«L’Église est éclipsée, le Sel est affadi» : réponse à «Dominicus» des «dominicains d’Avrillé»

Communiqué des Éditions Saint-Rémi :

« Nous publions dès maintenant cet article à paraître dans le n°48 d’avril de La Voix des Francs Catholiques : Réponse de Nicolas Magne de La Voix des Francs Catholique à Dominicus du Sel de la Terre interviewé sur Media-presse-info (pour grossir le texte à souhait, tout en appuyant sur la touche Ctrl, faites rouler la molette de votre souris). 

Nous consignerons cette réponse dans notre revue imprimée, afin qu’elle soit un témoignage pour l’Histoire.

Cette dispute théologique publique tombe à point, car nous venons de diffuser ce livre écrit par un groupe de tertiaires dominicains et franciscains , qui connait un franc succès pour son lancement, et qui marquera une étape dans l’histoire de la Tradition : comment une partie de l’élite des fidèles de la mouvance Fraternité Saint-Pie-X a ouvert les yeux sur la situation de l’Église. »

* * *

LA VOIX DES FRANCS N°48 – Publication au 1er avril 2018

L’Église est éclipsée, le Sel est affadi

Réponse à « Dominicus »

« Dominicus », religieux du couvent d’Avrillé, auteur d’un Petit Catéchisme du sédévacantisme, (d’abord publié en 2001 dans la revue Le Sel de la terre, n°36, dans une édition tirée à part et augmentée, auprès des éditions du Sel, 6, allée Saint-Dominique, 49240, AVRILLÉ) aura donc décidé de répondre publiquement à l’article que j’ai signé qui est, après bien d’autres études portant réfutation de son travail, la dernière en date. Cet article est intitulé « Réponse aux divagations des Bonshommes d’Avrillé, au sujet de la présente vacance du Saint-Siège » et il a été publié dans le n°47 de La Voix des Francs, pp. 5-38. Revue La Voix des FrancsB.P. 80 – 33410 CADILLAC. Voici l’adresse internet à partir de laquelle on peut télécharger le numéro en question.

Et voici la réponse de « Dominicus », sous la forme d’une interview donnée à medias-presse.info.

Sur le site en question, on s’est jusqu’ici bien gardé de donner les références exactes de l’article et de la revue auxquels on prétend répondre. La revue La Voix des Francs est même qualifiée de simple « bulletin » ! Ne pas donner les références exactes, c’est plus simple. Les lecteurs de l’interview sont censés ne pas y aller voir de trop près et littéralement boire les paroles de « Dominicus », sans autre forme d’examen : « Circulez, y a rien à voir ! »

Du point de vue de l’interviewé il s’agit de confirmer le bon peuple traditionaliste dans l’adhésion aveugle à la vulgate lefebvriste. Il s’agit également de venger l’honneur de nos Bonshommes. J’ai eu en effet le malheur de proférer quelques vérités taboues sans prendre de gants. Ce n’est pas gentil. C’est même très méchant. Voilà donc notre « Dominicus » qui se défend en adoptant la posture victimaire.

Autre posture adoptée par « Dominicus » : la posture « professorale ». D’entrée de jeu, le ton adopté est paternaliste et condescendant. Votre serviteur et les sédévacantistes en général sont censés être des théologiens et des canonistes « improvisés ». Tandis que, bien évidemment, « Dominicus » et ses Bonshommes sont censés, eux, maîtriser et la théologie et le droit canon.

Pour ma part, je ne prétends être ni théologien, ni canoniste. Je me contente de m’appuyer sur le magistère des papes et sur des autorités théologiques et canoniques incontestables. Un peu à la façon du petit enfant – l’image est de Mgr Lefebvre – qui peut à bon droit s’appuyer sur son seul catéchisme pour tenir tête à l’évêque moderniste qui veut lui faire perdre la foi. C’est ce que « Dominicus » appelle avec mépris « faire du copier-coller ». C’est ce que les modernistes des années 1950, à l’encontre de leurs adversaires intégristes et assimilés, appelaient, pour dénigrer ces mêmes adversaires, faire de la « théologie de Denzinger », du nom du fameux recueil des principaux documents du magistère. « Dominicus » est à bonne école.

Mais puisque « Dominicus » prétend être l’arbitre des élégances, il me plait de rappeler et d’apprendre à certains que les R.R.P.P. Guérard des Lauriers (o.p.) ou Saenz y Arriaga (s.j.), que « Dominicus » reconnaîtra certainement comme sédévacantistes, et qui furent, l’un et l’autre, chacun à leur manière, j’en conviens, pionniers en la matière, étaient eux d’authentiques théologiens : docteurs en théologie et professeurs d’université. Le R.P. Guérard des Lauriers a été notamment professeur à l’université pontificale du Latran. Et donc si l’on entend se situer au niveau des compétences reconnues, je constate que la science théologique est plutôt du côté des pères fondateurs du sédévacantisme, que du côté de « Dominicus » et autres « théologiens » pour le coup réellement improvisés. Comme il est d’ailleurs, ouvrons une parenthèse, des dominicains passablement improvisés.

Au sujet du magistère ordinaire et universel

Rappelons, puisque « Dominicus » se garde bien de le faire correctement, quelle est la preuve de la présente vacance du Saint-Siège, avancée par les dénommés sédévacantistes, à partir de l’infaillibilité du magistère ordinaire et universel (qui est, rappelons-le, une vérité de foi divine et catholique – cf. Concile du Vatican, Constitution dogmatique Dei Filius, 24 avril 1870).

Vatican II aurait dû être « couvert » (à tout le moins) par l’infaillibilité du magistère ordinaire et universel ; or les Constitutions, Décrets et Déclarations de Vatican II fourmillent d’erreurs contraires à l’enseignement de l’Église, et même d’hérésies ; donc Paul VI qui a promulgué ces mêmes Constitutions, Décrets et Déclarations, et qui a, depuis lors, continuellement maintenu leurs enseignements, de conserve avec ses évêques, ne pouvait pas être pape. En effet, sans le pape, ou avec un faux pape (ce qui revient au même), les évêques ne sont pas infaillibles dans l’exercice de leur magistère ordinaire et peuvent par conséquent se tromper et contredire l’enseignement de l’Église. À Vatican II, et depuis Vatican II, ils se sont trompés. Donc ce Paul VI avec lequel ces mêmes évêques se sont ainsi trompés et fourvoyés, était nécessairement un faux pape. Il en va de même pour les successeurs de Paul VI.

Je rappelle ce que j’ai déjà eu l’occasion d’écrire dans mon précédent article : je n’entends pas me prononcer ici sur le cas Jean XXIII. La question Jean XXIII sera étudiée ultérieurement

Dans son interview, « Dominicus » me reproche de ne pas avoir répondu à l’intégralité des arguments avancés dans son Petit Catéchisme. Plaisant reproche ! Je me permets donc de lui renvoyer la balle : lui-même ne répond à AUCUNE des preuves et démonstrations apportées contre lui et contre son frère siamois le R.P. Pierre-Marie. À mon encontre, comment « Dominicus » s’exprime-t-il déjà ? Ah oui : « il n’affronte pas réellement nos objections », « il passe à côté sans même les voir ! », « au lieu de les exposer telles qu’elles sont et de tâcher d’y répondre, il les ignore », « il n’aborde jamais franchement notre réfutation » … « sinon sur des détails secondaires ».

