Le réactionnaire Nicolas Gomez Davila

Nous relayons ici la succession d’article de citations du réactionnaire colombien M. Davila, qui a été publié par le site de qualité, et gagnant à être (très) connu : Bibliothèque de combat (BDC). Le texte est disponible en 6 parties sur ce lien ou directement ci-dessous :

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https://i1.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/56/Nicol%C3%A1s_G%C3%B3mez_D%C3%A1vila.jpg

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Davila, le réactionnaire authentique (1)

4 août 2013

13) L’humanité est d’une étonnante indifférence envers tout ce qui ne menace pas son existence mais se contente de la salir ou de la dégrader.
(p 48) L’enthousiasme débordant du public pour un film idiot suffit à guérir n’importe qui de ses utopies réformistes. 
(p 51) La dignité et l’amour sont inversement proportionnels.
(p 79) L’humanité va de la médiocrité à l’horreur et de l’horreur à la médiocrité.
(p 117) Le récit intelligent de la défaite est la subtile victoire du vaincu.
(p 152) L’effet immédiat et spontané de la prière est la conscience de notre insignifiance. Cela suffit à la rendre précieuse.
(p 221) Comme les dents de lait, il y a les idées de lait. A quel âge commençons-nous à les perdre ?
(p 332) Dans le brouhaha de la fête, celui qui se respecte se tait.
(p 335) Une doctrine sévère et une pratique aimable, voilà non la formule de l’hypocrisie, mais le secret de toute civilisation ancienne, riche, mûre.
(p 339) La méditation est notre prise de possession du monde.
Nicolas Gomez Davila – NOTAS (1954)

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Davila, le réactionnaire authentique (2)

11 août 2013

Tombeau_de_Saint_Remi_800

(80) Que routinier soit aujourd’hui une insulte prouve notre ignorance de l’art de vivre.
(94) Le pardon est la forme sublime du mépris.
(221) Le premier pas de la sagesse consiste à admettre, avec bonne humeur, que nos idées peuvent très bien n’intéresser personne.
(228) L’imbécile ne découvre la radicale misère de notre condition que quand il est malade, pauvre, ou vieux.
(229) Les intellectuels révolutionnaires ont la mission historique d’inventer le vocabulaire et les thèmes de la prochaine tyrannie.
(230) En ce siècle de foules transhumantes qui profanent tout lieu illustre, le seul hommage qu’un pèlerin respectueux puisse rendre à un sanctuaire vénérable est de ne pas le visiter.
(231) Le marxisme n’aura de repos que quand il aura transformé tous les paysans et les ouvriers en fonctionnaires petits-bourgeois.
(256) La civilisation est tout ce que l’université ne peut pas enseigner.
(309) La vulgarité consiste autant à ne pas respecter ce qui mérite le respect qu’à respecter ce qui ne le mérite pas.
(353) Je me méfie de toute idée qui ne semble pas démodée ou grotesque à mes contemporains.
(359) Certains historiens semblent supposer qu’Athènes est intéressante parce qu’elle importait du blé et qu’elle exportait de l’huile.
(406) Nous nous trouvons toujours honteux d’avoir partagé un enthousiasme collectif.
(413) La politique n’est pas l’art d’imposer les meilleures solutions, mais d’empêcher les pires.
(461) L’indépendance dont se vante toute jeunesse n’est que soumission à la nouvelle mode régnante.
Nicolas Gomez Davila – ESCOLIOS A UN TEXTO IMPLICITO (1977) – TOME 1

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Davila, le réactionnaire authentique (3)

