«Hitler et la France» de Friedrich Grimm en citations

Document indispensable pour mieux saisir la tête froide, via le contexte géopolitique, les discours sincères du Führer et de ses collaborateurs auquel s’ajoute des partisans Français du rapprochement franco-allemand. Pour une Europe des nations accompagnée de la nécessité d’un organe impérial commun pour la défense consciente de notre civilisation unique et porteuse de l’universel. Des questions qui malgré l’évolution de la situation demeure encore d’actualité tant c’est inscrit dans l’ordre naturel des choses.

Les citations du docteur Grimm sont tirées de l’introduction du livre et touchent au  national-socialisme, à la patrie et son identité, à la question internationale alliée au droit politique légal et à la philosophie naturelle de manière générale ; tels sont en tout cas les maîtres-mots du sujet.

Source PDF : Dr. Friedrich Grimm – Hitler et la France (Paris-Berlin, septembre 1938).

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Hitler et la France :

«Parmi tous les problèmes politiques qui intéressent l’opinion publique en France, il en est un qui paraît particulièrement important, c’est le problème «Hitler et la France». C’est tout naturel. D’abord, parce que c’est l’éternel problème franco-allemand sous son aspect actuel.»

Manifestation de paix :

«Le Führer a réalisé certains buts que le peuple allemand considère comme buts légitimes de sa politique nationale. Mais le Führer, qui connut lui-même les horreurs de la guerre, a toujours repoussé l’idée de guerre et on n’a entendu, de sa part, notamment en ce qui concerne la France, que des manifestations de paix et de rapprochement

Voyageurs Français :

«Ces Français venus en Allemagne ont pu constater un changement profond et général dans la mentalité allemande. Ce changement, que les hommes de Weimar n’avaient pas réussi à réaliser, est dû précisément à l’homme qu’on avait montré au peuple français comme le pire de ses ennemis.»

Ré-armement :

«Oui l’Allemagne a repris ses armements. (…) Toutefois ce réarmement ne devait pas inquiéter l’opinion française. L’Allemagne aspire à l’égalité des forces qui est la seule base raisonnable et solide pour une conversation de peuple à peuple

Terres germaniques :

«Sans doute la plus grande partie des Français avaient compris que la Sarre était une terre allemande, mais la politique officielle, encore trop obsédé par les idées de la politique classique, traditionnelle ou historique, héritage éternel de Richelieu, ne voulait pas admettre que les habitants de la Sarre était des Allemands, animé d’un seul désir : rejoindre la patrie allemande.»

Rapport entre peuples :

«Le problème franco-allemand est devenu un problème de peuple à peuple. Les peuples veulent qu’il soit résolu. Les peuples doivent se décider. Ils cherchent de nouvelles méthodes pour se libérer du passé et gagner l’avenir.»

Contributions à l’apaisement :

«Des hommes courageux ont écrit des ouvrages objectifs sur Hitler et la nouvelle Allemagne ; ils ont réclamé que l’on causât, avec l’Allemagne. Il y a progrès et nous nous en félicitons. Nous avons suivi avec sympathie les manifestations des anciens combattants et du Comité France-Allemagne. Nous avons vu paraître en France des livres compréhensifs comme ceux de Louis Bertrand, de Brinon, de Jules Romains, de Chateaubriant et de bien d’autres. Tout cela sert à une meilleure compréhension. La tâche est si grande, l’œuvre si précieuse.»

Droit européen et non-germanisation des terres :

«Nous avons vu, en effet, réalisé en Allemagne quelque chose de nouveau, une nouvelle forme du nationalisme ou plutôt du patriotisme ; et cette nouvelle forme de nationalisme n’est pas incompatible avec l’idée de la paix et de la coopération européenne. Au contraire, nous croyons que la nouvelle conception que le national-socialisme se fait du peuple et de l’État constitue une garantie pour la paix, parce qu’elle s’incline devant la volonté de faire populations qui n’ont pas le désir de faire partie de la patrie allemande. Le national-socialisme refuse donc par principe de germaniser qui que ce soit. Il ne veut pas faire de prosélytes ou incorporer dans la nation allemande des éléments qui ne sont pas allemands, et qui n’ont pas à eux-mêmes la volonté de vivre dans la communauté du peuple allemand.»

