Le mouvement Rex de Léon Degrelle

Imagine-t-on en 2016, qu’un meeting politique puisse être précédé d’une prière et d’une allocution d’une demi-heure donnée par un prêtre – un dominicain de surcroît.

Cela se passait en Belgique francophone, il y a 80 ans. Des meetings allant jusqu’à réunir plus de 30.000 personnes étaient organisés par REX, le parti catholique belge inspiré par l’encyclique Quas Primas de Pie XI.

Cette passionnante conférence donnée par Alain Escada, Président de Civitas, à l’association Deus Vult le samedi 16 janvier 2016 vous ouvrira les yeux.

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Le Rexisme d’avant-guerre :

L’aventure rexiste, qui enflamma la Belgique des années 1930 au point de faire vaciller son système démocratique corrompu, constitue pour les nationaux, catholiques et monarchistes français que nous sommes une expérience riche d’enseignements dans la perspective des rudes combats qui s’annoncent.

Nous le savons, le succès de cette incroyable épopée politique reposa essentiellement sur les épaules d’un homme, Léon Degrelle, qui en fut l’initiateur, l’inspirateur et le chef adulé.

Nous ne nous étalerons pas ici sur ce personnage truculent, dont la destinée personnelle dépasse largement celle du mouvement rexiste, et qui sut si bien raconter ses mémoires et bâtir sa légende depuis son exil espagnol, se rêvant sans doute en nouveau Napoléon à Sainte-Hélène.

Ce n’est en tous cas pas faire injure à celui que ses hommes appelaient affectueusement Modeste Ier de Bourgogne que de le supposer. Non. Si nous retraçons ici succinctement l’histoire du Rexisme, c’est bien pour tirer les leçons politiques de son action et analyser en quoi un mouvement aux racines philosophiques et religieuses très semblables à celles du nôtre a pu, dans une situation différente d’aujourd’hui, agir et conquérir une partie de l’opinion d’un pays en portant fièrement devant les masses le drapeau de l’idéal, de la pureté, d’une révolution tellement profonde qu’elle ne visait pas d’abord les corps mais bien les âmes.

« Vers l’avenir, fidèles au passé », plongeons nous dans l’histoire de cette « terrible beauté » éphémère qui inspire encore les jeunes générations d’âmes qui brûlent…

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Bref rappel politique de l’action rexiste en Belgique jusque 1940

Au début des années 1930, la Belgique, comme le reste de l’Europe, est secouée par une crise économique majeure. Si le pays a profité de la croissance durant les années 1920, il est durement touché par les répercussions du grand krach de 1929.

Le chômage explose ainsi que les tensions sociales. De grands mouvements ouvriers, encadrés par les socialistes et les communistes, touchent le pays. Comme en France, le système parlementaire belge n’arrive pas à rétablir la situation.

Les gouvernements se succèdent sans rien changer tandis que le personnel des partis politiques, totalement corrompu de la droite catholique jusque l’extrême gauche, perpétue ses pratiques démocrateuses et continue plus que jamais à « piquer dans la caisse » tandis qu’une part considérable de la population belge a du mal à survivre.

C’est dans ce climat sombre, marqué par les scandales politico-financiers et un total discrédit sur les élites bourgeoises traditionnelles, qu’un jeune homme aussi mystique qu’ambitieux, Léon Degrelle, va utiliser sa fougue, son enthousiasme et sa plume pour tenter de mobiliser autour de lui les déçus du système, notamment parmi les rénovateurs du vieux Parti catholique.

Léon Degrelle, né le 15 juin 1906 à Bouillon dans une famille très catholique de souche française, est alors un jeune étudiant en droit de Louvain déjà connu pour ses talents d’agitateur estudiantin et de journaliste (il écrivait l’essentiel du journal qu’il dirigeait à l’aide d’une gigantesque « botte » de 5 litres de bière…).

Mgr Picard, alors directeur de l’Association Catholique de la Jeunesse Belge (ACJB) comprend vite tout l’intérêt de recruter ce jeune homme plein d’ardeur, lui qui cherche dans un esprit d’apostolat, à publier et surtout diffuser des brochures de formation à destination du public catholique.

