Le national-défaitisme d’après guerre de Lucien Rebatet par Jeune nation

L’attitude de Rebatet à son procès, où il s’était défendu moins vigoureusement que Pierre-Antoine Cousteau, laissait croire qu’il se désintéressait de la politique. Libéré, il ne reprit d’abord la plume que pour tenir une critique cinématographique sous son ancien pseudonyme de François Vinneuil. En 1958, il revint à la politique dans Rivarol, où il retrouvait Pierre Antoine Cousteau, qui collaborait au journal depuis déjà quatre ans.

Si Cousteau paraissait n’avoir pas changé depuis le temps de Je suis partout, Rebatet semble au contraire assez désenchanté par l’atonie politique des temps actuels. Son scepticisme devant les « mouvements nationaux » du temps présent a suscité l’irritation de Jeune nation, qui, en avril 1959, lui a reproché son national-défaitisme. « Lucien Rebatet peut-il ignorer, écrivait un rédacteur de ce journal, « les manifestations parisiennes et provinciales où, au coude à coude, les jeunes nationalistes et leurs aînés ont affirmé leur volonté de conserver l’Algérie française, d’instaurer en France un ordre nouveau, de supprimer le règne des métèques et de promouvoir un ordre social juste dans un esprit communautaire ? » Ce à quoi Rebatet répondit notamment : « Quand je vois les Algérois s’émietter en une soixantaine de fractions et de « nuances » comme ce dimanche dernier, je me dis qu’il y a de quoi pleurer et qu’on ne saurait faire plus douillettement le lit de la gauche, archaïque, radoteuse ou moscoutaire, mais qui, encore une fois, sera seule présente le jour prochain peut-être où la succession du général de Gaulle sera de nouveau ouverte. »

Paul Sérrant, Le romantisme fasciste (p.250/251).

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La ploutocratie par Jacques Ploncard d’Assac

Texte publié par Jacques Ploncard d’Assac dans une série intitulée « Critique Nationaliste », diffusée dans L’Ordre français [et repris sur le site de Jeune nation].

Certains écrivains socialistes du siècle dernier qui n’avaient pas encore subi la dictature marxiste avaient parfaitement analysé que les méfaits du capitalisme libéral venaient, dans l’ordre social, de la suppression des corporations par la Révolution française et, dans l’ordre politique, de la disparition d’un Pouvoir indépendant des forces qu’il devait contrôler.

En mars 1887, dans la Revue socialiste, M. Gustave Rouanet avait publié une étude sur « La chasse aux Financiers sous Colbert » et Drumont faisait à ce propos cette curieuse remarque :

« Tout est singulier dans le temps présent. Ce sont les socialistes qui sont obligés d’apprendre quelle était, en matière de finance, la manière d’agir de la Royauté… »

C’est une remarque qu’il ne risquerait plus de faire de nos jours où financiers et chefs socialistes font bon ménage et quelquefois ne font qu’un.

Jadis, il en allait autrement. Toutes les fois que la finance avait dépassé certaines limites, la Royauté avait selon le mot pittoresque de Drumont procédé à un « récurage général ».

Quand Colbert arriva aux affaires, aristocrates, gens du monde, écrivains, artistes « s’agenouillaient devant Fouquet comme on s’agenouille aujourd’hui devant les Rothschild ».

Colbert s’en fut trouvé le Roi Louis XIV et lui montra « l’effroyable prélèvement des hommes de rapine sur les hommes de travail ».

Le 5 septembre 1691, d’Artagnan, capitaine des gardes « touchait Fouquet à l’épaule et lui disait : “Au nom du roi, vous êtes mon prisonnier”.
Moins de deux mois plus tard, le roi crée une Chambre de Justice. L’édit qui procédait à cette création était précédé de considérants qui paraissent révolutionnaires en notre temps où la Ploutocratie a tellement assis sa puissance sur les démocraties qu’on imagine difficilement un gouvernement actuel capable de publier un décret dans le ton de l’édit de Louis XIV.
“Un petit nombre de personnes, y était-il dit, au nom du roi, profitant de la mauvaise administration de nos finances, ont, par des voies illégitimes, élevé des fortunes subites et prodigieuses, fait des acquisitions immenses et données dans le public un exemple scandaleux par leur faste et par leur opulence, et par un luxe capable de corrompre les mœurs et toutes les maximes de l’honnêteté publique. […] Pressés par la connaissance particulière que nous avons prise des grands dommages que ces désordres ont apportés à notre État et à nos sujets, et excités d’une juste indignation contre ceux qui les ont causés, nous avons résolus tant pour satisfaire à la justice et pour marquer à nos peuples combien nous avons en horreur ceux qui ont exercé sur eux tant d’injustice et de violence, que pour en empêcher à l’avenir la continuation, de faire punir exemplairement et avec sévérité tous ceux qui se trouveront prévenus d’avoir malversé dans les finances et délinqué à l’occasion d’icelles ou d’avoir été les auteurs ou complices de la déprédation qui s’y est commise depuis plusieurs années et des crimes énormes de péculat qui ont épuisé nos finances et appauvri nos provinces” ».