Légalité et universel :

«C’est en maintenant la légalité que Hitler a mené sa lutte ; c’est par la voie de la légalité qu’il est arrivé au pouvoir, c’est légalement aussi qu’il veut obtenir pour le peuple allemand la situation internationale à laquelle il croit avoir droit. Grâce à cette idée de la légalité internationale, nous reconnaissons le droit aux peuples à disposer d’eux-mêmes, nous le reconnaissons pour tous les peuples, sans aucune restriction ni arrière-pensée. Le national-socialisme refuse de s’immiscer dans la vie intérieure des autres peuples. Telle une forme nouvelle du nationalisme, consciente de sa responsabilité devant la famille européenne, n’est-elle pas une solution du problème international conciliant l’idéal du patriotisme national avec l’idée de la «patrie européenne» et même de la «patrie humaine» dont on en tant parlé ? Nous en avons la conviction. Le Führer l’a affirmé devant le Reichstag.»

Respect de la patrie de chacun :

«Le national-socialisme, arrivé au pouvoir en Allemagne en triomphant du marxisme international, n’admet pas l’idée d’un pacifisme international qui nie les nations et s’oppose à l’idée de patrie. Nous avons retrouvé l’idée de patrie. Nous aimons notre pays. Mais nous sommes d’avis que l’amour de notre patrie ne nous empêche pas de respecter ceux qui, ailleurs, sont animés par les mêmes sentiments envers leur propre pays, sentiments d’amour, de dévouement et de fidélité. Nous croyons que, pour être patriote allemand, il n’est point nécessaire de haïr les autres patries. Nous croyons que le bon patriote allemand doit estimer le bon patriote français.  C’est là, à notre avis, le meilleur moyen, pour ne pas dire le seul, de triompher des erreurs d’un passé douloureux qui a si longtemps opposé nos deux peuples. Il faut briser la théorie du « Erbfeind », la théorie de l’ennemi héréditaire. Il ne faut pas que le passé reste toujours comme un mur infranchissable, un abîme qui nous sépare. Il ne faut pas qu’il y ait une « idée fixe », une « politique historique » ou « traditionnelle » restant comme une « loi éternelle », « un dogme intangible », qui se dresse toujours entre nos deux nations. Nous ne croyons pas que les guerres entre nos peuples soient inévitables. Nous sommes convaincus en même temps qu’il est de notre propre  intérêt que les peuples voisins, et notamment le peuple français, soient heureux, prospères, forts et satisfaits. C’est la seule manière d’assurer l’équilibre des États européens, sans lequel il n’est de collaboration et de paix possibles sur notre vieux continent. Mais la réconciliation et le rapprochement de nos deux peuples, condition sine qua non de toute coopération pacifique de l’Europe, ne sont pas l’affaire de partis ou de « Weltanschauung », de mystiques ou de conceptions de politique intérieure. Il s’agit d’un problème à résoudre de peuple à peuple, de nation à nation. Peu importe que les hommes qui entreprennent le rapprochement soient de gauche ou de droite. Ce qui est bon pour un pays ne l’est pas pour l’autre. Nous autres Allemands, nous commettons souvent l’erreur de croire que, dans les autres pays de l’Europe et notamment en France, tout doit se passer comme chez nous. C’est là erreur commune à beaucoup de peuples.»

Grande Europe :

«Le Führer s’est toujours déclaré prêt à toute collaboration européenne. L’Allemagne et l’Europe, ce n’est pas une antithèse. Par la nature même de son nationalisme et par le principe de la légalité, la nouvelle Allemagne donne une double garantie de collaboration internationale. Une troisième garantie est de nature à calmer toutes les craintes : c’est le côté social et même socialiste du mouvement hitlérien. Ce mouvement est composé de deux éléments qui se complètent. National, il est aussi socialiste. Il ne faut pas sous-estimer l’importance du caractère socialiste du mouvement. Hitler est un véritable socialiste. Socialiste, non pas au sens que le marxisme a donné à ce mot, mais dans son véritable sens de représentant du peuple qui travaille. Le peuple qui travaille veut la paix.»

Et la France devant l’entente :

«Nous avons vu avec regret que chaque manifestation de paix du Führer a eu, dans une partie de l’opinion française, un écho qui devait amener une déception en Allemagne. C’était la réaction des apôtres de la méfiance éternelle. Mais il y a eu aussi des voix encourageantes, celles d’anciens combattants français et allemands. Ces hommes qui s’étaient battus les uns contre les autres, il y a vingt ans, avaient cependant appris à s’estimer et à s’apprécier. Bons juges en courage, les uns et les autres honoraient leurs adversaires, rendaient justice, malgré le tumulte affreux des combats, à leur bravoure, à leur esprit de sacrifice, à leur amour de la patrie. Aujourd’hui, ils pensent que deux peuples qui ont tant saigné, tant souffert, qui ont montré tant de vaillance et d’esprit chevaleresque ne doivent plus, ne peuvent plus reprendre les armes pour se ruer les uns sur les autres dans un assaut dément où sombrerait la civilisation occidentale, dans une lutte fratricide de deux peuples proches par le sang et faits mieux que tout autres pour s’aimer et se comprendre. Et ce sont eux qui, de toute leur volonté lucide, crient aujourd’hui : « Luttons pour la paix ! ».»

