À propos de l’inacceptable drapeau tricolore frappé du Sacré-Cœur selon le cardinal Billot

Le sujet concerne le fait que lors de la Grande Guerre, certains groupes catholiques et des généraux ont voulu obtenir dans leur action, auprès des pouvoirs publics républicano-maçonniques, l’adjonction de l’image du Sacré-Cœur au drapeau tricolore français, ce qui fut fait, chose ayant ainsi permis la participation des catholiques à la guerre. Mourrir pour la gueuse en chantant La Marseillaise fut le résultat final.

 

«Cette campagne, que notre épiscopat se garda d’encourager, que plusieurs évêques condamnèrent même publiquement, et que le Saint-Siège déconseilla par des instructions envoyées aux cardinaux de France»…

Julien de Narfon, rédacteur au Figaro.

 

Les propos du cardinal Billot :

 

«Vous me demandez mon avis sur les prétendues promesses d’après lesquelles la grandeur matérielle de la France serait la consécration de la réalisation littérale du désir exprimé à la bienheureuse Marguerite-Marie : « que l’image du Sacré-Cœur soit officiellement gravée sur les armes, peinte sur les drapeaux, etc. »

« L’Église, en canonisant ses saints, ne se porte jamais garante de l’origine divine de leurs révélations », et que, de plus, « il y a toujours place, en quelque hypothèse que ce soit, pour un mélange inconscient de ce qui vient de l’esprit propre avec ce qui est l’esprit de Dieu ».

Une bienheureuse telle que Marguerite-Marie n’est pas infaillible en la matière. Il remet en question la substance du fameux « message » du Sacré-Cœur à Louis XIV, vu comme trop mystique, non légitime, et reste par ailleurs un miracle privé. En sachant de plus que ce Roi fut grand défenseur des «libertés gallicanes»…

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«Nous devons considérer qu’il y a une certaine économie de la Providence actuelle dont Dieu, autant que nous pouvons en juger par l’histoire, entend ne pas sortir (…) Le miracle d’un pays aussi profondément divisé que le nôtre, surtout sur la question religieuse, aussi pourri de libéralisme, aussi féru de l’idée révolutionnaire, venant à accepter dans son ensemble, une pareille alliance de la politique et de la religion dans ce qu’elle a de plus intime et de plus délicat, non, encore une fois, ce miracle-là n’aurait d’analogue en rien dans ce qui s’est jamais vu depuis que le monde est monde, depuis qu’il se fait des miracles sous le soleil, depuis qu’il y a des hommes sujets au gouvernement divin sur la terre.»

«L’idée d’un drapeau national portant l’image du Sacré-Cœur ne me semble pas même une idée acceptable en soi, pour la bonne raison que le drapeau national n’est pas seulement un drapeau de paix, mais qu’il est aussi un drapeau de guerre. Et pourquoi les Allemands, par exemple, ne se croiraient-ils pas en droit de mettre sur leur drapeau ce que nous mettons sur le nôtre ?»

Une nation apostate ne mérite pas cette liaison entre le Bleu Blanc Rouge et le Sacré-Cœur, cela va contre la logique et la Volonté de Dieu, perceptible d’évidence par le châtiment dû à la situation. Situation dont nous ne sommes toujours pas vraiment sortis… Le cardinal n’aurait même pas accepté par principe, même si la société française rendrait culte publique à Dieu, ce «flocage» de drapeau.

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«Nous dirons encore un mot des promesses. J’ai crié gare à je ne sais quelle nouvelle forme de millénarisme sur la pente duquel nous mettent ces assurances de triomphe sur nos ennemis et sur ceux de la Sainte Église, ce pouvoir d’abattre à nos pieds ces têtes superbes et orgueilleuses des grands, ces abondantes bénédictions sur toutes nos entreprises, etc.»

«En vérité, ce n’est pas ce que semblent nous promettre les leçons du passé. Ce n’est pas ce que le Sacré-Cœur réservait à Louis XVI, à Garcia Moreno, aux héroïques Vendéens de la Rochejacquelin, de Charette, de Lescure, d’Elbée, de Cathelineau. Enfin, nous ne sommes plus des Juifs d’ancien Testament.»

Le cardinal refuse par ailleurs l’idée d’une dite élection divine ethnique en particulier, le millénarisme est quelque chose de judaïsant, non chrétien.

 

«La question du drapeau» par le cardinal Billot, publié dans Le Figaro du 4 mai 1914.

Texte complet.

2 commentaires sur “À propos de l’inacceptable drapeau tricolore frappé du Sacré-Cœur selon le cardinal Billot

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