Romantisme de la jeunesse fasciste

L’aspect positif du fascisme, « c’est une sorte de mystique de la vie collective, une volonté de régénérer la communauté nationale par la pratique des vertus viriles. Mystique et volonté qui se nourriront aussi bien de l’exubérance latine que du romantisme germanique. » : (1)

« Lorsqu’il parle aux Italiens de la terre natale et d’au-delà des mers, Mussolini est un grand poète, de la lignée de ceux de sa race, il évoque la Rome immortelle, les galères sur le Mare nostrum, et poète aussi, poète allemand cet Hitler qui invente des nuits de Walpurgis et des fêtes de mai, qui même dans ses chansons le romantisme cyclopéen et le romantisme du myosotis, la forêt, le Venusberg, les jeunes filles aux myrtilles fiancées à un lieutenant des sections d’assaut, les camarades tombés à Munich devant la Felderenhalle; et le pote Codreanu des Roumains avec sa légion de l’archange Michel. Il n’y a pas politique qui ne soit visible. » (2)

« Le fascisme, il y a bien longtemps que nous avons pensé que c’était une poésie, et la poésie même du XXe siècle (avec le communisme sans doute). Je me dis que cela ne peut pas mourir. Les petits enfants qui seront des garçons de vingt ans, plus tard, apprendront avec un sombre émerveillement l’existence de cette exaltation de millions d’hommes, les camps de jeunesse, la gloire du passé, les défilés, les cathédrales de lumière, les héros frappés au combat, l’amitié entre jeunesses de toutes les nations réveillées, José Antonio, le fascisme immense et rouge. Je ne pourrai jamais oublier le rayonnement merveilleux du fascisme universel de ma jeunesse. Je veux donc être franc avec le fascisme, dire ce que nous ne savions peut-être pas avant la guerre, parler de cette nostalgie de la liberté que le tête-à-tête avec lui nous a donnée. Mais il n’en reste pas moins que sa poésie extraordinaire est proche de nous, et qu’il demeure la vérité la plus exaltante du XXe siècle, celle qui lui aura donné sa couleur. Ce que nous lui reprochons par souci de la vérité, vient tantôt d’insuffisances nationales, tantôt d’erreurs passagères, tantôt de conditions de vie difficiles, tantôt de la guerre elle-même (et dans ce cas les démocraties ont commis les mêmes erreurs, si erreurs il y a). Mais sa chaleur, sa grandeur, son feu merveilleux, c’est ce qui lui appartient. Un camp de jeunesse dans la nuit, l’impression de faire corps avec sa nation tout entière, l’inscription à la suite des héros et des saints du passé, une fête totalitaire, ce sont là des éléments de la poésie fasciste, c’est ce qui aura fait la folie et la sagesse de notre âge, c’est, j’en suis sûr, ce que la jeunesse, dans vingt ans, oublieux des tares et des erreurs, regardera avec une sombre envie et une nostalgie inguérissable. » (3)

Enfants appartenant aux Fils de la Louve, dépendant de l’Opera Nazionale Balilla (ou Œuvre Nationale Balilla) en 1935).

« C’est cette exaltation de la jeunesse qui fut, pour Brasillach, l’aspect le plus séduisant du mouvement fasciste (…) C’est précisément ce romantisme de la jeunesse qui conduisit Brasillach au fascisme (…) L’esprit fasciste, c’est donc, pour lui, l’esprit dynamique et frondeur de la jeunesse, qui se refuse à trop respecter les conventions, l’ordre établi, les habitudes d’une société trop prudente et des bourgeois trop timorés. C’est aussi et surtout le besoin d’action et l’aspiration à la grandeur. » (1)

En 1937, à Venise, les petits enfants débarquent d’un bateau-croisière « Et ils chantent. Ils chantent des chansons d’enfant, qui ne signifient rien, comme dans tous les pays du monde. Ils chantent aussi ensemble d’une voix psalmodiée, des chants fascistes. Des avant-gardistes de quinze ans, des fascistes de vingt-cinq conduisent ces troupeaux riants, et leur apprennent l’hymne d’un pays qui a choisi pour mot de passe le mot « jeunesse » [Giovinezza]. » (2)

En Allemagne national-socialiste, Brasillach constate que « On avait oublié, en vérité, qu’il existait des Allemands de plus de vingt-cinq ans; et que c’était même eux qui avaient fait le national-socialisme. Mais ils peuvent l’avoir créé, désormais le mouvement n’est plus pour eux, il est pour la jeunesse. » (2)

Bertrand de Jouvenel ayant trouvé, chez Léon Degrelle comme un souvenir du « dictateur des cours de récréation », Brasillach approuve et ajoute : « Il y eut chez Degrelle quelque chose du Dargelos des Enfants terribles (« l’élève Dargelos était le coq du collège »), qui savait se battre à coups de boules de neige. Il était amusant, violent, vivant et passionné ». (1&2)

« L’esprit fasciste ainsi entendu, l’esprit de l’irrespect, du non-conformisme, de la camaraderie fraternelle et de l’insouciance joyeuse. » (1)

La vertu de la vie physique et de la nature tient aussi sa place : « Retourner à la nature est tout autre chose que ce qu’imaginaient les démagogues du Front populaire. La nature n’est pas un lieu où se vautrer et s’avachir. C’est la fête merveilleuse que Dieu nous donne et où Dieu se donne. » (4)

« La jeunesse d’un grand pays, dans les temps heureux, reçoit des exemples. Dans les temps critiques, elle en donne. » (4)

(1) Paul Sérant, Le romantisme fasciste.

(2) Robert Brasillach, Notre avant-guerre.

(3) Robert Brasillach, Lettre à un soldat de la classe 60.

(4) Abel Bonnard, Pensées dans l’Action.

929748111

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