En 1930, Degrelle est donc propulsé à la tête des éditions REX (en réalité CHRISTUS REX, fondées en 1926 suite à l’encyclique Quas Primas donnée en 1925 par le Pape Pie XI) auxquelles il donne un souffle nouveau en lançant des brochures d’actualité.

Plus que jamais pour Léon Degrelle l’Action catholique devait non pas se limiter aux frontières étroites d’un « milieu » mais bien s’adresser au plus grand nombre et donner des réponses à la fois concrètes et spirituelles aux grands problèmes de son époque, afin de rappeler à tous que, malgré la matérialisme ambiant, « l’homme ne vit pas que de pain ».

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En 1931 est lancé le journal Soirées (littéraire), puis en 1932, Rex (doctrinal) et enfin en 1933 Foyer (pour la famille), Crois (religieux) et surtout Vlan, hebdomadaire politique dont Degrelle fait une tribune pour donner un grand coup de pied dans la fourmilière parlementeuse, dénonçant les « pourris », multipliant les scandales et entraînant avec lui une large part de la jeunesse catholique, assoiffée de pureté et d’idéal, dans une grande croisade pour la réforme intellectuelle et morale de la Belgique.

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Par honnêteté intellectuelle, les Rexistes commencent à balayer devant leur porte en commençant à dénoncer les magouilles qui gangrènent le parti catholique dont ils constituent pourtant l’aile jeune et militante. Ses prises de position provocatrices provoquent l’exclusion de Degrelle de l’ACJB en 1934 puis à la rupture définitive avec les vieux barbons corrompus du Parti catholique en 1936.

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C’est désormais seul que Rex veut partir à la conquête du pays avec l’ambition folle de faire triompher un vrai bien commun, aussi bien spirituel que matériel, où la justice sociale permettrait une vraie collaboration entre les classes et maintiendrait l’unité nationale d’un pays déjà divisé par la frontière entre Flamands et Wallons. En quête de partisans et de futurs électeurs, les Rexistes vont démontrer l’ampleur de leur sens du dévouement à une cause supérieure.

Loin du conformisme ennuyeux des autres partis, et se qualifiant lui même de « mouvement », Rex va immédiatement se démarquer en détonnant, étonnant, et finalement séduisant le peuple belge par la multiplication des tracts, brochures, affiches, journaux (notamment Le Pays réel, qui devient vite un quotidien) dans lesquels la vieille démocratie parlementaire est chaque jour attaquée, dénoncée, aussi bien pour son inefficacité que pour sa corruption notoire.

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Très vite de grandes actions nationales sont lancées et des centaines de Rexistes défilent avec des balais dans les rues des principales cités belges, signifiant leur intention de nettoyer une bonne fois pour toute le monde politique de la « démocrassie ». Si le programme du jeune parti reste vague, les principaux thèmes développés par les rexistes sont :

  • La lutte contre l’hyper-capitalisme qui conduit le pays à la ruine et condamne les ouvriers à la misère ; Degrelle dénonce dans ses articles la finance et le monde des « banksters », prédateurs apatrides ennemis du peuple. Rex veut organiser la protection du travail, rendre leur dignité aux masses ouvrières exploitées, organiser la réconciliation des classes autour d’un idéal corporatiste où l’intérêt de l’entreprise, commun au patron comme à l’ouvrier, primerait sur les appétits individuels. Le petit commerce et l’artisanat, où il recrute nombre d’électeurs, devant bien étendu être protégés.

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  • La dénonciation de la démocratie parlementaire via un certain nombre de scandales politico-financiers dans lesquels les politiciens, aussi bien catholiques que de gauche, sont montrés du doigt et impitoyablement trainés dans la boue. De grandes séries comme « Les Pourris » ou « J’accuse » constituent des feuilletons quotidiens dans les publications rexistes. Les Rexistes désirent mettre fin à l’impuissance du politique et donner à la Belgique un véritable chef (tout en respectant le rôle du Roi constitutionnel comme symbole de l’unité nationale et arbitre de la vie politique, à l’image de Mussolini et Victor-Emmanuel III en Italie).