C’est vrai, je me suis contenté de réfuter ce que le Petit Catéchisme de « Dominicus » qualifiait de « raison principale » (p. 11) opposée à la preuve de la présente vacance du Saint-Siège tirée de l’infaillibilité du magistère ordinaire et universel. Une « raison principale » qui est maintenant devenue, chez ce même « Dominicus », et sans doute par la magie du verbe, quelque « détail secondaire ». Quelle belle volte-face !

Réparons donc nos torts, et commençons par examiner la nouvelle « raison principale » en date.

La dernière cartouche de « Dominicus »

Je dois confesser que je ne m’étais pas attardé sur ce qui est donc devenu très récemment l’argument-massue de « Dominicus », mais qui n’est tout au plus que sa dernière cartouche.

Que nous dit « Dominicus » ? Selon lui, le magistère ordinaire et universel, c’est l’enseignement de TOUS les évêques. De telle sorte que, toujours selon lui, là où tous les évêques n’enseignent pas la même chose, le magistère ordinaire et universel ne s’exerce pas. Il en tire deux conclusions. Premièrement, même dans l’hypothèse où Paul VI aurait été vrai pape (hypothèse qu’il défend), les enseignements de Vatican II n’auraient pas dû être « couverts » par l’infaillibilité, étant donné que quelques évêques, dont certains bien connus, n’ont pas souscrit à ces mêmes enseignements. Deuxièmement, toujours à partir de la définition que « Dominicus » donne du magistère ordinaire et universel, il affirme que l’argument des sédévacantistes tiré de l’infaillibilité du magistère ordinaire et universel implique nécessairement non pas seulement la vacance du Saint-Siège, mais la défection pure et simple de toute la hiérarchie de l’Église, et donc la disparition de l’Église, puisque la hiérarchie ecclésiastique appartient à la constitution divine de l’Église.

Sauf que « Dominicus » prend ses désirs pour la réalité, et donne du magistère ordinaire et universel une définition de son invention. Je sais bien, maintenant, que « Dominicus » n’aime pas les « copier-coller », et n’est enclin à voir de la théologie que là où, comme lui, les intervenants parlent en tout et pour tout de leur propre fonds (cf. Jn., VIII, 44), pourvu, bien entendu, qu’ils parlent comme « Dominicus ». Qu’il souffre néanmoins de s’instruire à l’école de Mgr d’Avanzo, s’exprimant, en plein Concile du Vatican, au nom de la Députation de la Foi, et délivrant par conséquent une interprétation officielle :

« Il est de foi que l’Église enseignante est infaillible. Or que désigne le nom d’Église enseignante ? Tous conviennent que l’Église enseignante c’est le pontife romain avec les évêques, sinon avec tous, du moins avec la partie la plus saine. Or la partie la plus saine des évêques, dit Noël Alexandre, non suspect, est toujours censée être celle qui adhère au pape. »

Mgr d’Avanzo, au nom de la Députation de la Foi, Concile du Vatican, 20 juin 1870, in Mansi, Amplissima Collectio Conciliorum, t. 52, colonne 765, partie C.

Et si nous faisons encore un peu de « copier-coller » et consultons les classiques manuels de théologie, nous ne trouvons pas autre chose. Consultons d’abord Tanquerey :

« Les évêques […] jouissent eux aussi du privilège de l’infaillibilité quand, sous le Pontife Romain, dispersés ou réunis en concile, ils proposent à croire une vérité d’une voix moralement unanime. »

Adolphe Tanquerey, Synopsis Theologiæ dogmaticæ fundamentalis, t. I, éd. Desclée, 1927, n. 953.

« Cette universalité (de l’accord des évêques dispersés) n’est pas contrariée par le désaccord d’un petit nombre, du moment qu’il y a l’accord du Souverain Pontife avec la majorité des évêques. – C’est pourquoi beaucoup pensent aujourd’hui que l’Assomption de la Bienheureuse Marie dans le ciel est « de foi », puisqu’elle est enseignée presque unanimement par les Évêques comme contenue dans la Tradition. »

Id., n. 969.

Voyons maintenant Ludwig Ott :

« Dans la forme ordinaire, les évêques exercent leur pouvoir doctrinal infaillible, quand ils promulguent, dans leurs diocèses, en union morale avec le pape et unanimement, les mêmes vérités sur la foi et les mœurs. […] Il suffit d’une unanimité morale généraleà laquelle ne doit pas manquer l’assentiment exprès ou tacite du pape, en tant que chef suprême de l’épiscopat. »

Ludwig Ott, Précis de Théologie dogmatique, éd. Fr. Salvator, 1955, p. 422.

Hé oui, il suffit que les évêques soient moralement unanimes avec le pape, pour qu’il y ait magistère ordinaire et universel. Il n’est pas du tout requis qu’absolument tous les évêques enseignent la même chose. Dommage pour « Dominicus ». S’ensuivent deux conséquences.

Premièrement, peu importe qu’une poignée d’évêques aient, tout à leur honneur, refusé de souscrire aux erreurs et hérésies de Vatican II. Peu importe qu’ils aient refusé de s’associer à la masse de ceux qui avaient été jusqu’ici leurs confrères, ainsi qu’au dénommé Paul VI. Si ce dernier avait été vrai pape, alors les enseignements de Vatican II auraient nécessairement relevé du magistère ordinaire et universel, et auraient par conséquent dû être « couverts » par l’infaillibilité. Compte tenu des erreurs et hérésies de Vatican II, il est donc certain, d’une certitude théologique qui s’appuie sur l’infaillibilité du magistère ordinaire et universel (qui est une vérité de foi) que Paul VI et, depuis lors, et pour les mêmes raisons, ses successeurs, ne sont pas de vrais papes.

Deuxièmement, ce raisonnement et cette conclusion n’impliquent absolument pas la déchéance de tous les évêques. En effet, ce qui s’est produit à Vatican II et depuis, c’est la déchéance de la grande masse des évêques avec Paul VI – et l’existence de cette « unanimité morale » avec Paul VI suffit à établir qu’ils auraient dû constituer uniment le magistère ordinaire et universel si Paul VI avait été pape, et qu’une telle déchéance aurait été impossible si Paul VI avait été vrai pape – mais ce n’est pas la déchéance de l’intégralité du corps épiscopal qui s’est produite. Même réduite à une poignée d’évêques humainement parlant insignifiante, la hiérarchie ecclésiastique est demeurée à travers eux. Et donc les portes de l’Enfer n’ont pas prévalu. En revanche, il est bien certain que les portes de l’Enfer auraient prévalu si un vrai pape – et a fortiori toute une succession de papes – avaient enseigné l’hérésie à l’Église.

Mais revenons-en, pour l’édification du plus grand nombre, à la « raison principale » du Petit Catéchisme ravalée plaisamment depuis lors au rang de « détail secondaire » par l’auteur du même catéchisme.

« Détails secondaires » ?