Pour une paix internationale sans la SDN :

«Nous nous méfions de la Société des Nations; nous nous méfions de ce qu’on appelle la « sécurité collective » et la « paix indivisible ». Nous croyons que la Société des Nations a failli à son rôle, qu’elle est devenue infidèle à la mission pour laquelle Wilson l’avait prévue, c’est-à-dire, constituer un instrument de la paix future. Nous croyons au contraire que la Société des Nations est devenue un instrument destiné à maintenir et à garantir le statu quo de Versailles. Or, Versailles signifie pour nous l’idée de l’humiliation, de la défaite, de l’infériorité et de la discrimination. Il est regrettable que la  Société des Nations soit liée au Traité de Versailles. Il est regrettable que la Société des Nations, en exécution du Traité de Versailles, ait été chargée de fonctions qui nous étaient pénibles et nous rappelaient la défaite. Croyez-vous qu’une discussion à Genève, comme par exemple celle qui se rapporte à Dantzig, nous rende sympathique l’institution de la Société des Nations? C’est pourquoi nous n’en voulons plus. Nous ne refusons pas la collaboration avec tous les peuples dans l’intérêt de la paix, mais nous préférons collaborer directement, en tant que nation souveraine et libre, avec les autres nations libres, sur le pied de l’égalité, sans passer par l’intermédiaire de Genève. Cela correspond à un sentiment général répandu dans toute l’Allemagne. Aussi a-t-on vu Hitler, quand il a abandonné la Société des Nations, recueillir l’approbation unanime de son peuple.»

Droit français ou droit germanique :

«Lors du Congrès international des avocats, à La Haye, en 1932, un grand juriste français, M. Appleton, nous a fait une excellente conférence sur « Gœthe et le droit ». Il nous a montré la différence entre la conception allemande de la fidélité au contrat et la conception plus cartésienne des Français qui respectent plutôt la signature, la lettre, le droit écrit. Il a développé ce thème que Gœthe, représentant la conception germanique du droit, avait été partisan de l’idée du « droit qui est né avec nous >>, du droit véritable, de la justice en opposition au droit des paragraphes qui sont souvent summum jus summa injuria. Mais, a-t-il ajouté, Gœthe a reconnu aussi qu’il faut respecter l’ordre. L’ordre d’abord. Un ordre mauvais vaut mieux que le désordre. (…) Essayons donc de faire mieux, d’organiser une meilleure paix. De la crise de la paix mal faite a surgi le désordre du bolchevisme. Ce désordre menace aujourd’hui l’Europe entière. Mais en Allemagne est né un bloc d’ordre, qui constitue une garantie contre le chaos qui nous menace de l’Est.»

L’entente franco-allemande par les régimes :

Dans un intéressant article paru dans l’Ère nouvelle du 3 mars 1936, M. Paul Bastid déclare: « Les rapports franco-allemands sont plus que jamais à l’ordre du jour. (…) nous avons balancé entre deux systèmes : maintenir éternellement l’Allemagne hors d’état de nuire, ce qui était la conception de Versailles, ou faire confiance à l’esprit pacifique du Reich et l’aider à retrouver sa place dans le concert européen.»

De peuple à peuple :

«Combien en est-il qui aient songé à un rapprochement du peuple français et du peuple allemand, toute question de régime mise à part? » C’est là, en effet, le point principal. Le rapprochement franco-allemand n’est pas une question de régimes : c’est une question qui doit être résolue de peuple à peuple.  Hitler l’a reconnu. Il a compris sa mission européenne. Ses manifestations de paix en sont la preuve. Que le public français les entende et que le terrain soit ainsi préparé pour la paix qui est si nécessaire aux peuples d’Europe !»

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À propos de Mein Kampf :

«Vous voulez que je fasse des rectifications dans mon livre comme un écrivain qui prépare une nouvelle édition de ses œuvres ? Mais je ne suis pas écrivain, je suis un homme politique ! Ma rectification ? Je l’apporte tous les jours dans ma politique extérieure, toute tendue vers l’amitié avec la France ! Si je réussis le rapprochement franco-allemand comme je le veux, ce sera une rectification digne de moi ! Ma rectification je l’écrirai dans le grand Livre de l’Histoire.»

Adolf Hitler dans son entretien à Bertrand de Jouvenel pour Paris-Midi du 21 février 1936.

