«Hitler et la France» de Friedrich Grimm en citations

Document indispensable pour mieux saisir la tête froide, via le contexte géopolitique, les discours sincères du Führer et de ses collaborateurs auquel s’ajoute des partisans Français du rapprochement franco-allemand. Pour une Europe des nations accompagnée de la nécessité d’un organe impérial commun pour la défense consciente de notre civilisation unique et porteuse de l’universel. Des questions qui malgré l’évolution de la situation demeure encore d’actualité tant c’est inscrit dans l’ordre naturel des choses.

Les citations du docteur Grimm sont tirées de l’introduction du livre et touchent au  national-socialisme, à la patrie et son identité, à la question internationale alliée au droit politique légal et à la philosophie naturelle de manière générale ; tels sont en tout cas les maîtres-mots du sujet.

Source PDF : Dr. Friedrich Grimm – Hitler et la France (Paris-Berlin, septembre 1938).

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Hitler et la France :

«Parmi tous les problèmes politiques qui intéressent l’opinion publique en France, il en est un qui paraît particulièrement important, c’est le problème «Hitler et la France». C’est tout naturel. D’abord, parce que c’est l’éternel problème franco-allemand sous son aspect actuel.»

Manifestation de paix :

«Le Führer a réalisé certains buts que le peuple allemand considère comme buts légitimes de sa politique nationale. Mais le Führer, qui connut lui-même les horreurs de la guerre, a toujours repoussé l’idée de guerre et on n’a entendu, de sa part, notamment en ce qui concerne la France, que des manifestations de paix et de rapprochement

Voyageurs Français :

«Ces Français venus en Allemagne ont pu constater un changement profond et général dans la mentalité allemande. Ce changement, que les hommes de Weimar n’avaient pas réussi à réaliser, est dû précisément à l’homme qu’on avait montré au peuple français comme le pire de ses ennemis.»

Ré-armement :

«Oui l’Allemagne a repris ses armements. (…) Toutefois ce réarmement ne devait pas inquiéter l’opinion française. L’Allemagne aspire à l’égalité des forces qui est la seule base raisonnable et solide pour une conversation de peuple à peuple

Terres germaniques :

«Sans doute la plus grande partie des Français avaient compris que la Sarre était une terre allemande, mais la politique officielle, encore trop obsédé par les idées de la politique classique, traditionnelle ou historique, héritage éternel de Richelieu, ne voulait pas admettre que les habitants de la Sarre était des Allemands, animé d’un seul désir : rejoindre la patrie allemande.»

Rapport entre peuples :

«Le problème franco-allemand est devenu un problème de peuple à peuple. Les peuples veulent qu’il soit résolu. Les peuples doivent se décider. Ils cherchent de nouvelles méthodes pour se libérer du passé et gagner l’avenir.»

Contributions à l’apaisement :

«Des hommes courageux ont écrit des ouvrages objectifs sur Hitler et la nouvelle Allemagne ; ils ont réclamé que l’on causât, avec l’Allemagne. Il y a progrès et nous nous en félicitons. Nous avons suivi avec sympathie les manifestations des anciens combattants et du Comité France-Allemagne. Nous avons vu paraître en France des livres compréhensifs comme ceux de Louis Bertrand, de Brinon, de Jules Romains, de Chateaubriant et de bien d’autres. Tout cela sert à une meilleure compréhension. La tâche est si grande, l’œuvre si précieuse.»

Droit européen et non-germanisation des terres :

«Nous avons vu, en effet, réalisé en Allemagne quelque chose de nouveau, une nouvelle forme du nationalisme ou plutôt du patriotisme ; et cette nouvelle forme de nationalisme n’est pas incompatible avec l’idée de la paix et de la coopération européenne. Au contraire, nous croyons que la nouvelle conception que le national-socialisme se fait du peuple et de l’État constitue une garantie pour la paix, parce qu’elle s’incline devant la volonté de faire populations qui n’ont pas le désir de faire partie de la patrie allemande. Le national-socialisme refuse donc par principe de germaniser qui que ce soit. Il ne veut pas faire de prosélytes ou incorporer dans la nation allemande des éléments qui ne sont pas allemands, et qui n’ont pas à eux-mêmes la volonté de vivre dans la communauté du peuple allemand.»

Légalité et universel :

«C’est en maintenant la légalité que Hitler a mené sa lutte ; c’est par la voie de la légalité qu’il est arrivé au pouvoir, c’est légalement aussi qu’il veut obtenir pour le peuple allemand la situation internationale à laquelle il croit avoir droit. Grâce à cette idée de la légalité internationale, nous reconnaissons le droit aux peuples à disposer d’eux-mêmes, nous le reconnaissons pour tous les peuples, sans aucune restriction ni arrière-pensée. Le national-socialisme refuse de s’immiscer dans la vie intérieure des autres peuples. Telle une forme nouvelle du nationalisme, consciente de sa responsabilité devant la famille européenne, n’est-elle pas une solution du problème international conciliant l’idéal du patriotisme national avec l’idée de la «patrie européenne» et même de la «patrie humaine» dont on en tant parlé ? Nous en avons la conviction. Le Führer l’a affirmé devant le Reichstag.»