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  • La lutte contre le bolchevisme et le socialisme, accusés de constituer une grave menace pour le pays et surtout sa civilisation, ses valeurs spirituelles et morales. Si les socialistes sont dénoncés comme des profiteurs manipulant le peuple ouvrier, le « péril rouge » révolutionnaire athée est attaqué en tant que menace majeure pour la sécurité et l’avenir de l’Europe.
  • Enfin, on trouve au cœur de ce programme, à la fois socle philosophique et héritage de sa fondation à l’intérieur de l’ACJB, la défense et la promotion de la foi catholique que les rexistes comptent dépoussiérer et régénérer en lui rendant un aspect dynamique et combatif.Même si Rex se veut le parti de tous les Belges, et donc a-confessionnel, le catholicisme sera toujours au cœur de sa doctrine, ne serait-ce que dans sa volonté de rénovation morale et de critique du matérialisme. Profondément mystiques, Degrelle et les rexistes ne voient pas dans l’homme simplement un moyen de faire du profit mais bien une fin en soi, une créature à laquelle Dieu a donné une âme et qui mérite d’être sauvée (même en 1935-1936, et malgré la neutralité officielle du mouvement, on verra encore des banderoles « Catholique 100% sinon fous le camp ! » déployées aux meetings de Degrelle). Sous des habits neufs, les Rexistes reprennent l’essentiel du programme catholique traditionnel, se posant en défenseurs de la famille et de la femme en tant que bonne épouse et bonne mère. La natalité est encouragée, le divorce condamné ; la liberté de l’éducation (donc la liberté des écoles religieuses) posée en principe fondamental. Désirant rallier l’électorat féminin, Rex propose un élargissement du droit de vote aux femmes (ainsi que le suffrage familial), jouant largement sur le « Rex-appeal » du « beau Léon » et de ses troupes qui ne laissait pas sans effet les demoiselles bien élevées issues de la classe moyenne et de la bourgeoisie catholique…

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En 1936, les élections législatives sont un moyen pour Rex de concrétiser les espérances nées du succès des campagnes de 1934-1935. Ralliant tous les déçus des vieux partis, menant une campagne dynamique où Degrelle multiplie les meetings, enflammant les foules grâce à son exceptionnel talent d’orateur, les résultats obtenus par Rex dépassent toutes les espérances : 21 députés et 12 sénateurs sont élus. L’essentiel des voix vient du parti catholique qui a vu se détacher une part considérable de son aile conservatrice. Malgré quelques bons scores chez les ouvriers, c’est essentiellement la classe moyenne et la bourgeoisie catholique qui a voté massivement pour Rex.

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En 1937, cherchant à capitaliser sur ce succès, Degrelle lance la campagne « Rex ou Moscou » et fait de l’anti-communisme un thème majeur. Mais l’opposition se radicalise ; tandis qu’on interdit ses meetings, les calomnies commencent à pleuvoir contre celui qui apparaît de plus en plus comme le « fasciste belge » (et bientôt, totalement à tort, comme « l’homme de Berlin »), dénoncé comme traître à sa patrie belge. L’échec des législatives partielles de Bruxelles en 1937, où Léon Degrelle est écrasé par le premier ministre Paul Van Zeeland, aidé par le « coup de crosse » porté par l’archevêque de Malines interdisant aux catholiques de voter Rex (qui manifestait par là son refus de voir le catholicisme pris en otage par un parti considéré comme extrémiste et peu sérieux, mais qui cachait aussi sans doute une collusion entre l’Église institutionnelle et le monde de la politicaillerie corrompue), amorce l’irrépressible déclin du mouvement.

Degrelle avait fait de cette confrontation un enjeu national, un défi qu’il lançait aux institutions et son échec, qui illustre bien la capacité des forces du système à utiliser la démocratie d’opinion pour faire gagner « son candidat », constitue un échec personnel qui retentit aussi sur un mouvement qui aspirait justement à « renverser la table » mais qui a montré son incapacité à le faire face à un mur institutionnel (qu’il faut bien ici qualifier de catho-maçonnique) trop puissant. Désormais étiqueté comme « parti de l’étranger » par une large part de l’électorat, miné par des crises internes (les cadres critiquant l’autoritarisme de Degrelle et sa radicalité croissante), Rex s’effondre à 4% en 1939. Il faudra attendre la guerre et la collaboration pour voir le parti renaître de ses cendres, mais sous une toute autre forme.