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L’abbé Belmont sur deux sujets-clefs distincts : mystère lumineux de «Jean-Paul II» et le Ralliement de Léon XIII

Le rosaire qui contient la récitation de 150 Ave Maria, fait référence aux 150 psaumes du Roi David dans l’Ancien Testament. Ainsi, l’ajout des «mystère lumineux» vient aussi perturber la référence et le rythme du rosaire.

« Profanation de la dévotion mariale » (Abbé Belmont) :

On fait valoir, au crédit de Jean-Paul II et de son autorité pontificale, la dévotion mariale qu’il a manifestée pendant sa présence sur le siège romain.

Certes, la dévotion mariale est une pièce essentielle de la vie chrétienne. Mais la mesure la dévotion à la sainte Vierge Marie n’a pas de portée réelle quant à la question du Siège apostolique, ni dans un sens ni dans l’autre.

Il peut toutefois être instructif d’aller rendre visite l’acte marial le plus net de Jean-Paul II – sa Lettre apostolique du 16 octobre 2002 Rosarium Virginis Mariæ – et de se pencher rapidement sur ce document dont on a surtout retenu qu’il introduit une nouvelle série de mystères du rosaire, les mystères « lumineux ».

Cette introduction des mystères lumineux provient d’un dessein bien précis : « donner une consistance nettement plus christologique au rosaire » [§ 19]. Tout au long de l’encyclique, sonne comme une sorte de basse continue cette constante préoccupation : il faut recentrer le Rosaire sur Jésus-Christ [§§ 1, 4, passim]. Par le fait même, est partout présente, sans être explicitement énoncée, la crainte que la contemplation de la sainte Vierge Marie ne détourne de Notre-Seigneur. Cette crainte donne une saveur très froide et très amère à toute l’encyclique, et met vraiment mal à l’aise.

C’est ainsi que Jean-Paul II diffuse un refus que la très sainte Vierge Marie soit aimée pour elle-même, priée pour elle-même, contemplée en elle-même. À la lecture, même bienveillante, c’est vraiment ce qui apparaît comme le plus caractéristique, comme le plus présent, le plus constant : il n’est pas question que la sainte Vierge Marie soit un objet de prière et de contemplation, elle n’en est qu’un moyen.

Cette froideur empoisonne tout le texte. Son résultat est de conduire à un point précis : le culte de l’homme. Il faut recentrer le Rosaire sur le Christ, parce que le Christ conduit à l’homme : voilà le mouvement profond de l’encyclique, voilà le Rosaire embarqué dans la religion de Vatican II.

Pour s’en convaincre, il suffit de lire le § 25 :

« À la lumière des réflexions faites jusqu’ici sur les mystères du Christ, il n’est pas difficile d’approfondir l’implication anthropologique du Rosaire, une implication plus radicale qu’il n’y paraît à première vue. Celui qui se met à contempler le Christ en faisant mémoire des étapes de sa vie ne peut pas ne pas découvrir aussi en lui la vérité sur l’homme. C’est la grande affirmation du concile Vatican II, dont j’ai si souvent fait l’objet de mon magistère depuis l’encyclique Redemptor hominis : “En réalité, le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné.” Le Rosaire aide à s’ouvrir à cette lumière. En suivant le chemin du Christ, en qui le chemin de l’homme est “récapitulé”, dévoilé et racheté, le croyant se place face à l’image de l’homme véritable. »

On comprend facilement qu’ainsi centré sur l’homme, le Rosaire devienne un auxiliaire de l’œcuménisme [§ 4] ; on comprend que si Jean-Paul II affirme que le Rosaire est au service de la paix [§§ 6, 40] jamais il n’évoque la victoire des forces et des armées chrétiennes (ce qui est pourtant la plus glorieuse histoire du Rosaire, de la lutte contre les Albigeois à celle contre l’Islam). Comment la paix ainsi désirée serait-elle dès lors la vraie paix, celle que le monde ne peut donner, celle qui est le règne de Jésus-Christ ?

Au bout du compte, ce n’est pas la très sainte Vierge Marie qui est glorifiée ; ce n’est pas elle que le peuple chrétien est exhorté à aimer, à imiter, à contempler, à prier. Tout conduit à l’homme, objet ultime de la religion conciliaire. Anathema sit.

Il appert, si on en suit attentivement le mouvement, que l’encyclique revient à déposséder la très sainte Vierge Marie de la prière du Rosaire ; et au bout du compte, cette dépossession n’est pas au profit de Notre-Seigneur Jésus-Christ (comme si Notre-Seigneur pouvait être glorifié qu’on dépouille sa Mère !) mais au profit de l’homme (au « profit » de sa révolte et de sa perte).