Respect de la patrie de chacun :

«Le national-socialisme, arrivé au pouvoir en Allemagne en triomphant du marxisme international, n’admet pas l’idée d’un pacifisme international qui nie les nations et s’oppose à l’idée de patrie. Nous avons retrouvé l’idée de patrie. Nous aimons notre pays. Mais nous sommes d’avis que l’amour de notre patrie ne nous empêche pas de respecter ceux qui, ailleurs, sont animés par les mêmes sentiments envers leur propre pays, sentiments d’amour, de dévouement et de fidélité. Nous croyons que, pour être patriote allemand, il n’est point nécessaire de haïr les autres patries. Nous croyons que le bon patriote allemand doit estimer le bon patriote français.  C’est là, à notre avis, le meilleur moyen, pour ne pas dire le seul, de triompher des erreurs d’un passé douloureux qui a si longtemps opposé nos deux peuples. Il faut briser la théorie du « Erbfeind », la théorie de l’ennemi héréditaire. Il ne faut pas que le passé reste toujours comme un mur infranchissable, un abîme qui nous sépare. Il ne faut pas qu’il y ait une « idée fixe », une « politique historique » ou « traditionnelle » restant comme une « loi éternelle », « un dogme intangible », qui se dresse toujours entre nos deux nations. Nous ne croyons pas que les guerres entre nos peuples soient inévitables. Nous sommes convaincus en même temps qu’il est de notre propre  intérêt que les peuples voisins, et notamment le peuple français, soient heureux, prospères, forts et satisfaits. C’est la seule manière d’assurer l’équilibre des États européens, sans lequel il n’est de collaboration et de paix possibles sur notre vieux continent. Mais la réconciliation et le rapprochement de nos deux peuples, condition sine qua non de toute coopération pacifique de l’Europe, ne sont pas l’affaire de partis ou de « Weltanschauung », de mystiques ou de conceptions de politique intérieure. Il s’agit d’un problème à résoudre de peuple à peuple, de nation à nation. Peu importe que les hommes qui entreprennent le rapprochement soient de gauche ou de droite. Ce qui est bon pour un pays ne l’est pas pour l’autre. Nous autres Allemands, nous commettons souvent l’erreur de croire que, dans les autres pays de l’Europe et notamment en France, tout doit se passer comme chez nous. C’est là erreur commune à beaucoup de peuples.»

Grande Europe :

«Le Führer s’est toujours déclaré prêt à toute collaboration européenne. L’Allemagne et l’Europe, ce n’est pas une antithèse. Par la nature même de son nationalisme et par le principe de la légalité, la nouvelle Allemagne donne une double garantie de collaboration internationale. Une troisième garantie est de nature à calmer toutes les craintes : c’est le côté social et même socialiste du mouvement hitlérien. Ce mouvement est composé de deux éléments qui se complètent. National, il est aussi socialiste. Il ne faut pas sous-estimer l’importance du caractère socialiste du mouvement. Hitler est un véritable socialiste. Socialiste, non pas au sens que le marxisme a donné à ce mot, mais dans son véritable sens de représentant du peuple qui travaille. Le peuple qui travaille veut la paix.»

Et la France devant l’entente :

«Nous avons vu avec regret que chaque manifestation de paix du Führer a eu, dans une partie de l’opinion française, un écho qui devait amener une déception en Allemagne. C’était la réaction des apôtres de la méfiance éternelle. Mais il y a eu aussi des voix encourageantes, celles d’anciens combattants français et allemands. Ces hommes qui s’étaient battus les uns contre les autres, il y a vingt ans, avaient cependant appris à s’estimer et à s’apprécier. Bons juges en courage, les uns et les autres honoraient leurs adversaires, rendaient justice, malgré le tumulte affreux des combats, à leur bravoure, à leur esprit de sacrifice, à leur amour de la patrie. Aujourd’hui, ils pensent que deux peuples qui ont tant saigné, tant souffert, qui ont montré tant de vaillance et d’esprit chevaleresque ne doivent plus, ne peuvent plus reprendre les armes pour se ruer les uns sur les autres dans un assaut dément où sombrerait la civilisation occidentale, dans une lutte fratricide de deux peuples proches par le sang et faits mieux que tout autres pour s’aimer et se comprendre. Et ce sont eux qui, de toute leur volonté lucide, crient aujourd’hui : « Luttons pour la paix ! ».»

Pour une paix internationale sans la SDN :

«Nous nous méfions de la Société des Nations; nous nous méfions de ce qu’on appelle la « sécurité collective » et la « paix indivisible ». Nous croyons que la Société des Nations a failli à son rôle, qu’elle est devenue infidèle à la mission pour laquelle Wilson l’avait prévue, c’est-à-dire, constituer un instrument de la paix future. Nous croyons au contraire que la Société des Nations est devenue un instrument destiné à maintenir et à garantir le statu quo de Versailles. Or, Versailles signifie pour nous l’idée de l’humiliation, de la défaite, de l’infériorité et de la discrimination. Il est regrettable que la  Société des Nations soit liée au Traité de Versailles. Il est regrettable que la Société des Nations, en exécution du Traité de Versailles, ait été chargée de fonctions qui nous étaient pénibles et nous rappelaient la défaite. Croyez-vous qu’une discussion à Genève, comme par exemple celle qui se rapporte à Dantzig, nous rende sympathique l’institution de la Société des Nations? C’est pourquoi nous n’en voulons plus. Nous ne refusons pas la collaboration avec tous les peuples dans l’intérêt de la paix, mais nous préférons collaborer directement, en tant que nation souveraine et libre, avec les autres nations libres, sur le pied de l’égalité, sans passer par l’intermédiaire de Genève. Cela correspond à un sentiment général répandu dans toute l’Allemagne. Aussi a-t-on vu Hitler, quand il a abandonné la Société des Nations, recueillir l’approbation unanime de son peuple.»