18 août 2013

http://bibliothequedecombat.files.wordpress.com/2013/08/11883_solitude_440x2602.jpg
(36) Ceux qui professent que le noble est vil finissent par prêcher que le vil est noble.
(47) Méfions-nous de ceux qui ont besoin de certificats d’origine pour prouver leur noblesse.
(58) L’homme cultivé a le devoir d’être intolérant.
(66) Un par un, les hommes sont peut-être notre prochain, mais en troupeau, sûrement pas.
(68) Le châtiment de celui qui se cherche est qu’il se trouve.
(76) Le type de l’idiot contemporain est caractérisé par la fougue avec laquelle il se proclame dénué de préjugés.
(77) La plus abominable des perversions modernes est la honte de paraître ingénus si nous ne flirtons pas avec le mal.
(81) Celui qui parle de sa «génération» avoue son appartenance à un troupeau.
(88) L’humanité actuelle a remplacé le mythe d’un âge d’or passé par celui d’un futur âge de plastique.
(89) Il suffit de considérer ce que les éditeurs publient, pour être pris de vertige en songeant à ce qu’ils refusent.
(111) Quand le dialogue est le seul recours, la situation est perdue.
(120) Le marxisme, plus qu’un diagnostic, est un symptôme.
(126) Inutile, comme une révolution.
(137) Les révolutionnaires ne détruisent, en définitive, que ce qui rendait tolérables les sociétés contre lesquelles ils se révoltent.
(142) Le prolétariat tend vers la vie bourgeoise comme les corps vers le centre de la terre.
(142) L’individu se déclare membre d’une collectivité quelconque afin d’exiger au nom de celle-ci ce qu’il a honte de réclamer en son nom propre.
(143) Une stupidité ne cesse pas d’être stupide parce que quelqu’un est mort pour elle.
(154) La civilisation consiste toujours à s’habiller, pas à se déshabiller.
(156) Le malheur du moderne n’est pas de devoir vivre une vie médiocre, mais de croire qu’il pourrait en vivre une qui ne le soit pas.
(185) Il existe aujourd’hui tant de publics différents que n’importe quel livre, aussi médiocre soit-il, trouve des illettrés qu’il séduit.
war(189) L’idiot, pour être parfait, doit être un peu cultivé.
(197) Les révolutions ne sont pas les locomotives, mais les déraillements de l’histoire.
(203) Pour nous préserver de l’abrutissement, il suffit d’éviter les conversations de jeunes et les divertissements d’adultes.
(205) Le XVIIIe siècle a légué au XIXe tout son patrimoine, sauf le bon goût.
(212) On appelle mentalité moderne le processus de disculpation des péchés capitaux.
(222) La civilisation agonise, quand l’agriculture renonce à être un mode de vie pour devenir industrie.
(224) Les hommes, dans leur immense majorité, croient choisir, quand on les pousse.
(230) Un destin bureaucratique attend les révolutionnaires, comme la mer attend les fleuves.
(232) Le révolutionnaire veut changer la donne ; le contrerévolutionnaire, le jeu.
(292) Dieu a inventé les outils, le diable les machines.
(311) La capacité de survivre dans certaines conditions est une preuve de l’infériorité de celui qui y parvient.
(324) Une brusque expansion démographique rajeunit la société et multiplie ses âneries.
(428) «Justice populaire» est l’euphémisme pour carnage.
(455) L’historien marxiste ne cherche pas pour découvrir mais pour confirmer.
Nicolas Gomez Davila – ESCOLIOS A UN TEXTO IMPLICITO (1977) – TOME 2

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Davila, le réactionnaire authentique (4)

25 août 2013

(12) Mourir en exil est la garantie que l’on n’a pas été tout à fait médiocre.
(19) La lecture est une drogue inégalable car elle nous permet d’échapper, plus qu’à la médiocrité de nos vies, à la médiocrité de nos âmes.
(25) Dans les époques aristocratiques, ce qui a de la valeur n’a pas de prix ; dans les époques démocratiques, ce qui n’a pas de prix n’a pas de valeur.
(25) Les dirigeants communistes trahissent aujourd’hui leur foi comme n’importe quel évêque.
(31) Ce que dit le réactionnaire n’intéresse jamais personne. Ni quand il le dit, car cela semble absurde ; ni au bout de quelques années, car cela semble évident.
(61) L’homme est une abjection capable parfois d’avoir honte.
(68) L’université est l’endroit où les jeunes devraient apprendre à se taire.
(69) L’activité révolutionnaire du jeune est le rite de passage entre l’adolescence et la bourgeoisie.
(72) «Etre absolument moderne» est le désir spécifique du petit-bourgeois.
(113) Les hommes ne vivent généralement qu’au rez-de-chaussée de leur âme.
(142) Le raciste se trompe en croyant qu’il existe des races pures, l’anti-raciste en croyant que les ingrédients d’une boisson n’ont pas d’importance.
(149) Le réactionnaire pur n’est pas un rêveur de passés abolis, mais un chasseur d’ombres sacrées sur les collines éternelles.
(152) Si l’on n’aspire qu’à doter d’un nombre croissant de biens un nombre croissant d’individus, sans se soucier de la qualité des individus, ni de celle des biens, le capitalisme est la solution parfaite.
(157) Plus un pays démocratique est grand, plus médiocres doivent être ses dirigeants : ils sont élus par plus de gens.
(178) Ne nous fions pas au goût de celui qui ne sait pas détester.
(200) La vulgarité a colonisé la terre. Ses armes ont été la télévision, la radio, la presse.
Nicolas Gomez Davila – NUEVOS ESCOLIOS … (1986) – Tome 1