  1. « Détail secondaire » le risible tour de passe-passe d’un certain R.P. Pierre-Marie, le frère siamois de « Dominicus » ? Tour de passe-passe qui est le suivant : selon le R.P. Pierre-Marie, Paul VI étant pape (d’après lui), l’enseignement dudit concile Vatican II n’avait pasàêtre « couvert » par l’infaillibilité du magistère ordinaire et universel étant donné que (toujours selon le R.P. Pierre-Marie) le magistère ordinaire et universel est exercé seulement lorsque l’épiscopat est dispersé, et non pas également lorsqu’il est réuni. Ce à quoi j’ai répondu que cet argument était en effet risible. Car à supposer que, réunis en concile et unis au pape, les évêques ne puissent pas, avec le pape, exercer le magistère ordinaire et universel, il n’en demeure pas moins que dans la foulée des sessions dudit concile Vatican II, les évêques, avec Paul VI, ont très exactement enseigné et approuvé dispersés ce qu’ils avaient enseigné et approuvé réunis. Ce faisant, le R.P. Pierre-Marie se contente de déplacer le problème. Et c’est tout sauf un « détail secondaire ».
  2. « Détail secondaire » l’exposégravement lacunairede l’infaillibilité du magistère ordinaire et universel par « Dominicus » ? Rappelons que « Dominicus » limite indûment l’infaillibilité du magistère ordinaire et universel aux enseignements expressément proposés à croire ou à tenir de façon ferme et définitive, alors que, lors du Concile du Vatican, Mgr d’Avanzo, a donné l’interprétation autorisée que voici – une interprétation qui atteste que l’infaillibilité du magistère ordinaire et universel s’étend bien au-delà des prétendues limites assignées par « Dominicus » :

« Pour déclarer de mieux en mieux l’état de la question, permettez-moi […] de rappeler comment l’infaillibilité s’exerce dans l’Église. […] De même que l’Esprit Saint, l’Esprit de vérité, demeure dans l’Église tous les jours ; de même tous les jours l’Église enseigne les vérités de foi avec l’assistance du Saint-EspritElle enseigne toutes ces choses qui sont soit déjà définies, soit contenues explicitement dans le trésor de la Révélation mais non définies, soit enfin qui sont crues implicitement : toutes ces vérités, l’Église les enseigne quotidiennement, tant par le pape principalement que par chacun des évêques adhérant au pape. »

Mgr d’Avanzo, au nom de la Députation de la Foi, lors du Concile du Vatican, le 20 juin 1870, in Mansi, Amplissima Collectio Conciliorum, t. 52, 763-764.

« Tous les jours l’Église enseigne les vérités de foi avec l’assistance du Saint-Esprit », c’est-à-dire, dans leur magistère quotidien qui est le magistère ordinaire, non seulement le pape et les évêques ne peuvent pas enseigner expressément comme vérités à croire ou à tenir définitivement des hérésies ou des erreurs contraires aux vérités connexes à la foi, mais encore le pape et les évêques, sans même avoir à exiger pour ce faire un assentiment définitif, ne peuvent contredire ni les vérités déjà définies par les papes et par les conciles, ni les vérités de foi déjà transmises par l’Église : « elle enseigne toutes ces choses qui sont soit déjà définies, soit contenues explicitement dans le trésor de la Révélation mais non définies, soit enfin sont crues implicitement ».

Et cette transmission infaillible opérée quotidiennement par le pape et les évêques – et qui est le magistère ordinaire et universel infaillible – « s’exerce de trois manières » (Cartechini dixit) :

« 1. Par une doctrine expresse communiquée en dehors d’une définition formelle par le Pontife ou par les évêques du monde entier ;

« 2. Par une doctrine implicite contenue dans la pratique ou la vie de l’Église :

« a) l’Église […] ne peut pas permettre que soient dites en son nom dans la liturgie des choses contraires à son sentiment ou à sa croyance ;

« b) dans le Code de droit canonique il ne peut y avoir rien qui soit de quelque façon que ce soit opposé aux règles de la foi ou à la sainteté évangélique ;

« 3. Par l’approbation tacite qu’accorde l’Église à une doctrine des Pères, des docteurs et des théologiens.”

 R.P. Cartechini, s.j., De Valore Notarum Theologicarum, Université pontificale Grégorienne, 1951.

Et ce qu’enseigne Cartechini, dans un traité qui fait autorité, on le retrouve chez Vacant, chez Goupil etc. Sur le deuxième mode d’exercice, on se reportera notamment à la thèse 22 du De Ecclesia du Cardinal Billot. Qui nie l’infaillibilité de l’Église en matière de discipline et de culte tombe sous l’anathème porté par le pape Pie VI (Bulle Auctorem fidei, 28 août 1794, proposition n°78).

  1. « Détail secondaire » la présentationmensongèrede l’enseignement du pape Grégoire XVI faite par « Dominicus » ?

« Est-ce que l’Église qui est la colonne et le soutien de la vérité et qui manifestement reçoit sans cesse de l’Esprit-Saint l’enseignement de toute vérité, pourrait ordonner, accorder, permettre ce qui tournerait au détriment du salut des âmes, et au mépris et au dommage d’un sacrement institué par le Christ ? »

Grégoire XVI, Bref Quo graviora, 4 octobre 1833.

Et « Dominicus » ose affirmer, en prétendant s’appuyer sur le contexte (!) que le pape se contente ici d’affirmer que l’Église n’a moralement pas le droit d’« ordonner, accorder » ou « permettre » des réformes qui « tourneraient au détriment des âmes ». Or l’Abbé Ricossa a prouvé (revue Sodalitium, n°55, novembre 2003, p. 25 – à télécharger sur cette page : www.sodalitium.eu/sodalitium/), citant le contexte immédiat, dans le texte même du Bref en question, que Grégoire XVI défendait, contre les attaques des réformistes de ce temps, la discipline en vigueur dans l’Église, en raison de l’infaillibilité de l’Église qui ne peut pas même permettre, en pareille matière « ce qui tournerait au détriment du salut des âmes ». Sur ce point, l’Abbé Ricossa a convaincu « Dominicus » d’erreur depuis novembre 2003. Force est de constater que, depuis lors, c’est sciemment et non par mégarde que « Dominicus » déforme l’enseignement de Grégoire XVI et donc de l’Église.

Pourquoi mentir ? Et pourquoi mentir à ce point ? Je l’ai déjà écrit et je le répète : qui prétend à la fois que les « papes de Vatican II » sont papes et que leur culte et leur discipline sacramentelle, et plus largement leur législation, sont en quelque façon hétérodoxes (et assurément ils le sont !) contredit ouvertement l’enseignement de l’Église, notamment en la personne du pape Grégoire XVI, se trompe certainement et tombe sous la condamnation solennelle portée par le pape Pie VI. Voilà la réalité. Une réalité qui met littéralement en transe « Dominicus » et ses semblables. Au lieu de conformer son jugement à la vérité connue, « Dominicus », pour pouvoir continuer à caresser sa chimère, préfère travestir l’enseignement de l’Église.

La question du « pape hérétique », la doctrine la plus commune

On l’a vu, « Dominicus » me reproche de ne pas avoir répondu à tous les arguments développés par son Petit Catéchisme, et par ses annexes. Mais il n’est de soi nullement nécessaire de répondre à toute la collection de contre-vérités énoncées par « Dominicus », notamment sur la question dite du « pape hérétique », pour conclure déjà, avec toute la certitude requise, à l’illégitimité de Paul VI et à la vacance du Saint-Siège depuis Vatican II. Ainsi qu’on l’a vu, cette conclusion s’appuie sur l’infaillibilité du magistère ordinaire et universel, qui est une vérité de foi divine et catholique, et sur l’existence indubitable du colossal ramassis d’hérésies et d’erreurs de Vatican II. Qui veut remettre en cause cette conclusion théologique (et non pas ce « dogme », car personne, pour qualifier cette conclusion, ne parle de « dogme », sinon dans l’imagination morbide de « Dominicus ») doit remettre en cause, qui l’existence même de ce ramassis d’erreurs ou d’hérésies, à la manière des ralliés d’hier ou de demain, à grand renfort de méthode Coué dénommée « herméneutique de la continuité », qui l’infaillibilité du magistère ordinaire et universel, qui est une vérité de foi, qui l’infaillibilité de la discipline et du culte approuvés ou permis dans l’Église, à la façon d’un « Dominicus ».