Droit français ou droit germanique :

«Lors du Congrès international des avocats, à La Haye, en 1932, un grand juriste français, M. Appleton, nous a fait une excellente conférence sur « Gœthe et le droit ». Il nous a montré la différence entre la conception allemande de la fidélité au contrat et la conception plus cartésienne des Français qui respectent plutôt la signature, la lettre, le droit écrit. Il a développé ce thème que Gœthe, représentant la conception germanique du droit, avait été partisan de l’idée du « droit qui est né avec nous >>, du droit véritable, de la justice en opposition au droit des paragraphes qui sont souvent summum jus summa injuria. Mais, a-t-il ajouté, Gœthe a reconnu aussi qu’il faut respecter l’ordre. L’ordre d’abord. Un ordre mauvais vaut mieux que le désordre. (…) Essayons donc de faire mieux, d’organiser une meilleure paix. De la crise de la paix mal faite a surgi le désordre du bolchevisme. Ce désordre menace aujourd’hui l’Europe entière. Mais en Allemagne est né un bloc d’ordre, qui constitue une garantie contre le chaos qui nous menace de l’Est.»

L’entente franco-allemande par les régimes :

Dans un intéressant article paru dans l’Ère nouvelle du 3 mars 1936, M. Paul Bastid déclare: « Les rapports franco-allemands sont plus que jamais à l’ordre du jour. (…) nous avons balancé entre deux systèmes : maintenir éternellement l’Allemagne hors d’état de nuire, ce qui était la conception de Versailles, ou faire confiance à l’esprit pacifique du Reich et l’aider à retrouver sa place dans le concert européen.»

De peuple à peuple :

«Combien en est-il qui aient songé à un rapprochement du peuple français et du peuple allemand, toute question de régime mise à part? » C’est là, en effet, le point principal. Le rapprochement franco-allemand n’est pas une question de régimes : c’est une question qui doit être résolue de peuple à peuple.  Hitler l’a reconnu. Il a compris sa mission européenne. Ses manifestations de paix en sont la preuve. Que le public français les entende et que le terrain soit ainsi préparé pour la paix qui est si nécessaire aux peuples d’Europe !»

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À propos de Mein Kampf :

«Vous voulez que je fasse des rectifications dans mon livre comme un écrivain qui prépare une nouvelle édition de ses œuvres ? Mais je ne suis pas écrivain, je suis un homme politique ! Ma rectification ? Je l’apporte tous les jours dans ma politique extérieure, toute tendue vers l’amitié avec la France ! Si je réussis le rapprochement franco-allemand comme je le veux, ce sera une rectification digne de moi ! Ma rectification je l’écrirai dans le grand Livre de l’Histoire.»

Adolf Hitler dans son entretien à Bertrand de Jouvenel pour Paris-Midi du 21 février 1936.

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Juste rationalité catholique contre judaïsme, protestantisme et islam – Joseph Merel

La religion catholique appuyée de la civilisation gréco-romaine est la seule qui laisse sa juste place à la nature, réglant seule, le conflit existant entre philosophie et théologie.
«C’est avec le catholicisme seul qu’est conjuré le conflit entre philosophie et religion. (…)
Le judaïsme est un légalisme moral, l’effet d’un contrat synallagmatique passé entre Dieu et l’homme visant un intérêt pratique à toute distance d’une promesse de béatitude spéculative déiformante qui lui est indifférente, ce qui explique qu’il n’y ait pas de philosophie du judaïsme, fors cette gnose satanique empruntée par les Juifs antichrétiens (en cela infidèles jusqu’à l’égard de leur propre héritage, celui de la Thorah) au marcionisme antijuif et adaptée à leur volonté de puissance rancunière, laquelle gnose est irrationnelle (c’est l’homme qui se déifie en sauvant Dieu – par l’acte de réparer ses bévues et son impéritie initiales – de sa pénurie ontologique promitive). Le Dieu de l’Islam est puissance et volonté pures, créature des vérités éternelles par la ravalées au rang de réalités contingentes (là contre, le thomisme enseigne que Dieu crée les existences, mais non point les essences), et de ce fait anti-intellectualiste par excellence : on ne saurait là être surnaturellement déiformé par la connaissance et l’amour, on est rivé pour l’éternité à sa finitude dans la jouissance humaine infra-humaine de biens sensibles (le «paradis» d’Allah). Et le protestantisme revendique le mépris de la raison : «perdre la raison pour gagner Dieu, c’est l’acte même de croire» (Kierkegaard), la raison est prostituée du Diable (Luther). (…)
Le protestantisme, le judaïsme et l’islam sont irrationnels, intentionnellement soustraits aux réquisits de la raison. Par voie de conséquence obligée, le protestantisme développera spontanément les vertus pratiques de la raison au détriment de sa vocation spéculative, ses capacités techniciennes et marchandes, d’où la genèse de l’esprit libéral. Le judaïsme et l’islam ont ne commun de nier la Trinité, par là d’exclure que Dieu puisse s’incarner, se faire le Médiateur entre Lui-même et l’homme. Or le concept de religion exige, comme on l’a vu, que Dieu se fasse religion pour qu’il y ait religion révélée indubitable.»
Pour une contre-révolution révolutionnaire par Joseph Merel (auteur NS) – Pages 39 à 42.
Voilà des passages de son livre dotés d’une réfutation magistrale de ces fausses religions qui détruisent toute raison en la rendant mauvaise par essence.