La dévotion mariale de Jean-Paul II, quelque sincère et profonde qu’on la suppose, est donc fortement marquée par cette pseudo-religion qui colonise les structures de notre bien-aimée Église catholique. C’est un fait indéniable.

Retenons-en la leçon inverse : une vraie dévotion à Notre-Dame – dévotion filiale, tendre, aimante, emplie du désir de l’imiter en tout – préserve de la fausse religion qui prévaut partout, et de la fausse autorité qui prétend l’imposer.

SOURCE

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Un pape bénéficie de l’infaillibilité en matière de foi et de mœurs (soutenir le contraire c’est se faire  gallican ou protestant sur le sujet) et non en terme purement pratique et politique. Cependant dans son gouvernement en matière de morale ceci permet des directives en ce sens, celles-ci n’ont d’ailleurs pas été intrinsèquement mauvaises en soi ; avec le recul et en tenant compte du contexte nous pouvons estimer qu’il y a eut un échec politique et sociologique dû aux conseillers du pape et surtout à l’inactivité des catholiques français.

L’autorité pontificale, à propos du Ralliement (Abbé Belmont) :

L’autorité pontificale est d’essence surnaturelle : elle est directement communiquée par Jésus-Christ à l’élu du Conclave, elle est constituée par l’assistance divine, par l’« être avec » Jésus-Christ annoncé par Notre-Seigneur à ses Apôtres (Matth. XXVIII, 21) : « Voici que je suisavec vous tous les jours jusqu’à la consommation du siècle. »

Cette assistance divine s’exerce d’une double façon :
1°/ Absolument dans l’exercice plénier du pouvoir pontifical, dont l’infaillibilité est alors strictement garantie en chaque cas :

– Magistère soit solennel ou locutionex cathedra, soit ordinaire et universel, enseignant une vérité comme révélée par Dieu directement ou indirectement, ou enseignant une vérité d’ordre naturel nécessaire à la garde du dépôt de la foi, ou condamnant une erreur, ou affirmant un fait dogmatique, ou certifiant la loi morale ;
– constitution des rites sacramentels (infaillibilité quant à la conformité à la foi catholique et quant à l’efficacité de grâce) ;
– promulgation des lois générales de l’Église (infaillibilité pratique qui garantit que la loi n’est ni mauvaise, ni nocive, ni insupportable ; autrement dit, qui garantit que celui qui s’y conforme est [en cela] dans la voie du salut éternel) ;
– approbation définitive des ordres religieux.

2°/ Habituellement, dans la conduite quotidienne de l’Église, de telle sorte qu’est vraie l’assertion de Pie XII dans Mystici Corporis : « Le divin Rédempteur gouverne son Corps mystique visiblement et ordinairement par son Vicaire sur la terre. »

Il n’est donc pas impossible qu’en dehors des cas où l’assistance divine s’exerce de façon absolue il y ait défaillance du souverain Pontife (bien évidemment, s’il arrivait une défaillance de ce genre, celle-ci n’est pas imputable à l’assistance du Saint-Esprit).
Selon les notions, une défaillance ponctuelle du Pape ne s’oppose pas formellement à l’assistance habituelle du Saint-Esprit, et ne la remet pas en cause (il en serait tout autrement d’une défaillance durable).
Cela n’est pas impossible. Mais cela est-il arrivé ? et de quelle manière ? Sujet bien difficile.

Le problème du « Ralliement » que d’aucuns soulèvent pourrait être un de ces cas. S’il en était ainsi, il ne faudrait pas affirmer trop vite que cette défaillance dispenserait de l’obéissance : il n’y a pas de lien nécessaire entre infaillibilité et obéissance, sinon c’en serait fait de toute autorité.

Pour ma part cependant, je ne crois pas que le « Ralliement » soit une défaillance de ce genre. En effet, l’enseignement de Léon XIII dans ses encycliques Au milieu des sollicitudes et Notre consolation est irréprochable. Je trouve les écrits de Robert Havard de La Montagne (Étude sur le ralliement, librairie de l’Action Française, 1926) et de Jean Madiran (On ne se moque pas de Dieu, NEL 1957, pp. 91-119) fort éclairants.
L’objet de l’intervention de Léon XIII est un appel au combat et le rappel des priorités à observer parmi les catholiques : il faut donner la première place à la lutte contre la législation perverse, avant les querelles politiques sur le régime.
S’il y a eu erreur de Léon XIII, c’est une erreur de fait : illusion sur l’esprit de foi des catholiques français d’une part, méconnaissance de la raison profonde de leur division d’autre part – et peut-être aussi méprise sur la malice de la politique de la république et la méchanceté des républicains.