La preuve de la présente vacance du Saint-Siège en raison de l’hérésie publique des « papes » de Vatican II est d’un autre ordre. Cette preuve ne s’appuie pas sur une vérité de foi divine et catholique. Elle n’a donc pas la même force. Cependant, elle s’appuie sur la doctrine la plus commune. Elle s’appuie également sur l’enseignement des papes, ainsi que nous le verrons.

Là encore, ouvrons les classiques manuels de théologie et de droit canon. Car contrairement à « Dominicus » nous ne prétendons pas avoir la science infuse et parce qu’il s’agit de savoir ce qui était communément enseigné dans l’Église avant Vatican II, au sujet d’un pape qui tomberait dans l’hérésie.

« Cinq réponses ont été données :

« 1. « Le pape ne peut pas être un hérétique même en tant que docteur privé. » C’est pieux, mais il y a peu de fondement pour cela.

« 2. « Le pape perd son office même par une hérésie occulte. » Faux, car un hérétique occulte peut être un membre de l’Église.

« 3. « Le pape ne perd pas son office à cause de l’hérésie publique. » Improbable.

« 4. « Le pape perd son office par une condamnation judiciaire à cause de l’hérésie. » Mais qui prononcerait la sentence ? Le premier siège n’est jugé par personne (Canon 1556).

« 5. « Le pape perd ipso facto son office à cause de l’hérésie publique. » C’est l’enseignement le plus commun, parce qu’alors il ne serait pas un membre de l’Église, et par conséquent il ne pourrait encore moins en être la tête. »

Eduardus F. Regatillo, s.j., Institutiones Iuris Canonici. 5ème éd., Santander, Sal Terrae, 1956, t. I, p. 396.

C’est donc très clair. Si le pape peut tomber dans l’hérésie, et si le pape vient à manifester publiquement son hérésie, alors il cesse ipso facto d’être à la fois membre de l’Église et pape. Pourquoi ? Parce que les hérétiques publics n’appartiennent pas ou plus à l’Église, et parce que pour être et demeurer pape il faut être membre de l’Église. Ceci est « l’enseignement le plus commun ». Et la thèse qui soutient que « le pape ne perd pas son office à cause de l’hérésie publique » est « improbable ». Quant à cette autre thèse qui soutient que le pape tombé dans l’hérésie demeure pape et « perd son office » seulement au moyen d’«une condamnation judiciaire », elle doit être rejetée car contraire au principe fondamental exprimé par le canon 1556. Mais, rétorqueront les afficionados ataviques de « Dominicus », il ne suffit pas de citer un manuel de théologie pour conclure que la thèse défendue par les sédévacantistes est la doctrine la plus commune. Que ces derniers et leur maître souffrent donc un peu de « copier-coller » :

« Que dirait-on si le pontife romain devenait hérétique ? Au premier Concile du Vatican, la question suivante fut posée : le pontife romain, en tant que personne privée, pourrait-il tomber dans l’hérésie manifeste ?

« La réponse fut celle-ci : « Confiant fermement dans la providence surnaturelle, nous pensons que de telles choses ne se produiront probablement jamais. Mais Dieu n’échoue pas en cas de besoin. C’est pourquoi, si Lui-même permettait un tel mal, les moyens d’y faire face ne manqueraient pas. » [Mansi, t. 52, col. 1109]

« Les théologiens répondent de la même manière. Nous ne pouvons pas prouver l’improbabilité absolue d’un tel événement. Pour cette raison, les théologiens concèdent généralement que le Pontife romain, s’il tombait dans une hérésie manifeste, ne serait plus membre de l’Église et ne pourrait donc être appelé sa tête visible. »

Serapius Iragui, o.f.m., Manuale Theologiae Dogmaticae, Madrid, Ediciones Studium, 1959, p. 371.

« On ne peut pas prouver que le Pontife Romain, en tant que docteur privé, ne puisse pas devenir hérétique – si, par exemple, il niait obstinément un dogme précédemment défini. […]

« Si une telle situation devait se produire, il serait, de par la loi divine, déchu de son office sans aucune déclaration, sans même, en effet, un jugement déclaratoire. Celui qui professe ouvertement l’hérésie se place en dehors de l’Église, et il est peu probable que le Christ préserverait la Primauté de son Église dans une telle personne aussi indigne. Par conséquent, si le Pontife Roman devait professer l’hérésie, avant toute condamnation (ce qui serait impossible de toute façon) il perdrait son autorité. »

Matthaeus Conte a Coronata, o.m.c., Institutiones Iuris Canonici, Rome, Marietti, 1950. t. I, pp. 312 et 316.

« Les auteurs enseignent en effet généralement qu’un pape perd son pouvoir à travers une hérésie certaine et notoire, mais seulement si ce cas est vraiment possible, ce qui est à juste titre mis en doute. »

Dominique-Marie Prümmer, o.p., Manuale Iuris Canonci, Fribourg-en-Brisgau, Herder, 1927, p. 95.

Si le pape venait à tomber publiquement dans l’hérésie, alors, « de par la loi divine » il cesserait ipso facto d’être pape. Telle est la doctrine de saint Robert Bellarmin, docteur de l’Église. Et c’est ce qu’enseignent « généralement » les théologiens et les canonistes : c’est « l’enseignement le plus commun ». L’opinion contraire est « peu probable ».

Rappelons d’ailleurs que selon les propres dires de « Dominicus », qui pour une fois parle d’or, « dans une matière aussi grave, il n’est pas prudent d’aller contre l’opinion commune » (Petit Catéchisme, p. 8). Le lecteur appréciera donc à sa juste mesure la prudence de « Dominicus ».

Comment « Dominicus » égare ses lecteurs

Oui mais voilà, notre « Dominicus » soutient mordicus que la doctrine commune « voire plus commune », c’est, non pas la doctrine de saint Robert Bellarmin, comme l’affirment nettement les manuels classiques de théologie et de droit canon, mais la thèse de Cajetan, à savoir : le pape tombé dans l’hérésie demeure pape et doit être déposé par le moyen d’une sentence judiciaire portée contre lui. Et « Dominicus » nous explique doctement que sa thèse s’appuie sur « tous les représentants de l’école thomiste ». Et « Dominicus » de convoquer « Cajetan, Jean de Saint-Thomas, Bañez, Billuart, Garrigou-Lagrange. » Je me réserve de revenir en détail là-dessus. Mais d’ores et déjà, rétablissons quelques vérités.

  1. Saint Thomas d’Aquin enseigne que les hérétiques perdent ipso facto leur juridiction :

« Quant au pouvoir de juridiction, il est conféré par simple investiture humaine. Ce pouvoir ne demeure pas immuable. Et il ne subsiste pas chez les schismatiques et les hérétiques. »

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, IIa-IIae, qu. 39, art. 3.