Frédéric Mistral, poète occitan à l’ombre de la Croix

Mistral, poète à l’ombre de la Croix

par Jacques Trémolet de Villers.

En 1904, il y a un siècle, Frédéric Mistral (1830-1914) recevait le Prix Nobel de littérature. Nous n’avons pas voulu laisser passer cette occasion de saluer la figure et l’œuvre éminemment catholiques de Mireille. Maître Trémolet de Villers, fin connaisseur de la poésie, admirateur de Mistral et de son disciple Maurras, a accepté de faire revivre devant nos yeux cette épopée provençale.

 

On raconte que, lors de la publication de Mireille, l’épopée provençale qui allait faire de Mistral, un jeune avocat poète de 28 ans. L’Homère des temps modernes, certains milieux ecclésiastiques d’Aix-en-Provence exprimèrent sèchement leurs réserves : l’œuvre était immorale, voire érotique. L’évocation, dans la description de Mireille, de sa peitrino redounello, «sa poitrine doucement arrondie» qui «ressemblait a deux jolies pêches pas encore tout à fait mûres », le classait dans les auteurs modernes indécents.

Lamartine avait beau le saluer, dans son cours de littérature, comme l’un des plus grands, placé spontanément à la hauteur de Virgile et de Dante, l’éloge du poète romantique n’arrangeait pas les affaires du Provençal vis-à-vis de ses censeurs. Heureusement, le chanoine d’Alzon, à Nîmes, éminent représentant du catholicisme ultramontain et antilibéral, prenait sa défense et, pour manifester son approbation, l’invitait solennellement, en présence des autorités religieuses, politiques et universitaires, à une lecture publique de son poème.

Emmanuel d’Alzon avait raison. Mistral est un poète catholique. J’allais dire que, dans l’histoire littéraire de la France, il est Le poète catholique. Peut être faudra-t-il y ajouter Péguy dont la seule vraie muse fût Jeanne d’Arc. Mais Péguy est un soldat, chevalier, un croisé des temps modernes.

Mistral, lui, est un maître, un Père. Il a l’autorité calme et sereine de celui qui voit et qui sait. D’ailleurs, c’est spontanément qu’il parle comme un maître. Quand il envoie à Maurras son dernier ouvrage, il écrit de sa main cette dédicace en forme de royal jeu de mots : Te mau-ras, manjo et beu, «Tiens, mal rassasié, mange et bois !». Seul un maître peut ainsi, du nom de son disciple, dire l’âme de celui-ci. L’insatiété fut le tourment continuel, comme la forme vitale aussi – la grâce et la croix en même temps – de Maurras.

«Myrte, ô feuille douce-amère,
Qui ne m’as chanté
Qu’éternelle et qu’éphémère insatiété.»

Et, du même mouvement, seul un maître, à l’image du seul Maître, peut prétendre apaiser ce tourment, en se donnant lui-même, en nourriture et en boisson. Mange bois !

Mistral est un auteur nourrissant. Dans un chapitre célèbre de Poésie et Vérité, Maurras médite sur le parallèle entre Mistral et Baudelaire, deux enchantements de sa jeunesse. Mistral l’a sauvé de Baudelaire, deux enchantements de sa jeunesse. Mistral l’a sauvé de Baudelaire, et il conseille aux jeunes gens de son temps de faire, entre les deux influences, le même choix. Les rayons du soleil ont plus de force et de vertu que les fleurs du mal.

Le parallèle qui s’impose à notre génération est celui de Marx et de Mistral. Ils ont à peine dix ans de différences et, tous les deux, spontanément, prétendent à l’universel, et tous les deux, ont eu des disciples qui voyaient dans l’œuvre du maître cette dimension universelle : la révolution mondiale et permanente chez Marx, l’ordre du Vrai, du Bien et du Beau chez Mistral. Débarquant à Paris à dix-huit ans, le jeune Maurras rêve de «mistraliser le monde», comme Lénine et Trotski voulaient marxiser l’univers.

On ne peut imaginer opposition plus radicale. Marx était laid. Mistral était beau. Marx vivait dans les livres, les traités d’économie. Mistral était un homme de soleil, de campagne, de mer et de lumière.

Marx se passionnait pour le mystère de la marchandise, qui secrète elle-même sa propre valeur, comme le Père engendre le Fils. Mistral, lui, traduit en provençal la Genèse et, du coup, lui rend sa valeur charnelle, terrestre en même temps que divine, annonciatrice, dans le goût même des mots, du mystère de l’Incarnation.

Marx se voulait l’accoucheur du monde moderne. Mistral était, comme naturellement, la synthèse des ordres païen et chrétien, annonciatrice du nouvel ordre catholique.

Marx a gagné, dans un premier temps. Ses fils ont répandu dans le monde sa dialectique, son tour d’esprit, son matérialisme pratique qui fixe le regard et le cœur des hommes sur la fascination de la matière en mouvement et de ce qu’elle peut produire de forces et de richesses.

Mais, arrivé au bout de son ambition, le marxisme a commencé à refluer. L’Église qu’il prétendait, soit anéantir, soit domestiquer, a fait surgir, d’un pays où il avait étendu sa domination, un pape donné à la créature la plus radicalement incompatible avec l’intrinsèquement pervers, Notre Dame.

Rebâtir sous l’égide de Notre Dame :

C’est à Notre Dame qu’est dû le reflux politique et temporel d’une révolution qui devait conquérir le monde. Mistral était dévot de Notre Dame, Reine de la Provence, sainte patrone de Maillane, qu’elle sauva de la peste le 29 août 1869.