L’opposition entre les catholiques de différentes tendances tenait beaucoup plus fondamentalement à la question du libéralisme qu’à la question du régime politique. Le résultat de l’intervention de Léon XIII fut le triomphe du libéralisme ; en effet, c’est l’interprétation libérale du « Ralliement » qui prévalut partout : chez les libéraux qui ont escamoté l’appel au combat ; chez leurs adversaires qui ont rejeté d’un même geste l’interprétation libérale (à raison) et l’enseignement de Léon XIII (à tort). Le bilan est catastrophique, mais je ne crois pas qu’on puisse l’attribuer à Léon XIII – certainement pas à sa doctrine en tous les cas.

De toutes les manières, ce qu’on a nommé le Ralliement (le mot ne se trouve pas chez Léon XIII) ne saurait être un prétexte pour diminuer l’Autorité pontificale, pour borner son champ d’application, pour restreindre son infaillibilité, pour se soustraire à l’obéissance.

SOURCE

À voir, sur un sujet apparenté :
– Deux lettres de Léon XIII
– Léon XIII et saint Thomas d’Aquin

Quelques passages sur la constitution chrétienne des États – S.S. Léon XIII

Léon XIII, un pape très politisé, nous a laissé une œuvre considérable, en mettant de côté l’échec du Ralliement, nous pouvons citer : sociale et de travail (Rerum Novarum le 15 mai 1891), essentiellement antimaçonnique (Humanum Genus le 20 avril 1884) et celle dont il sera question ci-dessous sur la relation entre l’Église et les États (Immortale Dei le 1er novembre 1885)… :

Immortale Dei est une encyclique émise par le pape Léon XIII, qui concerne les relations entre l’Église et l’État. Le pape y condamne l’indifférentisme religieux, le laïcisme, et souligne le devoir catholique de l’État de rendre un culte public à Dieu.

 

Il est réaffirmé la distinction entre les  puissances civiles et ecclésiastiques, chacun dans leur rôle  :

«Il est donc nécessaire qu’il y ait entre les deux puissances un système de rapports bien ordonné, non sans analogie avec celui qui, dans l’homme, constitue l’union de l’âme et du corps. […] Ainsi, tout ce qui dans les choses humaines est sacré à un titre quelconque, tout ce qui touche au salut des âmes et au culte de Dieu, soit par sa nature, soit par rapport à son but, tout cela est du ressort de l’autorité de l’Église. Quant aux autres choses qu’embrasse l’ordre civil et politique, il est juste qu’elles soient soumises à l’autorité civile, puisque Jésus-Christ a commandé de rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.»

Autre rappel du rôle du temporel (politique) et du spirituel (religieux), il faut ainsi admettre deux sociétés parfaites en tant qu’elles sont édifiées par Dieu  :

«Chacun d’eux, le pouvoir ecclésiastique et le pouvoir civil, dans son ordre est souverain (…) Chacun d’eux est donc circonscrit dans une sphère où il peut se mouvoir et agir en vertu des droits qui lui sont propres (…) C’est donc à l’Église, non à l’État, qu’il appartient de guider les hommes vers les choses célestes, et c’est à elle que Dieu a donné le mandat de connaître et de décider de tout ce qui touche à la religion.»

Il est souligné les devoirs de chacun et de chaque nation face au culte public, à l’indifférentisme religieux et à la laïcité démocratique :

«De même qu’il n’est permis à personne de négliger ses devoirs envers Dieu, et que le plus grand de tous les devoirs est d’embrasser d’esprit et de cœur la religion, non pas celle que chacun préfère, mais celle que Dieu a prescrite et que des preuves certaines et indubitables établissent comme la seule vraie entre toutes, ainsi les sociétés politiques ne peuvent sans crime se conduire comme si Dieu n’existait en aucune manière, ou se passer de la religion comme étrangère et inutile, ou en admettre une indifféremment selon leur bon plaisir.»

Lettre encyclique de S.S. le Pape Léon XIII – Immortale Dei.

Découvrir en résumé l’histoire de l’Espagne

Lors de l’antiquité ce sont des populations celtes et romaines qui se trouvent sur ce sol, pour ensuite laisser place aux wisigoths comme dans le sud-ouest français (en tout cas en jouant le rôle de nouvelle aristocratie). Le moyen âge est marqué par la Reconquista partant du royaume castillan. Le Siècle d’Or de l’Espagne est le moment de la Renaissance où l’Europe était dominée par cette nation notamment par sa diffusion culturelle et économique (XVI et XVII siècle), faisant suite à l’Inquisition et aux Conquistadors. Après la période réactionnaire franquiste, la Movida elle, désigne une période qui nous plaît beaucoup moins de part son influence démocratique, comble du comble, étant exercé par un roi contemporain (Juan Carlos).

