Découvrir en résumé l’histoire de l’Espagne

Lors de l’antiquité ce sont des populations celtes et romaines qui se trouvent sur ce sol, pour ensuite laisser place aux wisigoths comme dans le sud-ouest français (en tout cas en jouant le rôle de nouvelle aristocratie). Le moyen âge est marqué par la Reconquista partant du royaume castillan. Le Siècle d’Or de l’Espagne est le moment de la Renaissance où l’Europe était dominée par cette nation notamment par sa diffusion culturelle et économique (XVI et XVII siècle), faisant suite à l’Inquisition et aux Conquistadors. Après la période réactionnaire franquiste, la Movida elle, désigne une période qui nous plaît beaucoup moins de part son influence démocratique, comble du comble, étant exercé par un roi contemporain (Juan Carlos).

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«Celte, romaine, puis wisigothique, musulmane et chrétienne, théâtre de l’Inquisition, première puissance coloniale du monde à la Renaissance, patrie du Cid, de Cervantès, de la corrida et de la movida, l’Espagne est le berceau d’une histoire d’une extraordinaire richesse. Ce pays si voisin du nôtre et apparemment si familier a connu un destin singulier en Europe. La présence prolongée de l’islam en son cœur, la force séculaire des identités régionales, la forme sombre et exclusive que le catholicisme y a prise à la fin du Moyen Âge, l’incapacité de la monarchie à se réformer, la guerre civile qui s’étend du début du XIXe siècle jusqu’à ce que nous appelons la guerre d’Espagne, la transition démocratique imposée de manière quasi autoritaire par le roi Juan Carlos à partir de 1975 : autant de traits qui ont modelé l’Espagne et que ce livre explore en compagnie des meilleurs spécialistes, français et espagnols.»

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L’idée d’écrire une nouvelle histoire de l’Espagne après les ouvrages encore récents et par bien des côtés indépassables de Joseph Pérez ou Bartolomé Bennassar – pour ne citer que deux grands hispanistes Français – n’a pas obéi à la vaine prétention d’enrichir leurs recherches. Elle a répondu au besoin d’approfondir ma propre curiosité en tentant de démêler ce que cette histoire, encore sujette à nombre d’interrogations, avait de plus singulier et de plus attachant. De même que l’on avance pas à pas, au fil du temps, d’une découverte l’autre, je l’ai conçue comme un récit strictement chronologique ouvert à un large public et allégé des digressions thématiques qui rompent souvent le rythme de son parcours.
Comme toujours, ainsi que le disait Pierre Vilar, il est moins important de connaître tous les détails de l’Histoire que de donner à entendre le pourquoi et le comment de qui s’est vraiment passé. Et au besoin de lui chercher un sens, bien qu’une telle approche, quand elle se veut idéologique, comporte aussi des risques qu’il convient d’éviter…
À lire les ouvrages de mes devanciers, je me suis en effet aperçu que leurs propres travaux les laissaient souvent sur leur faim, qu’ils éprouvaient encore le besoin de faire comprendre d’une manière plus simple et précise ce qu’ils n’avaient pu résumer ou suffisamment clarifier. C’est une des caractéristiques de l’histoire de l’Espagne que de laisser toujours des zones d’ombre à explorer et donc à expliquer.
En témoignent, par exemple, ce brillant essai de Joseph Pérez, Entender la Historia de España, la seconde partie de la biographie de Franco par Bartolomé Bennassar intitulée elle aussi «Comprendre» ou encore le dernier ouvrage de synthèse de l’hispaniste américain Stanley Payne titré La Guerre civile. L’histoire face à la confusion mémorielle. Tous auront cherché, à l’exemple des penseurs espagnols eux-mêmes – de Ganivet à Ortega, de Marañon à Madariaga, sans oublier Unamuno – à approfondir leur réflexion intime sur l’histoire de ce pays pour en transmettre une quintessence, comme s’il s’agissait d’une énigme encore mal résolue : celle que l’historien espagnol Claudio Sanchez Albornoz résumait dans son maître-livre : «España, un enigme historico».
Beaucoup de mythes assortis de préjugés tenaces encombrent encore cette histoire, et c’est bien ce qui la rend «différente», voire moins déchiffrable qu’aucune autre. Les Espagnols, en déclinant de manière récurrente le thème de la décadence, y ont ajouté longtemps, et non sans complaisance, l’aura romantique d’un destin singulier, en marge de l’Europe. Mais ce n’était le plus souvent que le reflet du miroir que l’étranger leur tendait et qui occultait ses propres responsabilités à leur égard.
La singularité espagnole commence certes à se manifester dans la longue durée de la Reconquête de l’Espagne musulmane, prolongée avec la prise de Grenade jusqu’à l’aube des Temps modernes. Mais elle est surtout marquée par une succession d’accidents historiques qui rompent son évolution vers un État-nation d’une manière le plus souvent brutale et durable. La première de ces ruptures est sans nul doute celle qui la prive d’une dynastie nationale à la mort des Rois Catholiques et l’intègre, avec Charles Quint, à un projet impérial qui ne cessera de l’épuiser tout en lui faisant payer son hégémonie en Europe et sa colonisation du monde d’une «légende noire» aussi injuste que persistante. La seconde intervient avec le déclin de la puissance espagnole en 1648. Mais la plus grave sans doute est celle qui, à la fin du XVIIIe siècle, brise l’élan qu’avait imprimé à l’Espagne le règne éclairé de Charles III de Bourbon sous l’effet de la Révolution française puis de l’invasion napoléonienne. Une quatrième rupture coïncide avec la perte de ses dernières colonies en 1898. La dernière, enfin, au terme d’un XIXe siècle chaotique et d’un début du XXe qui n’auront résolu, malgré des moments plus heureux, aucun de ses problèmes sociaux, sera marquée par cette Guerre civile où toutes les maladies idéologies de l’époque allaient trouver un champ propice à leur affrontement.