Le temps est venu, pour rebâtir sur les décombres laissés par la Révolution (deux siècles de guerres totales, civiles et étrangères, de déportation et d’extermination des peuples, d’esclavage mental, physique et sociologique), de recevoir le soleil de Mistral.

«Je chante une jeune fille de Provence…» : ainsi commence l’épopée de Mireille. À part l’ouverture de la Genèse : «Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre», il n’y a pas de simplicité plus souriante en même temps que majestueuse. Homère dit : «L’homme aux mille tours, chante-le, ô ma Muse», ce qui est sublime. Dante écrit : «Au milieu du chemin de notre vie, je me retrouvai dans une forêt obscure», ce qui est aussi grand. Mais… mais il y manque, chez Dante et chez Homère, «la jeune fille». Il faut attendre quelques chants pour qu’apparaisse Nausicaa aux bras blancs, ou Béatrice. Chez Mistral, elle est au premier vers et sa grâce se répandra sur toute l’œuvre, en douze chants.

«Je change une jeune fille de la Provence,
Dans les amours de sa jeunesse,
À travers la Crau, vers la mer, dans les blés,
Humble écolier du grand Homère je veux vivre».

Et immédiatement, par une de ces échappées qui font de son poème une extraordinaire symphonie ou, si l’on préfère, par un changement de plan qui en font un film étonnant, à l’image de son modèle, le poète se tourne vers la Divinité :

Tu, Seignour Dieù de ma patrio.

Je l’ai mis en provençal parce que, sinon, la majesté rude de ce tutoiement solennel n’est pas vraiment perceptible.

«Toi, Seigneur Dieu de ma patrie,
Qui voulu naître dans l’étable».

Le français ne peut se rendre la force du jeu de mots qui vient du provençal :

Tu, Seignour Dieù de ma patrio.

Que nasqueres dins la pastriho.

Patrie, pasteur, bergerie sont liés comme ils le sont dans l’Évangile.

Seule l’Église pouvait apporter cette dimension vraiment divine en même temps que terrienne. Mistral, qui a eu la grâce de venir, humble écolier du grand Homère, en un temps qu’Homère ne pouvait pas connaitre, au lieu de parler aux Muses, à Athéna, à Zeus ou à Apollon, parla au seul vrai Dieu, en même temps vrai homme, Jésus-Christ.

Totalement catholique :

Son œuvre d’un seul coup, prend une dimension que Virgile, ni Homère n’ont connue. Et la grandeur de Mistral est qu’au long des douze chants, il tient le pari de cette dimension. Il lie l’antique et le chrétien, l’amour humain et l’amour divin, la terre et le Ciel, et c’est pourquoi il est, totalement, catholique.

Catholique, c’est-à-dire universel. Catholique, c’est-à-dire assumant, dans l’héritage pré-chrétien, tout ce qui annonce, dessine, appelle ce que révélera l’instant de l’Incarnation.

Catholique c’est-à-dire réunissant sans cesse l’ancien et le moderne, le païen et le chrétien, l’un et le multiple, dans la seule dialectique qui soit digne de Dieu et de l’homme, qui est la dialectique de l’amour.

Catholique c’est-à-dire épris jusqu’au fond de l’être du désir de l’unité.

Catholique, c’est-à-dire fils soumis de l’Église, du pape et des évêques. Quand, au chant XI de Mireille, commence de le récit de l’évangélisation de la Provence, l’héroïne, qui est toujours la jeune fille se mourant d’amour et de soleil, est aussi, à l’évidence, la figure de la Provence. Les saintes mairies de la Mer, sur le haut de leur chapelle, commencent leur enseignement. Et cet enseignement de la Révélation à la terre grecque, romaine et ligure qui l’attendait, commence comme il faut commencer :

L’autre de la Cros, ô Mireio.

«L’arbre de la Croix, ô Mireille.»

Toute véritable évangélisation commence ainsi par dresser, devant les yeux de celui qui la reçoit, l’arbre de la Croix. Ainsi fit, devant l’Aéropage, saint Paul. Ainsi fit, au clair matin de la Pentecôte, saint Pierre. Ainsi fit, il y a quelque semaine, pour le monde entier, Mel Gibson. Ainsi fit en son temps, Frédéric Mistral.

«L’arbre de la Croix, ô Mireille,
Sur la montagne de Judée
Était encore planté, droit sur Jérusalem,
Et du sang de Dieu encore humide».

Les saintes Maries de la Mer ne font pas une grandiose déclamation. Elles racontent simplement une histoire, leur histoire, celle de leur départ de Judée pour aller elles ne savaient où, et, finalement en Provence. Mais leur histoire commence par cet image saisissante, à laquelle nous ne pensons pas, de l’arbre de la Croix, demeuré, droit sur Jérusalem, après la Crucifixion et la Résurrection.

«Et du sang de Dieu encore humide». On a beaucoup glosé sur l’hémoglobine dans le film de Mel Gibson. Mais le poète, avant le cinéaste, avait vu que le bois de la Croix, qui avait bu le sang du Christ, l’avait reçu en tel quantité que, plusieurs semaines après, il en restait tout imprégné.

«Il criait à la Cité du crime,
Endormie là-bas, dans l’abîme,
Qu’as-tu fais ? Qu’as-tu fais du roi de Bethléem ?»

Cette croix, dressée sur le monde et, par sa seule présence, lui demandant compte de ce qu’il avait fait de l’Enfant de la Crèche, c’est, en un raccourci salissant, comme seul un poète peut le voir et l’exprimer, la condamnation du monde en même temps que le salut des hommes.