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«Celte, romaine, puis wisigothique, musulmane et chrétienne, théâtre de l’Inquisition, première puissance coloniale du monde à la Renaissance, patrie du Cid, de Cervantès, de la corrida et de la movida, l’Espagne est le berceau d’une histoire d’une extraordinaire richesse. Ce pays si voisin du nôtre et apparemment si familier a connu un destin singulier en Europe. La présence prolongée de l’islam en son cœur, la force séculaire des identités régionales, la forme sombre et exclusive que le catholicisme y a prise à la fin du Moyen Âge, l’incapacité de la monarchie à se réformer, la guerre civile qui s’étend du début du XIXe siècle jusqu’à ce que nous appelons la guerre d’Espagne, la transition démocratique imposée de manière quasi autoritaire par le roi Juan Carlos à partir de 1975 : autant de traits qui ont modelé l’Espagne et que ce livre explore en compagnie des meilleurs spécialistes, français et espagnols.»

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L’idée d’écrire une nouvelle histoire de l’Espagne après les ouvrages encore récents et par bien des côtés indépassables de Joseph Pérez ou Bartolomé Bennassar – pour ne citer que deux grands hispanistes Français – n’a pas obéi à la vaine prétention d’enrichir leurs recherches. Elle a répondu au besoin d’approfondir ma propre curiosité en tentant de démêler ce que cette histoire, encore sujette à nombre d’interrogations, avait de plus singulier et de plus attachant. De même que l’on avance pas à pas, au fil du temps, d’une découverte l’autre, je l’ai conçue comme un récit strictement chronologique ouvert à un large public et allégé des digressions thématiques qui rompent souvent le rythme de son parcours.
Comme toujours, ainsi que le disait Pierre Vilar, il est moins important de connaître tous les détails de l’Histoire que de donner à entendre le pourquoi et le comment de qui s’est vraiment passé. Et au besoin de lui chercher un sens, bien qu’une telle approche, quand elle se veut idéologique, comporte aussi des risques qu’il convient d’éviter…
À lire les ouvrages de mes devanciers, je me suis en effet aperçu que leurs propres travaux les laissaient souvent sur leur faim, qu’ils éprouvaient encore le besoin de faire comprendre d’une manière plus simple et précise ce qu’ils n’avaient pu résumer ou suffisamment clarifier. C’est une des caractéristiques de l’histoire de l’Espagne que de laisser toujours des zones d’ombre à explorer et donc à expliquer.
En témoignent, par exemple, ce brillant essai de Joseph Pérez, Entender la Historia de España, la seconde partie de la biographie de Franco par Bartolomé Bennassar intitulée elle aussi «Comprendre» ou encore le dernier ouvrage de synthèse de l’hispaniste américain Stanley Payne titré La Guerre civile. L’histoire face à la confusion mémorielle. Tous auront cherché, à l’exemple des penseurs espagnols eux-mêmes – de Ganivet à Ortega, de Marañon à Madariaga, sans oublier Unamuno – à approfondir leur réflexion intime sur l’histoire de ce pays pour en transmettre une quintessence, comme s’il s’agissait d’une énigme encore mal résolue : celle que l’historien espagnol Claudio Sanchez Albornoz résumait dans son maître-livre : «España, un enigme historico».
Beaucoup de mythes assortis de préjugés tenaces encombrent encore cette histoire, et c’est bien ce qui la rend «différente», voire moins déchiffrable qu’aucune autre. Les Espagnols, en déclinant de manière récurrente le thème de la décadence, y ont ajouté longtemps, et non sans complaisance, l’aura romantique d’un destin singulier, en marge de l’Europe. Mais ce n’était le plus souvent que le reflet du miroir que l’étranger leur tendait et qui occultait ses propres responsabilités à leur égard.
La singularité espagnole commence certes à se manifester dans la longue durée de la Reconquête de l’Espagne musulmane, prolongée avec la prise de Grenade jusqu’à l’aube des Temps modernes. Mais elle est surtout marquée par une succession d’accidents historiques qui rompent son évolution vers un État-nation d’une manière le plus souvent brutale et durable. La première de ces ruptures est sans nul doute celle qui la prive d’une dynastie nationale à la mort des Rois Catholiques et l’intègre, avec Charles Quint, à un projet impérial qui ne cessera de l’épuiser tout en lui faisant payer son hégémonie en Europe et sa colonisation du monde d’une «légende noire» aussi injuste que persistante. La seconde intervient avec le déclin de la puissance espagnole en 1648. Mais la plus grave sans doute est celle qui, à la fin du XVIIIe siècle, brise l’élan qu’avait imprimé à l’Espagne le règne éclairé de Charles III de Bourbon sous l’effet de la Révolution française puis de l’invasion napoléonienne. Une quatrième rupture coïncide avec la perte de ses dernières colonies en 1898. La dernière, enfin, au terme d’un XIXe siècle chaotique et d’un début du XXe qui n’auront résolu, malgré des moments plus heureux, aucun de ses problèmes sociaux, sera marquée par cette Guerre civile où toutes les maladies idéologies de l’époque allaient trouver un champ propice à leur affrontement.

