Le Maréchal Pétain une Divine surprise

Maréchal Pétain la France

La revue Golias, que l’on ne présente plus, vient de publier un nouvel ouvrage ayant pour but de critiquer l’attitude des évêques pendant l’occupation. En effet, les évêques français qui s’efforçaient depuis quelques années – sous l’influence de Pie XI notamment – de rompre avec le conservatisme politique ambiant (la condamnation de l’Action française par le Vatican, par exemple), accueillirent comme la « divine » surprise la Révolution nationale du maréchal Pétain, gage d’une véritable restauration chrétienne ?

D’aucuns pensent qu’ils ne pouvaient en être autrement ; d’autres, au contraire, s’insurgent contre ce ralliement et pensent que les évêques, sous Vichy, ont failli. La question est ouverte, sachant que l’attachement de l’Eglise de France à Vichy fut exprimé avec beaucoup de force par les plus hautes autorités du clergé, dont la proximité de l’Église catholique l’État français de Pétain ne saurait être mieux illustrée que par la célèbre formule prononcée dans son homélie par le cardinal Gerlier, le 18 novembre 1940 à Lyon : « Pétain, c’est la France et la France, aujourd’hui, c’est Pétain ».

Mgr Gerlier

En froid avec la République, beaucoup de catholiques ont adhéré ou sympathisé avec les idées de l’Action française de Charles Maurras, mais la condamnation du mouvement par le pape Pie XI en 1926 a détourné les catholiques de l’engagement politique anti-républicain au bénéfice d’un engagement dans les différentes formes de l’action catholique promue par le même Pie XI. Des membres du clergé ouvertement partisans de l’Action française seront souvent bloqués dans leur carrière. Au niveau de l’épiscopat, entre 1926 et 1939, les partisans de Maurras se trouvent progressivement remplacés par de jeunes prélats ambitieux et moins marqués politiquement.

Mgr Saliège

« Pour avoir chassé Dieu de l’école, des prétoires de la nation,
pour avoir supporté une littérature malsaine, la traite des blanches
pour la promiscuité dégradante des ateliers, des bureaux, des usines,
Seigneur, nous vous demandons pardon »

La Croix du 28 juin 1940, Mgr Saliège, évêque de Toulouse.

Dés qu’ils prennent connaissance des grandes lignes de la révolution nationale que le nouveau chef de l’État propose aux français, les catholiques y reconnaissent leurs idées. « Travail, Famille, Patrie, ces trois mots sont les nôtres ! » proclame le cardinal Gerlier au congrès de la Ligue ouvrière chrétienne.

Pour la majorité des catholiques, Pétain fait rapidement figure d’homme providentiel et vénéré.  À partir d’octobre 1940, les différents évêques ne se lassent pas des évocations les plus élogieuses vis-à-vis du maréchal. L’homélie de novembre 1940 du cardinal Gerlier n’est pas un cas isolé. En octobre 1940, l’archevêque d’Aix-en-Provence, Mgr du Bois de la Villerabel, le premier, exhorte ses prêtres à se serrer, sans hésitation autour de l’illustre maréchal. Le 11 novembre, Mgr Piguet, évêque de Clermont-Ferrand salue dans le chef de l’État, une chance pour la France « dotée par la Providence de l’homme capable d’atténuer ses malheurs… ». En cette fin de l’année 1940, les déclarations d’évêques en faveur du nouveau régime sont si nombreuses qu’en 1942, les services de propagande les réuniront dans une brochure largement diffusée.

De son côté, Pétain, catholique de formation, mais qui ne pratiquait pas et n’avait pas jugé utile de se marier religieusement avec Eugénie Hardon devenue sa femme en 1920, se tourne vers la religion, aimant à proclamer qu’« une bonne messe n’a jamais fait de mal à personne » et régularise son mariage en 1941. par ailleurs, l’expulsion en 1903 de 48 moines du monastère de la Grande Chartreuse est resté gravé dans les mémoires et a acquis un caractère symbolique. Le retour des trois premiers chartreux le 21 juin 1940 suit de près la nomination de Pétain comme président du conseil, et marque également les esprits, malgré la débâcle. Ainsi, l’écrivain catholique Paul Claudel écrit-il dans son journal à la date du 5-7 juillet 1940 : « […] La France est délivrée après soixante ans de joug du parti radical et anticatholique (professeurs, avocats, juifs, francs-maçons). Le nouveau Gouvernement invoque Dieu et rend la Grande Chartreuse aux religieux. Espérance d’être délivrés du suffrage universel et du parlementarisme […]  »

Le résultat de la politique de Vichy, c’est que la Révolution Nationale a suscité un renouveau de la ferveur religieuse qui s’est marqué par une participation accrue des fidèles aux différentes formes de la pratique religieuse et par un afflux des futurs prêtres vers les séminaires.

L’expression de « Divine surprise » vient de Charles Maurras qui qualifia ainsi l’arrivée au pouvoir du Maréchal Philippe Pétain dans la revue d’Action française.

Pétain : une « divine surprise » pour l’Eglise !

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