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Un programme vague mais fondé sur un solide socle philosophique et spirituel

L’une des principales critiques adressée aux Rexistes était leur manque de sérieux et notamment leur absence de programme de gouvernement précis à appliquer en cas de victoire. Force est de constater que ce mouvement né en quelques années n’avait pas d’unité doctrinale et connaissait en son sein des divergences qui éclatèrent notamment en 1937-1938.

Fédéré autour de la personne du chef, c’est sur le charisme de Degrelle que reposait l’essentiel de l’unité du mouvement. Si nous ne nous étalerons pas sur le fait que bien des partis révolutionnaires arrivèrent à la même époque au pouvoir sans programme précis de gouvernement (pensons à l’Allemagne, où les nationaux-socialistes étaient divisés doctrinalement et suivaient simplement les directives du « Führer » qui avait bien davantage une « vision » du pays et de son avenir qu’un programme gouvernemental, ce qui ne l’empêcha pas de résorber le chômage en deux ans !), nous rappellerons tout de même que ce qui fait la spécificité du mouvement rexiste est moins son « programme » que sa mystique, sa vision de l’homme, mise au service d’une certaine idée de l’avenir politique de la Belgique.

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Catholique, de formation maurrassienne, Léon Degrelle était d’abord un poète qui chercha à réaliser l’idéal d’unité, d’harmonie, de « bonheur » spirituel et matériel qu’un mouvement et qu’un chef sont censés donner à un peuple.

En deux mots, un vrai bien commun.

Comme il le dira lui-même, « Rex a réconcilié les Flamands et les Wallons, Rex a réconcilié les hommes qui vont à la Messe et ceux qui n’y vont pas, Rex réconciliera demain dans tout le pays, comme il l’a déjà fait dans ses rangs, toutes les classes sociales ». Cela commence donc par rompre avec les chimères issues de la pensée libérale et révolutionnaire, en revenant au réel, aux principes naturels qui fondent toute société : le travail, la famille, la patrie.

Comme l’écrivit Robert Brasillach, le Rexisme « consiste à rendre à chacun sa dignité, et à construire un État fondé non pas sur des mythes ou sur le dangereux individualisme, mais sur les réalités sociales de la famille et de la profession ». L’unité nationale, incarnée par le Roi, doit passer selon lui par la réconciliation entre Wallons et Flamands d’où ses ténébreuses alliances avec les nationalistes flamands du VNV. Il veut pour cela organiser une vaste décentralisation, à l’image de celle prônée par l’Action française outre-Quiévrain.

Cette réconciliation passe aussi par l’union des classes, que nous avons déjà abordée précédemment, s’opposant aux égoïsmes, incarnés aussi bien par bolchevisme que par le capitalisme, tous deux prédateurs. A la tête de ce peuple uni, pour le conduire « vers des destins dignes de lui » (selon l’hymne rexiste), se trouve la personne du chef, incarnant le peuple, attentif à ses volontés et à son bien-être. La démocratie parlementaire, en réalité oligarchie de fait où une caste de politiciens prévaricateurs alliés au monde financier confisque la parole du peule, doit donc être renversée au profit d’une démocratie directe et autoritaire, forme moderne de « césarisme ».

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Cette volonté de révolution sociale et politique n’est toutefois envisageable qu’à la seule condition que soit menée en parallèle une véritable réforme intellectuelle, morale et surtout spirituelle.

C’est sur la base de cette révolution des cœurs et des âmes que doit être fondée la révolution politique. C’est même elle qui fonde son succès réel et durable. Sans elle, il est inutile de se battre ou de chercher à bâtir quoi que ce soit car cela reviendrait à construire sur du sable. Issu de l’action catholique, le mouvement Rex se nomme en réalité « Christus-Rex », c’est-à-dire « Christ-Roi ».