Texte remarquable où ne manque ni l’autocritique sur le mauvais fonctionnement des finances dû en grande partie à la guerre qui avait obligé le Roi à se soumettre parfois aux exigences des financiers, ni surtout la manifestation éclatante de ce que peut un pouvoir indépendant.

Il nous reste à voir comment Louis XIV s’y prit pour faire rendre gorge aux ploutocrates de son temps.

On est surpris du caractère vraiment révolutionnaire des mesures édictées par Louis XIV contre les financiers qui pillaient l’État et le peuple. M. Gustave Rouanet raconte qu’il fut prescrit que les individus soupçonnés « devraient se tenir prêts à fournir sous huit jours, un état justifié de leurs biens de 1635 à 1661. Cet état devait présenter, avec la situation détaillée et justifiée pour 1635 à 1661 (…) “Faute de se faire, disait l’arrêté, ce délai passé seront tous leurs biens saisis et commis à l’exercice de leurs charges et procédé extraordinairement contre eux comme coupables de péculat” ».

Mais l’étonnement de l’historien ne s’arrête pas là.

« Pour réussir dans son œuvre de justice, rapporte Drumont, Colbert s’appuya sur le peuple et un service de rabatteurs fut organisé partout pour empêcher le gibier de s’échapper.
Un monitoire de la Chambre de Justice enjoignit aux fidèles et paroissiens de faire connaître la retraite des financiers qui se seraient enfuis, le lieu où ils auraient caché des sommes d’argent et des effets précieux. Les vicaires et les curés durent prononcer l’excommunication contre tous ceux qui, ayant connaissance de semblables délits, ne les dénonçaient pas […].
Des exemples vigoureux apprirent au pays transporté de joie qu’il y avait une justice en France. Les financiers qui étalaient le plus insolemment leur luxe la veille furent envoyés aux galères ; d’autres furent pendus hauts et court comme Dumon, l’intendant qu’on pendit devant la Bastille, sous la fenêtre même de Fouquet ».

Deux ans après seulement les choses étaient si bien remises en état que Colbert diminuait les impôts, le revenu net des contributions augmentait, on remboursait 120 millions d’offices, une marine était créée et l’industrie faisait son apparition.

Drumont qui fut à l’origine du grand courant nationaliste et populaire qui surgit à la fin du XIXe siècle contre les féodalités de la haute banque et des loges, établissait dans la Fin d’un Monde, la très nécessaire distinction entre propriété et pouvoir. Lorsque la ploutocratie agiote sans cesse et ne se sert de ses millions que pour en acquérir d’autres, elle exerce un pouvoir sur l’État dont elle trouble la marche.

Une société qui accepte cette tutelle de la « Fleur du mal du pire capitalisme » se corrompt très rapidement, l’esprit public s’affaiblit, l’opposition elle-même n’est plus qu’une conjuration d’envies et de convoitises.

Il semble que soit perdu le secret des gestes libérateurs. « Au fond moralisait Drumont, cette fin d’un monde a le charme de tout ce qui finit. L’existence a beau être dure, inquiète, attristée par des hontes qui navrent le cœur du patriote, chacun goûte la joie de vivre comme on savoure la dernière lampée de liqueur restée au fond du verre, le dernier rayon du soleil automnal, la dernière chanson d’un oiseau dans le bois déjà dépouillé… ».

Pourtant, il n’aurait fallu à certains moments qu’un peu de courage. On eut évité bien des hontes.

Au plus fort de la persécution anti-religieuse en France, au moment de l’expulsion des Dominicains, Paul de Cassagnac et le duc de Broglie étaient arrivés en retard au couvent de la rue du faubourg Saint-Honoré où les messieurs de la bonne société venaient réconforter les bons pères de leur présence. On avait déjà barricadé les portes afin d’obliger le commissaire de la République de faire crocheter les serrures — ce fut là toute la résistance catholique. Pour faire entrer les deux retardataires, on avait dû mettre une échelle et tandis que Cassagnac aidait le duc de Broglie à escalader :

-Ah ! monsieur le duc, dit l’écrivain à l’ancien ministre, si vous aviez eu un peu plus d’énergie au 16 mai, nous ne serions pas sur cette échelle…

Jeune nation

Le faisceau et la civilisation fasciste

Le faisceau et la civilisation fasciste : ou l’Europe de la romanité chrétienne

Faisceaux

Pierre Sidos, À propos du fascisme :

« Le terme de fascisme vient du mot italien fascio, au pluriel fasci, signifiant faisceau. Il a pour origine la désignation que donnèrent en 1893 des groupements d’ouvriers agricoles et d’ouvriers mineurs en Sicile qui firent grève pour cause d’insuffisance de salaires et d’abus du travail des enfants dans les mines. C’est en 1915 que Mussolini, partisan de l’intervention de Italie dans la guerre aux côtés de la France, crée les Faisceaux d’action révolutionnaire, dont il transforma le titre en 1919, en prenant pour emblème une représentation  des faisceaux consulaires de la Rome ancienne, qui était alors l’insigne du pouvoir officiel que portaient des officiers nommés licteurs. Dans l’histoire de France cet attribut a été fréquemment employé comme motif décoratif dans les trophées héroïques du style Louis XIV, et surtout pendant la période de la Révolution, jusqu’au Consulat de Bonaparte.