«Et le pauvre peuple était triste
Car il voyait bien qu’il était son Christ
Celui qui de la tombe, soulevant le couvercle,
S’était, comme un jeune aigle, élevé dans les cieux.

«Ah ! on le regrettait, dans la Judée,
Le beau charpentier de Galilée,
Le charpentier aux cheveux blancs
Qui attrapait les cœurs avec le miel des paraboles».

Je m’arrête là. Il faut lire l’œuvre, dans le texte, pour la comprendre et la sentir, pour savoir comment un poète peut dire l’histoire sainte de sa patrie.

Le musée Frédéric Mistral en Maillane.

Relève-toi vers l’espérance !

Quand arriva la barque portant Marie-Madeleine, Marthe et Salomé, avec Lazare, qui fut aux jours de ce monde l’ami de Jésus, c’est la terre de Provence toute entière qui frémit, comme frémit le chien qui sent l’arrivée de son maître. Les arbres et les collines, les rivières et les étangs attendaient les envoyés de Celui par qui ils furent créés et sauvés.

Dans l’Ode à la Race latine, que Mistral prononça à Montpellier, dans les jardins du Peyrou, et qui reste, pour les peuples du Midi, un hymne national, ou plutôt qui chante pour eux leur Internationale, le poète termine son tour de Méditerranée – les sept langues issues de la magnifique langue latine :

Te lango d’or, filho roumano d’où Pople-Rei,
Es la cansoun que rediran li bouco lo umano
Tant que lou Verbe aura resoun.

«Ta langue d’or, fille romaine du Peuple-Roi,
Est la chanson que rediront les bouches humaines,
Tant que le Verbe aura raison.»

La conclusion rejoint le commencement du chant de Mireille :

Raco latino, en remembranco
De toun destin sembre courous,
Aubouro-te vers l’espéranço
Afrairo-te souto la Crous !

«Race latine, en souvenance
De ton destin toujours courageux
Relève-toi vers l’espérance
Et fraternise sous La Croix».

O Crux Ave, spes unica !

C’est le cri temporel, autant que sur-naturel, de Frédéric Mistral, c’est le cri catholique.

Et c’est la seule véritable espérance.

Fideliter, n°161, septembre-octobre 2004 de la page 67 à 72.

SOURCE

Charlemagne – Pierre Sidos

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La statue de Charlemagne accompagné de ses preux, Roland et Olivier, sur le parvis de la cathédrale de Paris; celle qui décore une des places de Liège; celle encore qui se trouve Aix-la-Chapelle; la couronne dite « de Charlemagne » conservée à Vienne, certifient, pour les Français et les Belges, les Allemands et les Autrichiens, aussi les Hollandais et les Danois par d’autres souvenirs, la reconnaissance de leurs racines carolingiennes.

Les Français n’ont jamais cessé de se réclamer de Charlemagne. Leurs rois ont proclamé qu’ils étaient incontestablement dans son lignage; Jeanne d’Arc demandait ensemble de prier Charlemagne pour le salut de la patrie; Napoléon 1er affirmait ressusciter l’empire carolingien; il n’y a pas si longtemps, Charlemagne était le patron des écoliers et lycéens de France, l’Université de Paris célébrait sa fête en grande pompe tous les 28 janvier.

Quant à l’Europe, dont Charlemagne demeure le symbole, il est essentiel de savoir que ses valeurs intellectuelles et spirituelles traditionnelles constituent une façon commune d’être, de croire et de penser, qui est en contradiction totale avec les menées anti-nationales, les théories anti-sociales, les pratiques anti-naturelles de la soi-disant Europe de Maëstricht. Il ne faut pas opposer les deux termes de nation et d’Europe, ni nier l’un par l’autre. Défendre la nation, contre la dissolution du dedans et l’invasion du dehors, c’est le préliminaire indispensable pour préparer une renaissance européenne gardant l’esprit de ce que fut la « renaissance carolingienne » en son temps.

Pierre Sidos, le 28 janvier 1985.

José Antonio Primo de Rivera, chantre de la jeunesse – Pierre Sidos

Nous sommes en janvier 1936, à Paris, rue de Bucarest, dans le Ville arrondissement, où se trouve alors le siège central du Parti Franciste, la «Maison bleue ». Son chef, Marcel Bucard, reçoit José Antonio Primo de Rivera, qui tient à lui remettre son propre insigne de chef de la Phalange espagnole, les cinq flèches et le joug marqué des initiales JONS.

En échange le fondateur du francisme lui offrira son emblème personnel de boutonnière, à l’image de celui qu’arboraient les militants à chemise bleu-ciel, c’est-à-dire la réunion d’un épi de blé, d’une roue dentée, surmonté d’une francisque symbolisant l’union du paysan, de l’ouvrier et du soldat. Rencontre inconnue ou mal connue attestée par un écho signé par la direction de l’hebdomadaire Le Franciste, en septembre 1936, intitulé « hommage émouvant », qui est illustré par la reproduction l’insigne de de la Phalange remis quelques mois auparavant par José Antonio, et dont le texte dit notamment : «Nous sommes, hélas sans nouvelles sur le sort qui lui est réservé (..). À nouveau, sous lui adressons à lui, à ses compagnons, à ses amis (..) l’hommage ému de notre affection et de notre admiration. Nous saluons leurs grands morts, tombés en martyrs au service de leur foi ».