En 1925, le Pape Pie XI avait rappelé contre le laïcisme et la vision matérialiste de l’homme que le Christ était le roi du monde entier, régnant aussi bien sur les hommes que sur les peuples. Et qu’il était du devoir de tous les gouvernements de régler leur politique sur les principes de cette royauté surnaturelle qui fixe pour chaque homme une fin ultime : le Salut. En vrai poète, mystique de l’action politique, Degrelle a cette conviction chevillée au corps que la mission du chef est de contribuer au bonheur moral et spirituel de son peuple, de participer à cette grande entreprise de rénovation de l’homme sur la base des principes évangéliques de Foi, d’Espérance et de Charité.

Le Rexisme (et plus tard la Légion Wallonie) visait à faire émerger une élite politique et morale, une avant-garde guidée par un idéal et qui se donnerait sans limite à celui-ci, le désintéressement donnant « une saveur d’éternité » au bonheur de l’homme, bien loin des caricatures de joie et de ces pseudos-plaisirs offerts aux appétits envieux des zombies du monde démocratique et matérialiste.

Aimer, croire, se donner, élever son âme vers des destins dignes de ce chef-d’œuvre de la Création qu’est l’homme, voilà quelles doivent être les ambitions premières de celui qui se bat pour la restauration nationale. Comme Léon Degrelle l’écrivait lui-même et comme nous ne cessons de le répéter : « La vraie révolution est celle qui remet au point non pas la machine de l’État mais bien la vie secrète de chaque âme ».

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Les leçons de l’aventure rexiste

De cette extraordinaire aventure, et malgré son échec, essayons de tirer des leçons qui pourraient servir à guider notre action nationaliste et catholique au XXIe siècle.

La première est d’après nous d’ordre pratique. Ce qui séduisit chez les Rexistes, c’était leur impertinence, leur décalage par rapport aux canons de l’action politique traditionnelle. Dans un monde encore plus aseptisé qu’à l’époque, afin d’exister, de toucher, de faire réfléchir, appliquons cette maxime : Ne soyons pas sages (au sens où l’entendent nos adversaire), n’ayons pas peur de passer pour les « sales gosses » de la politique. Au contraire, choquons ! Soyons percutants, et tout en rappelant toujours que nous sommes du côté de la masse silencieuses et opprimée, que nous ne voulons que le bonheur de notre prochain, de notre peuple, frappons sur tout ce qui bouge. Ne cherchons surtout pas de brevet de respectabilité chez nos adversaires ou nos (faux) amis.

Bannissons leurs méthode et leur vocabulaire de notre vie. Dénonçons la pourriture sans prendre de gants et où qu’elle se trouve, mettons sous le nez du Charlie moyen ces vérités qu’il préfère ne pas voir, ces cadavres puants qui débordent de son placard à idées « bien-pensantes ». Montrons que la vraie Liberté n’est pas le libéralisme, que la vraie démocratie n’est pas l’élection (et rappelons les bienfaits de l’autorité), que les vrais droits de l’homme découlent d’abord de ceux de Dieu. Que ces gens sont malheureux et que la vraie cause de leur malheur vient de ce qu’ils vivent dans un système qui les exploite et que malgré tout ils soutiennent par conformisme alors qu’il les prive du véritable Bonheur. Étalons leur propre médiocrité devant leurs yeux. S’ils refusent de voir la Vérité en face, c’est qu’ils sont déjà perdus !

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Enfin, la seconde leçon qu’il nous faut tirer est que notre combat est une lutte pour une Renaissance spirituelle et morale avant tout, ce que les « Charlie De Gaulle » et autres libéraux-racistes refusent de comprendre et qui est d’ailleurs la cause de leur défaite, présente et à venir, même si un jour ils accédaient aux rênes de l’État.

Soyons nous-mêmes « durs et purs » afin que l’exemple que nous donnons aux autres renforce l’impact de notre action politique. Combattons pour le Christ et sous son étendard, pour le Salut de notre patrie française et de son peuple. Devenons ces soldats de l’idéal aspirant à d’autres grandeurs que celles du monde. Si nous savons que la route sera longue et difficile et « qu’il faut tant de fois vaincre (et se vaincre) avant que triompher » (Corneille), c’est avec la certitude de la supériorité de l’esprit sur la matière, de l’âme sur le corps, de l’idéal sur les circonstances, que nous devons mener nos vies jusqu’à cette gloire suprême qui nous attend, tous, dans les Cieux.

In hoc signo vinces. Sursum corda !

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