L’antimaçonnisme du fascisme italien

La première mesure officielle que le fascisme italien prit contre la Maçonnerie se produisit à la suite de la délibération du Grand Conseil National fasciste du 15 février 1923. Au cours de ces débats, entre autres choses, on aborda le thème « Parti et Maçonnerie » avec la participation du Duce et de quatorze autres membres du Conseil. La question de fond qui y fut débattue, tout comme lors de la Troisième Internationale, était le problème de l’incompatibilité. Et le résultat fut le même, lorsque les fascistes qui étaient Maçons furent invités à choisir entre le Parti National Fasciste et la Maçonnerie.
(….)
Dans l’escalade antimaçonnique du Conseil national du Parti National Fasciste, il faut signaler la décision prise le 29 janvier 1924 (…) En vue de défendre le patrimoine moral et idéal de la jeunesse fasciste face aux « sectes secrètes », qui étaient une école de corruption politique (…) d’émettre un vote pour déclarer, au nom de la révolution fasciste, l’incapacité parlementaire de quiconque serait lié aux sociétés secrètes.

Cette déclaration et d’autres du même style furent accompagnées d’attaques et d’incendies de locaux et de temples maçonniques qui perdirent ainsi une bonne partie de leurs archives. Les protestations et déclarations de la Maçonnerie ne servirent à rien.
(…)

Rapports et lois antimaçonniques :

(…)
La Commission était présidée par le Sénateur Giovanni Gentile, et le texte fut rédigé par Giacchino Volpe et le professeur Francesco Ercole, recteur de l’Université de Palerme. Après une introduction historique, le contenu s’articulait en une série de points dont voici les plus importants :

1.    La Maçonnerie véhicule une mentalité étrangère, surtout française qui, même en France, est considérée comme anachronique.
2.    Vaine est sa prétention de se considérer comme une antiéglise, par son cosmopolitisme et par sa lutte contre les États Pontificaux.
3.    Le secret corrompt les habitudes et le caractère des Italiens « enclins à la franchise et à la sincérité. »
4.    L’anticléricalisme « mesquin, factieux et désuet » trouble la vie nationale et fait obstacle au rapprochement progressif entre l’Italie et la Papauté.
5.    Derrière cette façade se cache une sorte d’organisation de type « Camorra » de défense des intérêts purement privés, nuisible, surtout, dans l’armée et la magistrature. Et l’arme de cette « Œuvre maléfique » est le secret.
(…)
Le 12 janvier 1925, après lecture de ce document, Mussolini soumit à la Chambre un projet de Loi. La discussion eut lieu du 16 au 19 mai. Mussolini lui-même présenta le texte de la Commission des Quinze. Après avoir admis que tous connaissaient le rôle joué par les sociétés et les sectes secrètes lors du « Risorgimento » italien, il déclara que l’existence de ces sociétés se justifiait au temps de l’esclavage et non au temps de la liberté. Pour l’ère nouvelle, la survie de telles sociétés, précisément à cause du secret, était incompatible avec la souveraineté de l’État et la liberté de tous les citoyens devant la loi…

Le Secret :

La loi approuvée par 304 voix sur 304 présents fut appliquée par un décret qui, en fait, comprenait deux articles. Le premier exigeait la communication aux autorités du Parti National Fasciste des actes, constitutions, statuts, règlements intérieurs, listes des membres et charges sociales et tous renseignements relatifs à l’organisation et à l’activité des associations en question (…) tout cela sous menace de sanctions économiques (amendes) et de prison.
(…)
La pensée de Mussolini derrière cette vague de persécutions apparaît dans les mots prononcés devant les Directeurs fédéraux du Parti National Fasciste, à Rome, le 27 octobre 1930 : « Les Maçons en sommeil pourraient se réveiller. En les éliminant, nous sommes sûrs qu’ils dormiront pour toujours ! »

La même ligne se retrouve dans le Francisme de Marcel Bucard : « Reconnu par Mussolini comme l’expression française du fascisme, le mouvement franciste reçoit l’appui politique et financier de l’Italie ». (2)

Aujourd’hui, c’est « l’action de Pierre Sidos » qui est héritière de ce mouvement, son père François Sidos, En 1941 : « fut nommé délégué régional du ministère de la Justice pour le SSS, le Service des sociétés secrètes, dans le cadre de la loi du 10 novembre 1941 qui instituait auprès du secrétariat d’État à la Justice une commission spéciale chargée de donner son avis sur toutes les questions relatives aux sociétés secrètes, dont les loges maçonniques soumises à son examen par le chef de l’État. » (3)

(1) Sur base de documents fascistes relayés par un site maçonnique

(2) Marcel Bucard et le Francisme sur l’APS

(3) François Sidos selon Metapedia

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3 réflexions sur “L’antimaçonnisme du fascisme italien

  1. Le 25 octobre 1925, les squadre d’azione fascistes détruisent les loges maçonniques dans toute l’Italie. Il y eut 7 morts dont l’ex député socialiste Pilati , dans cette nuit appelée la Saint-Barthélémy de la maçonnerie.

  2. Le 25 octobre 1925, les squadre d’azione fascistes détruisent les loges maçonniques dans toute l’Italie. Il y eut 7 morts dont l’ex député socialiste Pilati , dans cette nuit appelée la Saint-Barthélémy de la maçonnerie. Parmi les autres morts : Napoleone Bandinelli, Giovanni Becciolini, Gustavo Consolo, des frères florentins.

  3. Pingback: Les cinq raisons pour lesquelles l’État fasciste italien a dissous la franc-maçonnerie – Deus Vult Actualités

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