Pour bien comprendre l’époque contemporaine, il est indispensable de saisir que le fascisme doit être perçu comme n’étant lis un phénomène strictement italien, dès lors que de tous ses ennemis le principal était le communisme international, autrement dit les oculistes marxistes, le bolchevisme. Aussi en vient-on à considérer que sa chute, due en grande partie au degré de puissance matérielle de la coalition antifasciste des démocraties libérales et de l’Union soviétique dirigée par Staline, a occasionné une régression incontestable de la civilisation européenne et de la chrétienté universelle. (…) »

[L’existence passée de mouvements comme Le Faisceau de Georges Valois, ou encore Le Francisme de Marcel Bucard en atteste pour le cas français. Idem concernant l’après-guerre avec Jeune nation-Œuvre française.]

 

Jacques Ploncard d’Assac, Doctrines du nationalisme :

Le fascisme se réfère bien à une tradition qu’il entend défendre. Mussolini parlera de « l’orgueil de notre italianité » comme d’un « élément vital du fascisme ». Il créera même une fête fasciste pour répliquer au 1er mai des socialistes, le « Noël de Rome », le 21 avril :
« Ce jour-là, sous le signe de cette ville qui a donné deux civilisations au monde, et qui lui en donnera une troisième, nous nous retrouverons. »

Il ne parle pas de l’Italie, mais d’une ville : Rome qui, dans son esprit, doit donner, pour la troisième fois, une civilisation au monde (…).

[Le chef du fascisme italien faisait alors référence à l’héritage historique des nations européennes : 1. La romanité, 2. La catholicité, et enfin 3. Le fascisme…]

 

L’article « Rome, un décor antique pour le fascisme«  du site « Histoire d’une antiquité détournée »  ajoute des informations utiles à ce propos :

Mussolini (…) portait une grande admiration pour le premier Empereur Auguste et pour l’histoire prestigieuse de Rome. La Ville et ses monuments vont lui servir de décor pour mettre en avant son régime.
Mussolini va donc entreprendre une série de grands travaux pour faire ressortir les monuments antiques romains, qui rappellent la grandeur de l’Italie et de sa culture, et aussi pour embellir Rome et la rendre conforme à l’idéologie fasciste.

Le mot fascisme vient de fascio, qui désigne les faisceaux des licteurs romains. Les licteurs étaient attribués en escorte aux magistrats romains.

Mussolini se fait appeler le Duce. L’étymologie de ce titre remonte au latin. Le mot « dux, ducis » signifie le chef. Le verbe « duco », dont il vient, exprime l’idée de guider.
C’est la même signification que le terme « fürher » pour désigner Hitler.

Les faisceaux étaient constitués de baguettes souples entourées de liens de cuir et d’une hache. Les baguettes symbolisaient le pouvoir de fouetter, la hache symbolisait le pouvoir de décapiter.
Ce sont donc des symboles de justice et de pouvoir.

Florian - Fascisme victoire (2)

Reconnaissance d’extrême gauche

Après que le séfarade Frédéric Haziza dans son livre « Vol au-dessus d’un nid de fachos » me traitait de « néo-nazi français » (sic) pour mon hommage rendu à Joseph Darnand avec des jeunes militants parisiens (1) ; et que Jiri Pragman le maçon « anti-antimaçon » me cite avec d’autres…, dans son livre « L’antimaçonnisme actuel », s’inquiétant « à juste titre » de la montée de l’antimaçonnisme en France. C’est au tour d’une certaine « extrême gauche » de me citer dans un article du 16 décembre titré « Florian cet artiste incompris… ».

Voilà une petite médaille supplémentaire à accrocher à mon parcours !

01

Dans leur texte d’accusation il est évoqué différentes choses : une appartenance à un mouvement officiellement dissous, des coordonnées reprises du site des Amis de Pierre Sidos (2), une médicalisation faite de ma personne ainsi que divers actes imputés (3), et avec en prime l’habitation et le nom de mon père décédé il y a maintenant 5 ans en 2009…chose que les « inquisiteurs » ne semblaient pas savoir… !

« Florian Rouanet, un soldat fidèle de Pierre Sidos.« 
Mes remerciements, même les nationalistes ne me font pas de tel compliment !

02
« Florian est partout, de Saint-Nicolas du Chardonnet (fief parisien de la très fasciste Fraternité Sacerdotale Saint Pie X) aux tréfonds de la fachosphère, toujours prêt à diffuser les préceptes des idolâtres pétainistes. »
Ici il est sans doute fait référence à tous mes entretiens, ainsi qu’à un tractage du Paris nationaliste (4)

(1) Discours d’hommage à Joseph Darnand (12 octobre 2013).
(2) Site de l’association Les amis de Pierre Sidos.
(3) Badigeonnage militant.
(4) « Tractage pour le transfert du maréchal Pétain à Douaumont. »