  1. Dans l’extrait que « Dominicus » donne du R.P. Garrigou-Lagrange (De Christo Salvatore, 1946, p. 232), l’auteur soutient, à bon droit, que le pape tombé dans l’hérésieoccultedemeure pape. Cette citation est complètement hors sujet, et ne permet pas de raccrocher Garrigou-Lagrange au char de Cajetan, étant donné que l’objet du litige porte non pas sur le pape tombé dans l’hérésie occulte, mais sur le pape tombé dans l’hérésie publique.
  2. Lorsque « Dominicus » cite Bañez, les passages cités par lui ne traitent pas expressément de l’objet du litige, à savoir : le pape tombé dans l’hérésiepublique. Il en va de même pour leCursus theologicusdes Carmes de Salamanque
  3. « Dominicus » enrôle Billuart, mais la chose est loin d’être évidente, même à la lecture des passages cités par « Dominicus ». Là-dessus, on pourra consulter l’Abbé Zins (« Réfutation du Petit Caté-Schisme d’Avrillé », inSub tuum Præsidium, n°112, novembre 2012, pp. 39-40 – Notre-Dame de l’Épine, 53480 SAINT LÉGER EN CHARNIE).
  4. À supposer que Bañez, Billuart et Garrigou-Lagrange suivent la thèse de Cajetan et de Jean de Saint-Thomas, « Dominicus » ne peut pas honnêtement s’abriter derrière « tousles représentants de l’école thomiste », étant donné que d’autres éminents représentants de cette école ont défendu, avant ou après saint Robert Bellarmin, la même position que ce dernier : le pape tombé dans l’hérésie publique cesse ipso facto d’être pape. C’est notamment le cas du dominicain Melchior Cano, cité par saint Robert Bellarmin à l’appui de sa thèse (même si Suarez prétend l’embaucher dans le camp d’en-face). C’est encore le cas du Cardinal Billot (De Ecclesia, thèse 29, IIe partie). « Dominicus » oserait-il, peut-être en raison d’un assez puéril corporatisme dominicain, dénier la qualité de « représentant de l’école thomiste » au jésuite Billot ?
  5. De façon tout à fait surprenante, « Dominicus » enrôle également saint Alphonse de Liguori, docteur de l’Église, alors qu’il est notoire, nous y reviendrons une prochaine fois, que saint Alphonse enseigne précisément le contraire de la thèse défendue par « Dominicus » :

« Si jamais le pape, comme personne privée, tombait dans l’hérésie, il serait à l’instant déchu du pontificat ; car, comme il serait alors hors de l’Église, il ne pourrait plus être chef de l’Église. »

Saint Alphonse de Liguori, Défense du pouvoir suprême du Souverain Pontife, ch. VIII, 7°.

  1. « Dominicus » se garde comme de la peste de citer les papes sur cette question. De même, et les deux choses sont liées, qu’il se garde d’expliquer à ses lecteurs que les positions respectives des grands théologiens des XVIe-XVIIe siècles s’expliquent notamment par leurs positions divergentes sur la question des membres de l’Église.

Cajetan s’appuyait sur une théologie des membres de l’Église qui est depuis lors dépassée. Dépassée par la science théologique et canonique, qui a fait des pas de géants précisément à l’école de saint Robert Bellarmin. Et dépassée par l’enseignement des papes, qui s’est mis à l’école de saint Robert Bellarmin, et non pas à l’école de Cajetan.

En effet, une des raisons pour lesquelles Cajetan soutient que le pape tombé dans l’hérésie demeure pape, c’est précisément parce que, pour Cajetan, l’hérétique demeure membre de l’Église en raison de son caractère baptismal ; par conséquent, de son point de vue, puisqu’il demeure membre de l’Église, on ne peut pas conclure : il ne peut plus en être le chef (De Comparatione auctoritatis papæ et concilii, nn. 313-322).

Saint Robert Bellarmin répond en substance : les baptisés qui ne possèdent plus la vertu de foi demeurent membres de l’Église, mais dès lors que ces mêmes baptisés ne professent plus publiquement la foi, ils cessent ipso facto d’être membres de l’Église, parce que l’appartenance à l’Église est constituée non pas seulement par le caractère baptismal, mais par le lien social de l’unité dans la profession publique de la foi. En conséquence de quoi, les autorités ecclésiastiques, au premier rang desquelles le pape, dès lors qu’elles cessent de professer publiquement la foi, cessent par le fait même d’être membres de l’Église, et perdent ipso facto leur juridiction.

Force est de constater que l’ecclésiologie de saint Robert Bellarmin est mieux fondée et s’est imposée, tant du côté des théologiens et des canonistes (« la doctrine la plus commune ») que surtout dans l’enseignement des papes. Ainsi, sous la plume de Pie XII et de Léon XIII, ce dernier n’hésitant pas à faire remarquer que cette ecclésiologie s’appuie sur « le jugement unanime des Saints Pères » :

« Seuls sont réellement à compter comme membres de l’Église ceux qui ont reçu le baptême de régénération et professent la vraie foi, qui d’autre part ne sont pas pour leur malheur séparés de l’ensemble du Corps, ou n’en ont pas été retranchés pour des fautes très graves par l’autorité légitime. »

Pie XII, Encyclique Mystici Corporis, 29 juin 1943.

« Telle a toujours été la coutume de l’Église, appuyée par le jugement unanime des Saints Pères, lesquels ont toujours regardé comme exclu de la communion catholique et hors de l’Église quiconque se sépare le moins du monde de la doctrine enseignée [en matière de foi divine et catholique] par le magistère authentique. Épiphane, Augustin, Théodoret ont mentionné chacun un grand nombre des hérésies de leur temps. Saint Augustin remarque que d’autres peuvent se développer, et que, si quelqu’un adhère à une seule d’entre elles, par le fait même, il se sépare de l’unité catholique. »

Léon XIII, Encyclique Satis Cognitum, 29 juin 1896.

Dès lors, avec Léon XIII, il suffit de tirer logiquement la conséquence :

« Il serait absurde de prétendre qu’un homme exclu de l’Église ait quelque autorité dans l’Église. »

Léon XIII, Encyclique Satis Cognitum, 29 juin 1896.

Certes, on pourra objecter, sur ce dernier point, que Cajetan ne dit pas autre chose. Pour Cajetan, nous l’avons vu, le sujet qui cesse d’appartenir à l’Église perd par le fait même sa juridiction. Sauf que, pour les papes, le sujet cesse d’appartenir à l’Église dès lors qu’il commence à professer publiquement l’hérésie. Donc, puisqu’il faut suivre les papes, il faut suivre saint Robert Bellarmin et non pas Cajetan.

Concluons sur la question du « pape hérétique ».

– Premièrement, la doctrine la plus commune, c’est bien la doctrine qui a été brillamment illustrée par saint Robert Bellarmin : de par le droit divin, le pape tombé dans l’hérésie publique cesse ipso facto d’être pape.

– Deuxièmement, la thèse contraire, héritée de Cajetan et défendue en son temps par Jean de Saint-Thomas n’est certainement pas défendue par « tous les représentants de l’école thomiste », et n’est tout au mieux aujourd’hui qu’une opinion tolérée qui s’appuie sur une ecclésiologie dépassée et contraire à l’enseignement des derniers papes.

Force est donc de constater que « Dominicus » renverse purement et simplement les rôles : il donne accroire qu’une simple opinion tolérée, même défendue en son temps par d’illustres théologiens, est la doctrine la plus commune, et il rabaisse éhontément la doctrine qui est effectivement la plus commune au rang d’opinion tolérée. Pour les besoins de la mauvaise cause, « Dominicus » déforme la doctrine (« la plus commune ») qu’il combat.