Il convient d’indiquer que la création du francisme est du 29 septembre 1933, que celle de la Phalange est du 29 octobre 1933, soit exactement un mois d’écart, alors que l’année de leur rencontre, en son début, sera suivie de la mise hors la loi de la Phalange en Espagne, au mois de mars, et de celle du Parti Franciste en France, au mois de juin. Ce mois de juin verra le transfert de José Antonio de la prison de Madrid à celle d’Alicante.

L’inspiration fasciste de ces deux mouvements est incontestable et même revendiquée par eux particulièrement, hormis parfois pour des problèmes d’opportunité psychologique ou juridique.

Ce fascisme-là associant le social et le national, conciliant l’État et la religion, alliant la politique et l’esthétique, rassemblera une jeunesse ardente, d’accord pour répudier la loi du nombre, le règne de l’argent, l’idéologie du progrès.

C’était une conception sociale hiérarchique, favorable à l’enracinement et à l’unanimité, hostile à la subversion et à l’inversion. Elle visait à établir dans les différents pays d’Europe une forme de gouvernement sans précédent, bien qu’étant au fond l’expression renouvelée d’un pouvoir temporel chrétien non clérical.

A priori, le style de vie préconisé requérait de la part de ses adeptes, francistes en France et phalangistes en Espagne, un grand dévouement, une parfaite probité, une indiscutable compétence, en plus d’un ardent patriotisme national et un souci constant d’équité sociale.

La profonde originalité de José Antonio, vis-à-vis des différents mouvements européens de même inspiration et de leurs dirigeants de l’entre-deux guerres, c’est le mélange d’extrême rigueur doctrinal et de poésie, qui caractérise sa pensée et son action, lui assurant une survivance, car la poésie est peut-être plus accessible que le raisonnement systématique, lequel ne peut se suffire à lui-même, provoquant l’apostrophe de Maurice Barrès dans une correspondance à Charles Maurras : «Je crains que vous ne formiez de durs petits esprits ».

Il faut de la splendeur à la vérité, des hauts lieux symboliques, des points de ferveur, un certain lyrisme, même parfois un «pessimisme enthousiaste» selon la formule phalangiste, qui déroge certes de la mise en équation des programmes et autres catalogues des partis de droite comme de gauche, ou autres cercles « intellos ».

Lorsque José Antonio parlait au Théâtre de la Comédie, à Madrid, pour la fondation de la Phalange, d’un «mouvement poétique », ce n’était pas un effet de style oratoire. Il tenait à ce que le mouvement répondît à certains critères esthétiques, répudiant tout penchant pour l’abstraction. José Antonio avait une profonde antipathie pour ceux des hommes politiques qui, ne comprenant que les chiffres, jamais ne comprennent un poème.

Par ses écrits, ses discours, par les exemples qu’il a donnés dans sa vie privée et publique, il a réussi à magnifier la politique en mystique. Et cette mystique, qui est de la poésie en action, a auréolé ses disciples et pérennisé ses idées.

José Antonio est le chantre de la jeunesse de l’Europe, de l’Europe qui, pour lui et pour nous, n’est pas seulement un continent, mais une civilisation commune, constituée et portée par des nations historiques, chacune étant une unité de destin particulier dans l’universel.

Chantre par extension signifie poète, ainsi le chantre d’Achille, c’est Homère.

Il n’est question aujourd’hui que du réchauffement de la planète alors que par la domination des chiffres sur les lettres c’est plutôt de la glacification de l’humanité qu’on a tout à craindre.

José Antonio, fusillé le 20 novembre 1936, n’est pas mort. La preuve, c’est qu’à l’évocation de son nom, il est répondu « Présent ! ». Certes, enterré sommairement après sa mise à mort, il fut inhumé dans un mausolée à Alicante, puis, après la translation solennelle de ses cendres de la côte méditerranéenne au monastère-nécropole des souverains d’Espagne, à l’Escurial, aux environs de Madrid. Il trouva enfin sa sépulture définitive au pied du maître-autel de la basilique de la Vallée de los Caïdos, en 1959, lors de l’inauguration de cette œuvre souterraine grandiose qui exigea l’extraction de quatre cents millions de mètres cubes de rocher et dont la partie extérieure est dominée par une croix gigantesque de cent-cinquante mètres de hauteur.

L’hymne de la phalange : Cara al sol (Face au soleil)

« La Baleine qui rie» était un café littéraire situé dans le sous-sol du café de Lyon, rue d’Alcala, en face de la porte monumentale, à Madrid.

À partir du moment où José Antonio fréquente le lieu, il devient le conservatoire académique de la Phalange, s’activant très tard dans la nuit.

« Et l’hymne ? » s’écriait José Antonio toutes les nuits qu’il se rendait à « La Baleine qui rie ».

Quand avons-nous un hymne ? Il en rêvait chaque heure du jour. Et il expliquait à ses camarades réunis le soir : « Ce doit être une chanson d’amour et de guerre. Le phalangiste dit adieu en pleine clarté, à la femme qu’il aime, il s’en va avec la chemise bleue quelle lui a brodée pour le combat. Il pense à la mort gaiement, car le phalangiste ne meurt jamais ; car le phalangiste tombé reparaît à la place d’honneur, qui est au ciel pour les braves. Là-haut il montera sa garde, auprès de ceux qui sont tombés comme lui, ou qui tomberont encore, et il assistera, extatique, au glorieux labeur des siens. Il part pour la guerre et porte dans son âme la plus sûre des prophéties : le retour des couleurs victorieuses dans le printemps splendide qu’attend notre terre espagnole, qu’attendent le vent et la mer (…). S’il revient, les cinq flèches rouges de sa poitrine auront fleuri en cinq roses pour son aimée : la rose de la Foi, la rose du Sacrifice, la rose de la Vaillance, la ose de la Paix et la rose de l’Espagne. Il faut que ce soit une chanson de guerre et d’amour, notre chanson. Mais aussi une ballade le l’adieu, après lequel les uns reviendront et les autres présenteront les armes au mystère ».