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Davila, le réactionnaire authentique (5)

1 septembre 2013

(7) Parmi les horreurs du communisme, il faut compter le fait de n’avoir d’autre lecture que la prose de l’écrivain de gauche.
(17) La seule différence entre les riches et les pauvres, aujourd’hui, c’est l’argent.
(25) Impossible de convaincre l’idiot qu’il existe des plaisirs supérieurs à ceux que nous partageons avec les autres animaux.
(45) Dénoncer la médiocrité est de trop : le livre médiocre file sans effort de l’imprimerie à la poubelle.
(46) Ce que l’on a appelé droite, en ce siècle, n’a été qu’un cynisme opposé à l’hypocrisie de la gauche.
(47) L’ordre est le plus fragile des faits sociaux.
(48) La simple imitation est le mobile de la plupart des comportements.
(50) Les insurrections sont des phénomènes sociaux ; la révolution est un phénomène religieux.
(55) Les catastrophes naturelles dévastent une région moins efficacement que l’alliance de la convoitise et de la technique.
(55) Monotone, comme l’obscénité.
(59) Un lecteur expérimenté flaire au premier adjectif le livre pourri.
(72) Depuis l’invention de la radio, même l’analphabétisme ne protège plus le peuple contre l’invasion des idéaux bourgeois.
(82) La prière, la guerre, l’agriculture, sont les occupations viriles.
(86) Les idées de moins de mille ans ne sont pas totalement fiables.
(88) L’homme ne communique avec un autre homme que quand le premier écrit dans sa solitude, et que l’autre le lit dans la sienne. Les conversations sont divertissement, escroquerie ou escrime.
(94) Le «racisme» a fait dire autant d’âneries à ses ennemis qu’à ses partisans.
(98) Un Dieu intelligible ne serait pas un Dieu fiable.
(111) En tout utopiste sommeille un agent de police.
(115) Le barbare ne fait que détruire ; le touriste profane.
(123) La Réaction a commencé avec le premier remords.
(127) Capitalisme et socialisme ont déjà commencé à se réconcilier en sanglotant dans les bras l’un de l’autre.
(140) L’intelligence isole ; la stupidité agrège.
(150) Peu de gens remarquent le seul divertissement qui ne lasse pas : essayer, année après année, d’être un peu moins ignorant, un peu moins brut, un peu moins vil.
(154) Le chrétien passe son temps à demander pardon, le socialiste à demander qu’on le félicite.
(172) Discipline, ordre, hiérarchie, sont des valeurs esthétiques.
(173) La difficulté croissante de recruter des prêtres doit faire honte à l’humanité, et non inquiéter l’église.
(189) La liberté est un rêve d’esclave. L’homme libre sait qu’il a besoin d’abri, de protection, d’aide.
(197) Nous apercevons déjà le mélange de bordel, de geôle et de cirque, que sera le monde de demain, si l’homme ne reconstruit pas un monde médiéval.
(209) L’écrivain réactionnaire doit se résigner à une célébrité discrète, puisqu’il ne peut plaire aux imbéciles.
(211) La seule prétention que j’aie, c’est de ne pas avoir écrit un livre linéaire, mais un livre concentrique.
Nicolas Gomez Davila – NUEVOS ESCOLIOS … (1986) – Tome 2

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Davila, le réactionnaire authentique (6)