« Vous les connaîtrez à leurs fruits » (Mt., VII, 16)

« Dominicus » ne se contente pas de rejeter la doctrine la plus commune. Il déclare, à grand renfort d’effets de manche, qu’elle est concrètement inapplicable : « Peut-on laisser n’importe qui juger, d’après ses lumières personnelles, que le pontife est hérétique et qu’il a automatiquement perdu son autorité sans la moindre formalité juridique ? »

Mais précisément, nous l’avons vu, la doctrine la plus commune, contre laquelle il est imprudent d’aller (« Dominicus » dixit) nous enseigne qu’il n’est nul besoin de « formalité juridique ».

Par ailleurs, et en général, dès lors que la personne considérée cesse de professer publiquement la foi catholique, « par le fait même » elle cesse d’appartenir à l’Église (cf. Léon XIII, Satis Cognitum) et perd également par le fait même sa juridiction (cf. canon 188, § 4). Et le pape Léon XIII nous rappelle qu’il suffit pour ce faire de « se sépare[r] le moins du monde de la doctrine enseignée », en matière de foi divine et catholique.

La doctrine la plus commune nous enseigne que cela vaut également pour le pape. D’ailleurs, il est contraire au droit de l’Église, et très probablement à sa divine constitution, de prétendre faire subir une quelconque « formalité juridique » à un pape qui est toujours pape :

« Étant donné que le Siège suprême n’est jugé par personne (can. 1556), il faudrait conclure que, par le fait même et sans sentence déclaratoire, le pape serait déchu. »

Chanoine Raoul Naz (sous la direction de), Traité de Droit canonique, t. I, p. 377.

Cela étant, dans le cas concret et présent des « papes » de Vatican II, peut-on en toute bonne foi soutenir que la conclusion sédévacantiste équivaut à un jugement porté par « n’importe qui » d’après de simples « lumières personnelles » ?

Dans le cas des hiérarques de Vatican II, l’apostasie de la foi catholique est publiquenotoire, étant donné que ces mêmes hiérarques, depuis Vatican II, professent publiquement plusieurs hérésies, comme par exemple : les communautés séparées sont « moyens de salut », ce qui est directement contraire au dogme « hors de l’Église, point de salut », les juifs ne sont pas l’objet d’une réprobation divine, l’Ancienne Alliance est non pas ancienne mais toujours en vigueur dans le judaïsme actuel, le célibat consacré ou la virginité consacrée ne sont pas des états de vie de soi supérieurs au mariage, etc., etc.

Il n’est pas besoin de « lumières personnelles » pour prendre acte de ce qui est public .

Peut-on légitimement objecter, chez les hiérarques incriminés, un défaut de pertinacité, c’est-à-dire peut-on faire valoir que leur volonté n’est pas libre ou peut-on plaider l’ignorance ou la bonne foi ?

Je passe sur l’hypothèse de la volonté non libre, comme si nous avions affaire à des enfants, à des personnes jamais parvenues à l’âge de raison, à des fous, à des drogués, ou à des personnes agissant sous contrainte… Tout cela n’est pas sérieux.

Ce serait faire fi de l’enseignement de l’Église que de postuler l’ignorance ou la bonne foi, chez des ecclésiastiques présumés de haut rang, et aussi chez des théologiens, dès lors notamment que les dogmes publiquement niés par ces derniers sont parmi les « plus connus » :

« Mais c’est aussi un dogme catholique des plus connus que personne ne peut être sauvé en dehors de l’Église catholique. »

Pie IX, Allocution Singulari quidam, 9 décembre 1854.

Ce serait faire fi également, je l’ai déjà signalé dans mon précédent article, de l’enseignement des canonistes :

« Est requise la pertinacité de la volonté, laquelle consiste en ce que quelqu’un, soit par orgueil, vaine gloire, esprit de contradiction ou toute autre cause, nie ou met en doute quelque article de foi, qu’il sait être proposé par l’Église à croire en tant que divinement révélé.

« C’est pourquoi, quelqu’un qui nie de bonne foi ou met en doute par ignorance une vérité que l’Église enseigne devoir être tenue comme un dogme de foi divine et catholique, est hérétique matériel seulement, non formel.

 « Néanmoins, en raison de la norme énoncée dans le canon 2200 § 2, devant l’expression externe d’une négation ou d’un doute d’un dogme de foi, l’hérésie est toujours présumée formelle au for externe, jusqu’à ce que le contraire soit prouvé. »

R.P. Beste, Introductio in Codicem, 3e éd., 1946, p. 662.

« Quand il y a profession externe d’une erreur doctrinale [en matière de foi divine et catholique] le canon 2200 § 2 établit une présomption d’hérésie, jusqu’à preuve du contraire, c’est-à-dire qu’on présume alors la pertinacité, à moins qu’il existe des raisons sérieuses de penser qu’elle n’existe pas. »

  1. Bride, article « Hérésie », in encyclopédieCatholicisme, t. V, 1962, col. 643.

En définitive, ce que l’on reproche aux sédévacantistes, c’est précisément de présumer la pertinacité chez des ecclésiastiques de haut rang et chez des théologiens de métier. Mais si l’on ne pouvait pas présumer la pertinacité chez des ecclésiastiques de haut rang et chez des théologiens, qui donc pourrait être jamais présumé pertinace et donc hérétique public, dès lors qu’il y a profession publique d’une hérésie ? Et qu’on ne nous objecte pas qu’il serait en tout et pour tout nécessaire, avant de conclure à l’hérésie, de pouvoir lire dans les consciences, car personne, et pas même l’Église enseignante n’a le pouvoir de lire dans les consciences. Cajetan le rappelle d’ailleurs très bien !

« Dominicus » et ses semblables ne comprennent pas que ce n’est pas l’hérésie en tant qu’elle est consommée dans le for de la conscience qui est ici en cause, mais bien la profession publique de l’hérésie, c’est-à-dire la rupture avec le lien social de l’unité dans la profession publique de la foi, en tant que cette dernière, uniment avec le caractère baptismal, constitue l’appartenance à l’Église, et donc conditionne la possession de l’office ecclésiastique considéré.

« Remarquons bien qu’on ne parle pas ici de l’hérésie en tant qu’elle constitue un péché contre la vertu de foi, au for interne de Dieu et de la conscience. On envisage purement et simplement l’hérésie qui est de nature à exclure l’homme du corps visible de l’Église et qui s’oppose directement à la profession extérieure de la religion catholique. »

Cardinal Louis Billot, s.j., De Ecclesia Christi, t. I, Rome, 1921, n. 945.

C’est pourquoi saint Alphonse de Liguori va jusqu’à dire que « celui qui renie la foi ou adore une idole seulement extérieurement » « n’est pas hérétique » et qu’« il n’encourt pas non plus au for de la conscience les censures portées contre les hérétiques, bien que ce soit le cas selon ce qui est externe au for externe. » (Saint Alphonse de Liguori, Théologie morale, livre III, chap. 4).

Autrement dit, celui qui ne professe plus extérieurement la foi catholique encourt les censures « selon ce qui est externe au for externe », et cesse d’appartenir à l’Église si la foi catholique n’est plus professée publiquement, perdant ipso facto sa juridiction (canon 188, § 4), et ce, même dans l’hypothèse où il ne serait pas hérétique au for de la conscience.

En vérité, sur ce point, et la « parabole du pharmacien » exhumée par « Dominicus » l’illustre très bien, nos contradicteurs professent les mêmes erreurs que Bergoglio relativement au jugement à porter contre les pécheurs publics.