C’est exactement l’hymne qui fut réalisé. Sans connaître précisément l’auteur.

La musique est attribuée à Juan Telleria, les paroles entre autres Augustin de Foxa, José Maria Alfaro, Jacinto Miquelarena, mais l’âme de la chanson, la mélodie et la poésie sont de José Antonio, avec pour titre Cara al Sol: « Face au soleil ».

Le soleil, symbole de la vie, de la chaleur, du jour, de la lumière, de l’autorité et de tout ce qui rayonne.

Phébus était pour les Latins le surnom d’Apollon, dieu soleil. Dans les textes celtiques, le soleil sert à caractériser tout ce qui est beau, aimable, splendide.

Pour l’Écriture sainte : « le soleil de justice », c’est Dieu et plus particulièrement Jésus-Christ.

Lors de la période contemporaine, son adaptation stylisée, appliquée au domaine politique porte le nom de croix celtique.

Les paroles du Cara al sol évoquent et mettent en mémoire celles du chant de l’amour et de la mort du cornette Christophe Rilke, qui combattit les Turcs envahisseurs de l’Europe au XVIIe siècle, et pour qui son descendant Rainer Maria Rilke écrivit, au début du XXe siècle, un récit où il lui fait dire : «Ma bonne mère, soyez fière, je porte le drapeau. Aimez-moi bien, je porte le drapeau… ».

À noter également, dans le même registre, les paroles du poème Le cœur du Hialmar, de Leconte de Lisle, narration de la mort d’un jeune guerrier scandinave des temps anciens, demandant à un oiseau sacré de percer sa poitrine, d’y prendre son cœur pour le porter à sa fiancée :

«Moi, je meurs. Mon esprit coule par vingt blessures.

J’ai fait mon temps. Buvez, ô loups mon sang vermeil.

Jeune, brave, riant, libre et sans flétrissures,

Je vais m’asseoir parmi les dieux, dans le soleil ! »

L’on voit la concordance de la pensée josé-antonienne avec des exemples pris dans la poésie héroïque européenne.

Cara al sol est né en décembre 1935, peu de temps avant les événements décisifs au cours desquels il connut une notoriété fulgurante et bienfaisante dans le camp nationaliste.

Maintenant, je tiens à révéler un fait peu connu du cheminement de la quête de poésie de la mystique josé-antonienne en Europe.

Moins d’une dizaine d’années après l’apparition du Cara al sol, à la suite de la Seconde guerre mondiale, deux mille jeunes nationalistes français étaient concentrés comme prisonniers politiques au camp du Struthof, en Alsace, près de Strasbourg.

J’étais l’un d’entre eux. Affamés et transis, sans nouvelles de l’extérieur, presque sans possibilités de lecture, certains trouvèrent une échappatoire, qu’ils communiquèrent aux autres, dans l’évocation de la guerre d’Espagne, en rappelant que Robert Brasillach avait justement écrit dans les Sept couleurs : « Les hommes de ce temps auront trouvé en Espagne le lieu de toutes les audaces, de toutes les grandeurs et de toutes les espérances ». Sur l’air du Cara al sol, ils avaient imaginé des paroles en langue française, auxquelles ils donnèrent le titre de Chanson de José Antonio, hymne de la jeunesse européenne, dont je vous livre la conclusion à l’occasion de ce centenaire du chantre de la jeunesse européenne : «En avant, compagnons d’infortune, la Patrie par nous restera Une. Le drapeau que nous servons, sortira de son oubli, et quand le printemps refleurira, il flottera épanoui ».

Pierre Sidos

I-Grande-14464-presence-de-jose-antonio-1903-2013.net

Tiré du livre « Présence de José-Antonio 1903-2013 », édité par Synthèse Nationale. Avec la participation entre autre de Jérôme Bourbon (Rivarol), d’Olivier Grimaldi (Cercle Franco-Hispanique) et de Jean-Claude Valla (écrivain)…

Via laflamme

Lancement des entretiens vidéos mensuels de Rivarol avec Jérôme Bourbon

Il est lancé pour cette nouvelle année 2018, que nous espérons chargée de diffusion de notre combat politique et civilisationnel, une série d’entretiens d’actualités pour appuyer l’hebdomadaire papier Rivarol. Il sera traité et schématisé, les derniers événements ayant suffisamment secoué les évènements nationaux et internationaux en livrant des analyses basées sur ses rédacteurs propres ; en la présence de son directeur M. Jérôme Bourbon.

Le premier entretien de janvier 2018 « Le communisme athée a fait beaucoup plus de morts que le « fanatisme religieux » » :

Sujets :
0:56 – Abandon de l’héritage historique du Front National par Marine Le Pen
20:41 – Antichristianisme étatique contre la crèche de Noël de Robert Ménard.
36:24 – Actuelle politique populiste autrichienne.
49:46 – Indépendantisme catalan vis-à-vis de l’Espagne.
1:02:14 – Donal Trump reconnaît Jérusalem comme capitale officielle d’Israël.

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