Présentation de l’éditeur

De la Reconquête à nos jours, l’Espagne offre le visage fascinant mais souvent énigmatique d’un pays au destin singulier où de brusques ruptures alternent avec des réveils d’une surprenante vitalité. Ses passions ne cessent d’interroger les nôtres.

Cette nouvelle histoire de l’Espagne se propose de restituer le rythme clair et soutenu d’un vrai «récit national» – genre trop injustement dédaigné par l’historiographie moderne – et de permettre ainsi de la mieux comprendre. Cette histoire, telle qu’on la perçoit généralement, victime de sa «légende noire» depuis l’Inquisition et la colonisation des Amériques, oscillant entre une fascination pour son Siècle d’or et un injuste mépris pour son siècle des Lumières, reste encombrée de bien d’autres clichés ou vues manichéennes sur sa Seconde République, la Guerre civile et le franquisme. Ils nous cachent une réalité plus complexe : celle d’une nation profondément vivante, mais contrariée par les vicissitudes d’un État trop souvent impuissant à fédérer ses potentialités.
Le but de cet ouvrage, ouvert sur l’avenir de ce grand pays flagellé aujourd’hui par la crise économique et menacé dans son unité, est de montrer, par les plus larges vues, combien passé et présent s’éclairent mutuellement.

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«Philippe Nourry connaît très bien l’Espagne. Il a beaucoup contribué à dissiper des malentendus, à rectifier des erreurs de jugements et à dresser du pays voisin un portait exact et néanmoins sans complaisance… Le résultat est un grand livre.»

Joseph Pérez

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Journaliste et écrivain (lauréat du prix Albert-Londres 1970 et de celui de la Fondation «Diario Madrid» 2010), Philippe NOURRY est notamment l’auteur de Franco, la conquête du pouvoir (1975), du Roman de Madrid (2008) et de Juan Carlos (Tallandier, 2011).

Préface de Joseph Pérez, ancien directeur de la Casa Velasquez.

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Présentation de l´Institut Charlemagne par Joseph Merel

Le présent travail contient des questions et des réponses portant sur des sujets qui concernent objectivement tout catholique, et que les chapelles de ce que j’appellerai ici la « droite catholique » négligent d’aborder ou abordent de manière souvent affective et/ou logiquement insatisfaisante.
Citons entre autres : Bien commun, analogie et réflexion ontologique ; Le mystère du Mal ; La dialectique ; Le décisionnisme ; Le problème de l’individuation; Le problème du désir naturel de Dieu ; Du rapport entre morale et politique, la question de l’autorité du Saint-Siège ; L’apophatisme, complice du subjectivisme ; L’usage de l’hégélianisme quand on est catholique.
Qu’on soit d’accord ou non avec moi, il me semble que la nature même des questions posées, les objections aux présupposés du milieu « droitier » et « bien-pensant », et les réponses, sont de nature à provoquer des débats.

Nb Pages : 634

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Josef Ratzinger (« Benoît XVI ») est-il hérétique ?

Milites Virginis Mariæ

Il était une fois, une des coqueluches des « faux tradis » : Josef Aloisius Ratzinger, alias Benoît XVI. Certains de ces mêmes « faux tradis » fustigent Jorge Mario Bergoglio, leur « pape » « François » et le comparent parfois à son « prédécesseur », « Benoît XVI », sous-entendant que ce dernier était « un vrai catholique », ou du moins « plus catholique que Bergoglio-François ». Qu’en est-il ?

Par cette expression [“subsiste dans”], le Concile [Vatican II] prend ses distances avec la formule de Pie XII qui avait dit dans son encyclique Mystici Corporis : l’Eglise catholique “est” (“est”, en latin) l’unique Corps mystique du Christ. Dans la différence entre le “subsistit in” et le “est” de Pie XII se cache tout le problème œcuménique.”

Josef Ratzinger, conférence au Congrès d’étude sur le concile Vatican II, 25-27 février 2000, reproduit in Osservatore Romano, 4 mars 2000.

Oui, vous avez bien lu, Ratzinger prend ses distances volontairement avec la foi…

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