Comme diraient Bergoglio et ses amis, c’est un peu comme les adultères publics : pouvons-nous les considérer comme des pécheurs publics, dès lors « qu’ils n’ont pas conscience », ou dès lors que j’ignore s’ils ont ou non conscience d’enfreindre l’unicité et l’indissolubilité du mariage ? « Qui suis-je pour juger ? » peuvent entonner « una cum » et en chœur « Dominicus » et son « pape ».

Hé bien non, de même que les personnes engagées dans le mariage doivent être présumées ne pas méconnaître l’unicité et l’indissolubilité du mariage, les catholiques, et a fortiori les ecclésiastiques de haut rang et les théologiens de métiers doivent être présumés ne pas ignorer les dogmes, et a fortiori les dogmes « les plus connus ». S’ils ne professent plus publiquement ces mêmes dogmes, ils doivent être présumés hérétiques publics, de la même façon que les adultères publics doivent être présumés pécheurs publics.

À défaut, on nous prêche une église où il n’y a plus, et où il ne peut plus y avoir ni hérétique public, ni pécheur public.

Mais dans le cas concret qui nous occupe, celui des « papes » de Vatican II, il est une autre raison pour laquelle il est impossible de plaider l’ignorance ou la bonne foi. Cette raison est la suivante : depuis Vatican II, Paul VI et ses successeurs ont été avertis à de nombreuses reprises au sujet de leurs opinions et de leurs enseignements : avertissements manifestant leur opposition à telle ou telle vérité de foi divine. Certes, ces avertissements n’ont pas été émis par quelque concile général, mais leur existence même suffit à manifester la pertinacité des intéressés, qui se sont depuis lors obstinés publiquement dans l’hérésie.

Loin d’être un jugement supposément dérisoire porté par « n’importe qui », le constat de l’hérésie publique et donc de l’illégitimité de Paul VI et de ses successeurs découle directement de la profession publique de l’hérésie par les intéressés, en raison de leur rupture avec le lien social de l’unité dans la profession publique de la foi, et ce, quoi qu’il en soit de leurs dispositions intimes au for de la conscience. De par leur rupture avec le lien social de l’unité dans la profession publique de la foi, Paul VI et ses successeurs se sont jugés eux-mêmes, « pour ce qui est externe au for externe ».

Il faut s’écarter de tous les novateurs

« Dominicus » nous explique en substance que, dans la présente crise, les catholiques ont en tout et pour tout besoin de savoir que leur résistance aux hiérarques conciliaires a pour fondement la légitime défense.

Il est exact que, face aux hiérarques conciliaires, les catholiques sont en état de légitime défense. Face à des modernistes qui veulent les faire changer de croyance et abandonner plusieurs vérités de foi, et donc, en définitive, leur faire perdre la foi, les catholiques se raccrochent à la règle même de la foi, c’est-à-dire qu’ils se raccrochent depuis l’évènement Vatican II aux vérités de foi qui leur ont été transmises par l’Église enseignante (règle prochaine et directive de la foi) et auxquelles, avec le secours de la grâce divine, ils adhèrent et continuent d’adhérer, ce qui implique le nécessaire rejet des erreurs et hérésies conciliaires. En effet, s’ils se mettaient à adhérer aux erreurs et hérésies conciliaires, les catholiques en viendraient pour le coup à pratiquer le libre examen à l’endroit des vérités de foi et de la règle de la foi auxquelles ils adhèrent déjà, préalablement. Soit en rejetant purement et simplement les vérités de foi, soit en pratiquant à leur endroit la « relecture » moderniste baptisée « herméneutique de continuité » : la « relecture » qui vide les dogmes de leur substance et qui présuppose la remise en cause de la règle de la foi. On reconnaît là le libre examen conciliaire.

Cela étant, sauf à pratiquer là encore une autre forme de « relecture », une autre forme d’aggiornamento, une autre forme de libre examen, on ne peut pas non plus remettre en cause les dogmes suivants :

–         La règle prochaine et directive de la foi c’est, non pas seulement les définitions passées des conciles et des papes et les enseignements passés du magistère ordinaire, mais c’est également, quand les évêques sont confirmés dans la foi par un vrai pape, le magistère vivant, l’enseignement présent du pape et des évêques ici et maintenant.

–         Le magistère ordinaire et universel est infaillible, et il est règle prochaine et directive de la foi.

–         Le Souverain Pontife est investi du Primat de juridiction, et nul baptisé, nulle communauté chrétienne, sauf à verser dans le schisme, ne peuvent se soustraire à l’obédience du pape dans tous les domaines qui relèvent de l’exercice de sa charge.

« Si donc quelqu’un dit que le Pontife Romain n’a qu’une charge d’inspection ou de direction et non un pouvoir plénier et souverain de juridiction sur toute l’Église, non seulement en ce qui touche à la foi et aux mœurs, mais encore à ce qui touche à la discipline et au gouvernement de l’Église répandue dans le monde entier, ou qu’il n’a qu’une part plus importante, et non la plénitude totale de ce pouvoir suprême ; ou que son pouvoir n’est pas ordinaire ni immédiat sur toutes et chacune des églises comme sur tous et chacun des pasteurs et des fidèles, qu’il soit anathème. »

Concile du Vatican, Constitution dogmatique Pastor Aeternus, 18 juillet 1870.

Or force est de constater que « Dominicus », et plus largement la ou maintenant les mouvances lefebvristes dont lui et les siens se réclament, se sont délibérément soustraits à l’obédience de ceux qu’ils reconnaissent comme papes, et ce dans tous les domaines qui relèvent « de la discipline et du gouvernement de l’Église ». Je me répète, et il est d’ailleurs significatif que « Dominicus » se soit bien gardé d’y répondre quoi que ce soit , la mouvance lefebvriste se soustrait en toutes choses à l’obédience de ceux qu’elle regarde comme papes : « exercice d’un ministère en marge des (présumés) évêques nommés par le (présumé) pape, ordinations de ministres qui ne sont pas incardinés par les (présumés) évêques nommés par le (présumé) pape, sacres d’évêques contre la volonté du (présumé) pape, professions religieuses en dehors de toute relation hiérarchique avec les (présumés) supérieurs majeurs dans l’obédience du (présumé) pape, rejet des enseignements, des lois et des rites promulgués par les (présumés) papes, insoumission concrète et caractérisée à leur endroit, et dans tous les domaines qui relèvent de l’exercice de leur charge, etc. »

Et en aucune façon le principe de légitime défense ne peut justifier tout cela. Une Église dans laquelle les catholiques n’ont plus à obéir en rien au Souverain Pontife, ça n’est pas et ça ne peut pas être l’Église catholique. C’est peut-être l’église lefebvriste, mais ça n’est certainement pas l’Église catholique.

Et cet agir concret implique, qu’on le veuille ou non, un rejet pur et simple du dogme du Primat de juridiction du pape, ou bien une « relecture » de ce dogme à la façon des modernistes, ce qui revient au même. C’est donc bien la foi des lefebvristes, induits en erreur là-dessus par leurs chefs de file depuis une quarantaine d’années, qui est en péril.

« Il est en effet aussi contraire à la Constitution divine de l’Église qu’à la Tradition perpétuelle et constante que quelqu’un puisse prouver la catholicité de sa foi et s’appeler véritablement catholique lorsqu’il n’obéit pas à ce Siège Apostolique. »

Pie IX, Encyclique Quartus supra, 6 juin 1873.

