Saint Constantin 1er a jeté les bases de notre civilisation chrétienne

Constantin

I. La conversion de Constantin :

En 311, Maximin II devient Auguste d’Orient. Pendant ce temps, Constantin  attaque Maxence en Italie, et les deux hommes s’affrontent lors de la bataille du Pont Milvius, près de Turin, ce fameux 28 octobre 312. Et c’est alors que…

«Il dit que, dans l’après-midi, alors que le soleil commençait déjà à décliner, il vit de ses propres yeux le trophée d’une croix de lumière dans les cieux, au-dessus du soleil qui portait l’inscription « Par ce signe, tu vaincras ». (« In hoc signo vinces ») A cette vue, il fut frappé de stupeur de même que l’ensemble de l’armée qui l’accompagnait au cours de cette expédition et qui fut témoin du miracle. Il ajouta qu’il douta en lui-même de la signification à donner à cette apparition. Tandis qu’il continuait à s’interroger et à spéculer sur son sens, la nuit tomba brutalement. Ensuite, le Christ de Dieu lui apparut dans son sommeil avec le même signe que celui vu dans les cieux et lui ordonna de réaliser l’image de ce signe qu’il avait vu dans les cieux et de s’en servir comme image lors de tous ses engagements contre ses ennemis.»
(
Eusèbe, « Vie de Constantin », 1, 27-28.)

« La Conversion de Constantin. » (Pierre Paul Rubens.)
Le chrisme.

Une fois seul à la tête de l’Empire, Constantin peut poursuivre son œuvre de christianisation qui, permettra de maintenir l’unité d’un si vaste territoire. Se proclamant le représentant du Dieu chrétien sur Terre, il se fait appeler « égal des apôtres » :

«Ce Verbe de Dieu est le Seigneur du monde, qui se répand sur toutes les choses, et dans toutes les choses visibles et invisibles. C’est de sa main que nôtre Empereur très chéri de Dieu, a reçu la souveraine puissance, pour gouverner son État, comme Dieu gouverne le monde. Le Fils unique de Dieu règne avant tous les temps, et régnera après tous les temps avec son Père. Notre Empereur qui est aimé par le Verbe, règne depuis plusieurs années par un écoulement, et une participation de l’autorité divine. Le Sauveur attire au service de son Père, le monde qu’il gouverne comme son royaume, et l’Empereur soumet ses sujets à l’obéissance du Verbe. Le Sauveur commun de tous les hommes chasse par sa vertu divine, comme un bon Pasteur, les puissances rebelles qui volent dans l’air et qui tendent des pièges à son troupeau. Le Prince qu’il protège, défait avec son secours les ennemis de la vérité, les réduit à son obéissance, et les condamne au châtiment qu’ils méritent.
(Eusèbe, « Harangue à la louange de l’Empereur Constantin», I-II.)

https://phalangesaintmartialblog.files.wordpress.com/2016/05/26-falanja-constantin.jpg?w=545

II. L’affirmation du pouvoir chrétien :

Dans la réalité, le Christianisme ne vient pour l’instant que s’ajouter à la liste des cultes pratiqués dans l’Empire et, pour de nombreux Romains, il n’est qu’une religion parmi d’autres. La plupart, du reste, ne voient aucun inconvénient à vénérer le Christ en même temps que les anciens Dieux – ce qui n’est évidemment pas le cas des Chrétiens les plus fervents, qui se montrent hostiles aux païens. Constantin lui-même continue à faire diffuser des monnaies frappées du symbole du Sol Invictus, du génie du peuple romain, ou d’autres personnifications païennes. Les Chrétiens les plus extrêmes, bien que prosélytes et prêts à tout pour leur foi, sont encore une minorité. L’Église naissante est pourtant traversée par une série de crises, d’affrontements théologiques et d’antagonismes problématiques, auxquels Constantin doit mettre un terme. Ces disputes, les schismes, divisent les croyants en divers courants :

  • L’orthodoxie, basée sur l’enseignement de l’Église chrétienne de Rome, qui considère que Dieu et le Christ sont tous deux divins, et que tous les deux sont en même temps deux personnes distinctes, et un Dieu unique réuni en une entité.
  • Le donatisme, du nom de Donatus. Ses partisans, ayant décrété qu’aucun pardon ne devait être accordé à ceux qui, sous la menace des persécutions, avaient renié leur foi, l’élisent évêque à la place d’un autre en 311, et refusent catégoriquement de céder.
  • L’arianisme, qui tire son nom d’Arius, un prêtre nord-africain du IVe siècle, pour qui Dieu et le Christ ne sont pas égaux, ne sont pas de même nature et pour qui le premier est supérieur au second, dont il n’est que l’instrument.

Pour mettre un terme au donatisme, Constantin convoque deux synodes, le premier à Latran (313), le second à Arles (314), et il condamne fermement le courant dissident. Les adeptes se rebellent, et l’Empereur, bien qu’ayant tenté d’étouffer la révolte, finit par capituler : le calme revient, et chacun campe sur ses positions. Ceci étant, le donatisme n’a qu’un faible impact, et ses partisans se cantonnent en Afrique du Nord, où ils ne sont qu’une poignée. L’hérésie perdurera pourtant durant plusieurs siècles.