8 septembre 2013

(16) Ce qui ne semble pas d’abord faux au lecteur ne vaut pas d’être écrit.
(35) Il y a quelque chose d’absolument vil chez celui qui n’admet que des égaux, chez celui qui ne se cherche pas anxieusement des supérieurs.
(41) Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, ce que l’homme ajoutait à la nature augmentait sa beauté. Ce qu’il y ajoute depuis lors la détruit.
(43) Dans l’état moderne, les classes aux intérêts opposés ne sont pas tant la bourgeoisie et le prolétariat, que la classe qui paye des impôts et celle qui en vit.
(49) Idéal de l’homme moderne : acheter le plus grand nombre d’objets ; faire le plus grand nombre de voyages ; copuler le plus grand nombre de fois.
(50) Ce qui éloigne de Dieu est moins le péché que le désir de le justifier.
(50) Celui qui réclame l’égalité des chances finit par exiger que l’on pénalise le plus doué.
(55) Celui qui ne recherche pas Dieu dans le fond de son âme, n’y trouve que de la boue.
(57) L’homme est un animal éducable, du moment qu’il ne tombe pas entre les mains de pédagogues progressistes.
(60) L’individualisme est le berceau de la vulgarité.
(60) Entendre une opinion intelligente réconcilie avec la vie.
(63) Le vice qui afflige la droite est le cynisme, et la gauche le mensonge.
(68) La société industrielle met la vulgarité à la portée de tous.
(71) La journée se compose de ses moments de silence. Le reste est temps perdu.
(92) Tradition, propagande, hasard ou conseil choisissent nos lectures. Nous ne choisissons que ce que nous relisons.
(93) La dignité de l’homme n’est pas dans sa liberté, mais dans le type de restrictions à sa volonté qu’il accepte librement.
(99) Plus que l’immoralité du monde actuel, c’est sa laideur croissante qui incite à rêver de cloître.
(101) L’inacceptable, dans les « droits de l’homme », c’est leur nom.
(102) Ce qui préoccupe le Christ des Evangiles, ce n’est pas la situation économique du pauvre, mais la condition morale du riche.
(103) La fonction de l’Eglise n’est pas d’adapter le christianisme au monde, ni même d’adapter le monde au christianisme, mais de maintenir un contre-monde à l’intérieur du monde.
(103) La société chrétienne n’est pas celle où nul ne pèche, mais celle où beaucoup se repentent.
(104) La compassion envers la multitude est chrétienne ; mais l’adulation de la multitude est purement démocratique.
(108) La police est la seule structure sociale de la société sans classes.
(113) Même si cela indigne les historiens, l’histoire de nombreux pays manque totalement d’intérêt.
(116) Les spectacles techniquement nommés « pour adultes » ne sont pas pour des esprits adultes.
(128) Eduquer l’individu consiste à lui apprendre à se méfier des idées qui lui viennent.
(131) Les monarques, dans presque toutes les dynasties, ont été si médiocres que l’on dirait des présidents.
(152) Toute mythologie est d’une certaine façon vraie, tandis que toute philosophie est d’une certaine façon fausse.
(162) Ce n’est pas la «créativité» que l’on doit tâcher de développer chez l’élève, mais une passivité intelligente.
(163) Ecrire est souvent inévitable ; publier est presque toujours impudique.
(164) Il n’y a rien de plus dur que la servitude forcée, ni rien de plus décent et noble que la servitude volontaire et libre.
(166) Mûrir, c’est comprendre que nous n’avions pas compris ce que nous avions cru comprendre.
(166) Déprimant, comme un texte optimiste.
(168) Rares sont les pays qui ne méritent pas qu’un tyran les gouverne.
(168) Trouver clairement exprimées les objections à une idée stupide, réjouit.
(168) Les stupidités ne meurent pas, mais c’est un devoir que de les discréditer.
(168) Seules deux choses éduquent : avoir un maître ou être un maître.
(172) L’erreur du chrétien progressiste est de croire que la polémique éternelle du christianisme contre les riches est une défense implicite des programmes socialistes.
(173) Un système électoral décent serait celui qui déclarerait seuls éligibles ceux qui se refusent à solliciter qu’on les élise.
(184) Le pire rapport social est celui où le maître n’a pas été éduqué pour commander.
Nicolas Gomez Davila – SUCESIVOS ESCOLIOS … (1992)

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