du Saint-Siège», «Non una cum» signifie une Sainte-Messe non entachée dans le canon par le nom d’un conciliaire professant une foi moderniste (donc non «en union» avec lui) : c’est alors une infime partie de ce que nous sommes : c’est-à-dire catholiques intégraux et doctrinaux.
Puisse cette réponse faire réfléchir.


P.S. Pierre Hillard n’est pas être sédévacantiste étant plus fidèle de la chapelle FSSPX de N-D de la Consolation de l’abbé Célier à Paris, et non de l’IMBC/Sodalitium.

Adrien Abauzit en revanche, est sédévacantiste convaincu, fidèle de l’IMBC Paris. Ce qui est louche ici est de revendiquer politiquement un sédévantiste anti-complotiste pour canonner sur un prétendu sédévacantisme forcément complotiste (citant Johan Livernette et Pierre Hillard)… Adrien Abauzit chez Daniel Conversano dit bien «pape conciliaire» en émettant de clairs doutes sur son autorité légitime.

La corrida lefebvriste en BD

Cette corrida lefebvriste, pour mieux saisir le pourquoi de leur défaite politique inévitable par rapport au modernisme ainsi que leur défaite doctrinale devant le dogme catholique (que s’efforce de détailler le sédévacantisme). La leçon à retenir au-delà de l’aspect humoristique est que l’incohérence doctrinale conduit toujours à des absurdités dangereuses pour l’intelligence de la foi.

 

 

La corrida lefebvriste N°1 en format PDF

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Albums précédents de montages sans concessions sur les mauvaises positions doctrinales de la FSSPX devant le catholicisme :

Série N°1.

Série N°2.