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La crise de l’arianisme est plus délicate, et en 325, Constantin réunit un concile à Nicée (aujourd’hui Iznik, en Turquie) et y participe même activement, en donnant son avis sur les questions théologiques :

«Que si l’Empereur dont je parle, avait une inclination si bienfaisante pour tous ses sujets, il prenait un soin particulier des Chrétiens. Il convoqua comme un commun évêque ordonné de Dieu des Conciles pour apaiser les différends qui s’étaient émus en diverses Provinces entre les Pasteurs de l’Église. Il prit la peine d’assister à leurs assemblées, de s’asseoir au milieu d’eux, d’examiner le sujet de leurs contestations, et de s’entremettre de les accorder. Il commanda alors à ses Gardes de se retirer, et se tenait assez bien gardé par la crainte de Dieu, et par l’affection de ses sujets. Il louait la sagesse et la modération de ceux qui suivaient le bon parti, et qui se portaient à la paix, et blâmait l’opiniâtreté de ceux qui refusaient de se rendre à la raison.»
(Eusèbe, « Vie de Constantin », II – 44.)

Concile de Nicée.
La nature consubstantielle de Dieu et du Christ est proclamée, les ariens sont bannis (avant d’être rappelés, car trop nombreux pour être écartés) et leur doctrine condamnée, mais elle ne s’éteint pas. Même si Arius lui-même ratifie le décret deux ans plus tard, les Ariens refusent de se soumettre aux décisions du concile, et continuent à propager leur doctrine – au point qu’elle devient majoritaire ! La controverse se poursuivra pendant des décennies, bien après la mort de Constantin. Mais celui-ci, finalement, feint de ne rien remarquer – trop heureux d’avoir mis un terme aux querelles qui déchiraient les croyants, et risquaient de déstabiliser l’unité de l’Église.

Parallèlement, Constantin poursuit sa politique religieuse et tente d’imposer un nouvel ordre moral : les sacrifices païens sont interdits en 324, les trésors des temples païens sont confisqués et affectés à l’édification d’églises, les combats de gladiateurs sont interdits, des lois sévères sont promulguées contre la prostitution, l’adultère, le divorce, les relations hors mariage, et de nombreux textes jugés impies sont censurés.

II. Le décès de Constantin :

La mort de Constantin.

Peu après Pâques 337, Constantin tombe gravement malade. Se sachant condamné, il se fait baptiser par l’évêque (arien) de Nicomédie, Eusèbe. Ce procédé ne doit pas étonner, et il a longtemps été courant de recevoir le baptême sur son lit de mort. Reconnaissons que c’est pratique puisque, logiquement, on n’a pas le temps de pêcher ni de souiller son  âme avant de clamser. Constantin le Grand meurt le Dimanche de Pentecôte, soit le 22 Mai 337 et, selon ses vœux, son corps est transporté à Constantinople, au centre de l’Église des Saint-Apôtres, au milieu des faux sarcophages des douze apôtres.

Baptême de Constantin.

Son neveu Julien – le futur Empereur dit « Julien l’Apostat » – ne remettra d’ailleurs pas en question la conversion de son oncle, comme en témoigne ces écrits :

«Constantin, qui ne trouvait pas chez les dieux le modèle de sa conduite, découvrant non loin de lui la Mollesse, s’empressa de la rejoindre. Celle-ci le reçut tendrement, l’enlaça dans ses bras, le revêtit et le para de vêtements aux couleurs chatoyantes, puis elle le conduisit à la Débauche. Ainsi le prince put-il aussi trouver Jésus qui hantait ces lieux et criait à tout venant : « Que tout séducteur, tout homicide, tout homme frappé de malédiction et d’infamie se présentent en confiance. En le baignant avec l’eau que voici, je le rendrai pur aussitôt, et s’il retombe dans les mêmes fautes, lorsqu’il se sera battu la poitrine et frappé la tête, je lui accorderai de devenir pur. » Ravi de cette rencontre, Constantin emmena ses enfants hors de l’assemblée des dieux.»
(Julien, « Le Banquet des Césars », 30.) .

Saint Constantin offrant une maquette de Constantinople à la Vierge Marie.

L’Église catholique du reste canonise Constantin sous le nom de Saint Constantin Le Grand, et il est fêté le 21 Avril. Une histoire de famille, puisque sa mère est également devenue Sainte-Hélène.

Sainte Hélène, mère de Constantin.
L’empereur a changé le cours de l’Histoire, en engageant l’Empire romain sur la voie du Christianisme – qui deviendra la seule religion officielle en 392, sous le règne de Théodose-, Constantin a fait basculer le monde occidental dans la chrétienté de façon irréversible, jetant les bases de notre civilisation européenne et chrétienne.
Saint Constantin 1er
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