Présentation de l’éditeur

De la Reconquête à nos jours, l’Espagne offre le visage fascinant mais souvent énigmatique d’un pays au destin singulier où de brusques ruptures alternent avec des réveils d’une surprenante vitalité. Ses passions ne cessent d’interroger les nôtres.

Cette nouvelle histoire de l’Espagne se propose de restituer le rythme clair et soutenu d’un vrai «récit national» – genre trop injustement dédaigné par l’historiographie moderne – et de permettre ainsi de la mieux comprendre. Cette histoire, telle qu’on la perçoit généralement, victime de sa «légende noire» depuis l’Inquisition et la colonisation des Amériques, oscillant entre une fascination pour son Siècle d’or et un injuste mépris pour son siècle des Lumières, reste encombrée de bien d’autres clichés ou vues manichéennes sur sa Seconde République, la Guerre civile et le franquisme. Ils nous cachent une réalité plus complexe : celle d’une nation profondément vivante, mais contrariée par les vicissitudes d’un État trop souvent impuissant à fédérer ses potentialités.
Le but de cet ouvrage, ouvert sur l’avenir de ce grand pays flagellé aujourd’hui par la crise économique et menacé dans son unité, est de montrer, par les plus larges vues, combien passé et présent s’éclairent mutuellement.

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«Philippe Nourry connaît très bien l’Espagne. Il a beaucoup contribué à dissiper des malentendus, à rectifier des erreurs de jugements et à dresser du pays voisin un portait exact et néanmoins sans complaisance… Le résultat est un grand livre.»

Joseph Pérez

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Journaliste et écrivain (lauréat du prix Albert-Londres 1970 et de celui de la Fondation «Diario Madrid» 2010), Philippe NOURRY est notamment l’auteur de Franco, la conquête du pouvoir (1975), du Roman de Madrid (2008) et de Juan Carlos (Tallandier, 2011).

Préface de Joseph Pérez, ancien directeur de la Casa Velasquez.

SOURCE

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