La foi des lefebvristes est en péril parce que, depuis une quarantaine d’années, leurs chefs de file les induisent à pratiquer le libre examen à l’endroit de ces vérités de foi qui sont, nous l’avons vu, le Primat de juridiction du pape, l’infaillibilité du magistère ordinaire et universel, et le magistère vivant (s’il y a un pape) comme règle prochaine et directive de la foi. Il suffit pour s’en convaincre d’ouvrir certains bulletins, ou mieux encore de consulter certains forums de discussion sur internet, notamment du côté de l’authentique vraie de vraie Résistance garantie AOC.

Pour les catholiques, et ce depuis un certain temps, la légitime défense est donc ici la suivante : rejeter les chefs de file lefebvristes, leur agir et leurs enseignements non-catholiques, comme ils ont déjà rejeté et rejettent les hiérarques conciliaires et leurs hérésies. Les catholiques doivent « s’écarter des novateurs », de tous les novateurs, que ces novateurs soient conciliaires ou bien lefebvristes.

La légitime défense contre les novateurs de toutes sortes, même apparemment drapés dans « la Tradition », consiste à professer intégralement la foi catholique et à y conformer notre agir concret, notre pratique. Dieu « ne peut ni se tromper, ni nous tromper » et ne peut pas à la fois vouloir que nous résistions à Paul VI et à ses successeurs et que nous ne continuions pas à professer, sans altération aucune, les vérités de foi que sont l’infaillibilité du magistère ordinaire et universel et le Primat de juridiction. Dieu veut que nous professions toute la vérité et donc également, en tant que conclusion théologique, l’illégitimité de Paul VI et de ses successeurs et la vacance du Saint-Siège,

–         Tout d’abord parce qu’il s’agit d’une conclusion théologique certaine, découlant précisément de l’infaillibilité du magistère ordinaire et universel, et par conséquent accessible à quiconque exerce sa foi, mais s’appuyant de surcroît sur la doctrine la plus commune relativement au « pape hérétique » ;

–         Et parce qu’il est impossible de continuer à professer ces deux vérités de foi, y compris dans l’agir concret, sans professer également la vacance du Saint-Siège.

En effet, seules l’illégitimité de Paul VI et de ses successeurs et la vacance du Saint-Siège peuvent justifier l’agir concret de tous les traditionalistes (je ne parle pas ici des ex traditionalistes qui se sont ralliés), en complète soustraction d’obédience vis-à-vis des « papes » de Vatican II.

Soit ces derniers sont papes, et alors tous les traditionalistes sont schismatiques, et pas seulement les sédévacantistes. Mais ils ne peuvent pas être papes parce qu’ils professent et enseignent publiquement, ouvertement, l’hérésie. Soit ils ne sont pas papes, et alors les sédévacantistes ne sont certainement pas des schismatiques, mais en revanche les lefebvristes en possèdent au moins toutes les apparences, étant donné qu’ils n’obéissent en rien à leur « pape ». De plus ces mêmes lefebvristes sont au moins en grand péril de professer l’hérésie relativement au Primat de juridiction du pape et relativement à l’infaillibilité du magistère ordinaire et universel. Voilà pourquoi je me suis avancé à dire que l’Église catholique était, présentement, non seulement « obscurcie », « éclipsée » par l’église conciliaire, mais encore par ce qui ressemble, et de plus en plus, à une ou à des églises lefebvristes.

En guise de conclusion

Nous venons de le voir, ils sont loin de « s’accrocher à la Tradition » et de confirmer leurs fidèles dans la foi les chefs de file de la mouvance lefebvriste, parmi lesquels « Dominicus », puisqu’eux aussi sont des novateurs.

La chose est connue depuis longtemps mais il est des fidèles, et même des prêtres qui, malgré des années de désinformation doctrinale intensive, finissent eux aussi par s’en rendre compte. Cette opposition déjà ancienne et cette prise de conscience parfois récente, voilà sans doute ce que « Dominicus » appelle du « désordre ». Eh oui, quand la vérité défend ses droits, ou quand la vérité finit par éclater cela «  cause beaucoup de désordre », entendez beaucoup de soucis, pour « Dominicus » et ses semblables. Tout bonnement parce que les fidèles ne leur font pas ou plus confiance.

On nous objectera que les milieux sédévacantistes ne sont pas exempts de « désordre ». Mais la chose doit-elle nous surprendre ? De tout temps dans l’Église, et a fortiori lorsqu’il n’y a pas d’autorité en acte pour dirimer les controverses, il y a toujours eu des catholiques, et pas les moins zélés, qui se sont opposés entre eux, et parfois violemment, sur des matières qui étaient encore des matières libres. De ce point de vue, il est normal que des catholiques s’opposent, par exemple, sur la validité ou non de la thèse de Cassiciacum, sur la thèse de saint Robert Bellarmin, qui est pourtant la doctrine la plus commune, ou même sur la licéité de tel ou tel ministère. En revanche, il n’est pas normal que des catholiques, dignes de ce nom, en viennent à aggiornamenter le Primat de juridiction du pape ou l’infaillibilité du magistère ordinaire et universel. Voilà où est le vrai désordre.

La quasi église lefebvriste est bien mal placée pour incriminer le « désordre » réel ou prétendu des autres. D’abord, nous venons de le rappeler, parce qu’elle jette principalement le désordre en des matières qui sont des matières de foi. Ensuite parce que le semblant d’ordre de la mouvance lefebvriste a littéralement volé en éclat, tant du côté de la maison-mère, à la recherche du « coup de tampon » conciliaire, que du côté de la ou des Résistances, où manifestement les conflits internes sont légion.

Revenons enfin sur l’accusation selon laquelle les sédévacantistes veulent « imposer leur avis comme un dogme ». Je ne prétends pas que la conclusion sédévacantiste est un dogme, et personne ne la présente avec une telle note théologique, sinon dans les rêves de « Dominicus ». En revanche, nous avons vu que la position « sédépléniste » de « Dominicus » et de la mouvance lefebvriste implique nécessairement la négation, au moins pratique, de deux dogmes de foi.

On peut également ajouter que s’il est bien une structure qui a tenté d’imposer sa position, et donc la négation au moins pratique de deux dogmes de foi, c’est bien la Fraternité Saint Pie X, et ce depuis la déclaration publique de Mgr Lefebvre (paix à son âme !) en date du 8 novembre 1979, portant exclusion, hors de ladite Fraternité, de tous les ecclésiastiques et de tous les religieux sédévacantistes. Ce pourquoi la même Fraternité reçut les félicitations de l’église conciliaire, sous la plume d’un certain Ratzinger (lettre à Mgr Lefebvre datée du 20 juillet 1983). Pensez donc ! Cela fait près de quarante ans que la Fraternité accrédite, sous peine de sanctions de ses clercs, et sous peine de marginalisation d’un chacun, l’idée selon laquelle l’église conciliaire, qui singe le langage de l’Agneau, mais parle en réalité le langage du dragon, est bien l’Église catholique. Et après cela, les « résistants » osent s’étonner qu’un Mgr Fellay travaille à obtenir une accréditation de l’église conciliaire : son fameux « coup de tampon » !

Voilà pourquoi notre conclusion demeure inchangée : l’église lefebvriste et ses clones éclipsent eux aussi la vérité et rallient concrètement des pans entiers du troupeau à l’église des précurseurs de l’Antéchrist. Que les âmes de bonne volonté ouvrent les yeux !

Nicolas Magne

* * *

À lire :

Milites Virginis Mariæ (site pour suivre la formation catholique)

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