La nécessaire violence dans le fascisme

À propos de l’efficacité de la violence par Benito Mussolini et Jacques Ploncard d’Assac :
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« La violence n’est pas une morale. Elle est parfois morale. Nous refusons le droit à nos adversaires de se plaindre de notre violence, car elle n’est qu’un jeu d’enfants en comparaison avec celle (…) des bolcheviques en Russie, où deux millions de personnes ont été exécutées et deux autres incarcérées (…) la violence est résolutive, car à la fin de juillet et au début d’aout 1922, en 48 heures de violences systématiques et guerrières, nous avons eu ce que nous n’aurions pas obtenu par 48 années de sermons et de propagandes. Lorsque notre violence ressoude une situation gangrénée, elle est très morale, elle est sacrée, nécessaire… Il y a une violence qui délivre et une autre qui enchaîne (…) Il faut adapter la violence aux nécessités du moment, et ne pas en faire une école, une doctrine, un sport »
« Nous ne regardons pas la violence, comme un système, ou pis encore, comme une esthétique. Nous sommes violents toutes les fois qu’il est nécessaire de l’être. Mais je déclare tout de suite qu’il faut conserver à la violence nécessaire du fascisme, une ligne, un style nettement aristocratique, ou si vous aimez mieux, chirurgical ».
« Le fascisme a répondu par la violence à la violence des autres. C’est la vérité, une vérité qui ne peut être effacée ».
« Le fascisme peut ouvrir la porte avec la clé de la légalité, mais il peut être astreint à la défoncer du coup d’épaule de l’insurrection ».

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Mais ni la violence, ni l’insurrection ne doivent être désordonnées. Le fascisme entend exercer la violence comme une armée, non comme une populace.
« Nous sommes une milice (Mussolini a ses Chemises noires), mais justement parce que nous nous sommes donné cette constitution particulière, nous devons faire de la discipline le pivot suprême de notre vie et de nos actes ».
C’est déjà le fameux mot d’ordre qui sera affiché sur tous les murs d’Italie ; Credere, Obedire, Combattere, et qui résume toute l’éthique fasciste.
L’ordre des mots est plein de sens. Il faut d’abord croire, c’est-à-dire savoir ce que l’on veut et pour quoi on le veut ; il faut ensuite obéir, c’est-à-dire se soumettre à la discipline qui peut seule donner une forme valable à l’ensemble des accords particuliers ; et, enfin, il faut combattre parce que « la lutte est à l’origine de toutes choses; parce que la vie et pleine de contraste; c’est l’amour et la haine, le blanc et le noir, le jour et la nuit, et tant que ces forces adverses ne seront pas en équilibre, la lutte sera toujours au fond de la nature humaine comme une suprême fatalité ».
Et encore :
« Quand deux éléments irréductibles sont en lutte, la solution est dans la force. Il n’y a jamais eu d’autres solutions dans l’histoire et il n’y en aura jamais ».
Telle est la conception fasciste de la violence. N’est-elle pas singulièrement classique ? (1&2)

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Réflexions de Lucien Rebatet sur la « droite » traitée par Paul Sérant :

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Rebatet avait relu  la collection de L’Action française d’avant 1914, le journal de cette époque lui semblait incomparable. « Tout y était neuf : la doctrine de la corporation, la revue de la presse imaginée par Maurras, la fermeté du style dans un quotidien, son extraordinaire variété de registres, les chahuts inventifs de ses étudiants. La violence de la langue y faisait un merveilleux ménage avec la violence de la pensée. Un air irrésistible de jeunes et de joyeuse audace traversait chaque numéro, animait la théorie aussi bien que les blagues des Camelots du Roi. L’action française avait rendu aux idées nationales le charme de la verdeur et de la subversion » (…).
Mais après la guerre, L’Action française, qui avait comblé les vides crées dans ses rangs par quatre années meurtrières, ne retrouva pas son ancienne allure. Elle commit notamment l’erreur de présenter des candidats aux élections, pour y essuyer un échec total. Deux ans plus tard, la condamnation pontificale arrachait au journal la moitié de ses ressources et de ses lecteurs (…).
« Derrière le paravent du royalisme, derrière l’échafaudage de traités, de thèses, de compilations, d’historiques, de polémiques et de philosophies dressé en l’honneur d’un mythe de monarchie, on trouvait le néant : pas un embryon d’espoir, de manœuvre, pas même l’ombre d’un but (…) Le lâche empressement de la droite, des maurrassiens tous les premiers, à renier et accabler les cagoulards lorsqu’ils furent découverts, en apprenaient davantage que cinquante années d’études politiques sur les espoirs de réaction qui subsistaient pour notre pays«  (…).
Le plus grand reproche que Rebatet adresse a posteriori à l’Action française, c’est de n’avoir pas su employer les forces dont elle disposait. Maurras avait eu, à un moment donné, des possibilités que Mussolini et Hitler auraient pu lui envier : « Les trois quarts des étudiants du pays, ces milliers d’hommes du peuple, d’officier, d’anciens combattants. » Et plus tard « Les bacheliers turbulents de 1924 devenus les « fascistes » de 1934, les paysans vendéens, bretons, tourangeaux, alsaciens, provençaux qui vénéraient si naïvement Maurras, les jeunes artisans, les petits ouvriers de Paris, qui vendaient, gourdin au poing, son journal et montaient la garde de ses maisons, avaient mis à son service une somme admirable de fidélité, de sang. » Mais tout cela fut gaspillé par Maurras perdu dans ses éternelles démonstrations (…).
La doctrine politique, Rebatet en est las d’en entendre parler (…) et il s’écrie : « que vienne le temps de l’action ! » (4&5)

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Rebatet va sans doute « plus vite que la musique », mais son propos reste intéressant, il reproche à cette droite « conservatiste » d’être trop molle, stérile. Ce qu’elle a toujours été jusqu’à nos jours d’ailleurs.

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(1) Jacques Ploncard d’Assac – Doctrines du nationalisme.
(2) Benito Mussolini – Édition définitive des discours et œuvres.
(3) Paul Sérant – Le romantisme fasciste.
(4) Lucien Rebatet – Les décombres.
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